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yokai hyaku monogatari

yokai hyaku monogatari
Aka: la malédiction des monstres, 100 monsters, the hundred ghost stories, the hundred monsters, yokai monsters

yokai hyaku monogatari

Mr Tajimaya, homme d'affaires peu regardant, veut détruire une partie d'un village (qui est d'ailleurs un lieu sacré) pour à la place y construire un bordel, malgré le mécontentement des villageois. Il a hérité de cette terre en faisant jadis affaire avec Jinbei, ex-propriétaire du lieu, lui prêtant de l'argent afin d'acheter des médicaments pour sa femme malade. Jinbei, ne pouvant payer, avait mis en effet son terrain en gage.
Profitant du passage d'un magistrat religieux (et corrompu) sans qui le lieu de pèlerinage n'aurait pu être détruit, Tajimaya organise une petite fête atypique : il invite un conteur pour qu'il raconte les "100 Histoires".
La tradition veut qu'à chaque histoire, une bougie soit éteinte. Et qu'à la fin de la dernière histoire, tous les convives participent à un rituel pour conjurer le mauvais sort, sans quoi des fantômes et démons apparaîtraient.
Mais Tajimaya fait fi de cette tradition, et préfère arroser d'argent ses invités plutôt que de conjurer le sort.
Ne va-t-il pas le regretter ?


la malédiction des monstres

Il n'y a pas que de méchants propriétaires et de vilains magistrats dans cette histoire. Il y a, bien entendu, des gentils :
Yasutaro d'abord, un Ronin (samouraï sans maître) de passage qui va s'occuper de l'affaire des pauvres villageois que la main de fer du tyran corrompu avilit.
La fille de Jinbei ensuite, aussi charmante que dévouée, qui ira jusqu'à se donner en échange de la sauvegarde du lieu sacré. Mais en vain...
Et tout le reste du village bien sûr, innocent jusque dans sa moelle, qui subira les pires outrages.
Bref, rien que de très ordinaire, et particulièrement pour le cinéma asiatique : l'histoire de l'expropriation par le méchant seigneur/bourgeois, et du héros qui va mettre à mal ses plans...
Sauf que là, il y a une histoire de monstres, n'oublions pas. Et des démons, le titre ne nous en promet pas moins de 100 !!!
Il s'avère finalement qu'on en verra sûrement une trentaine au grand maximum. Et qui plus est, dans des plans d'ensemble, vers la fin. Alors... Trahison ?


yokai hyaku monogatari

Hé bien non. Car tout au long de l'histoire, on nous place quelques démons, de ci de là, pour pimenter l'histoire. Et le dépaysement est total.
Du gros monstre poilu à l'oeil unique, en passant par une ombrelle qui tire la langue ou des hommes sans visage, le film nous offre une plongée dans le folklore japonais. Les monstres sont assez sobrement réalisés, pas de gros effets spéciaux : on se contente de marionnettes, de masques, etc...
Et pourtant on y croit, et surtout, ce n'est jamais ridicule, aussi incroyable que cela paraisse.
Peut-être parce qu'on a l'impression de passer à côté de quelque chose, parce qu'on ne connaît pas ces montres qui ont chacun leurs noms propres (Tsuchikorobi, l'étrange cyclope poilu, par exemple), autant de barbarismes pour nous. Un peu comme si on parlait de Korrigans ou de Farfadets à un japonais.
Sûrement, parce qu'ils ne sont pas si ridicules que ça finalement. Ou juste à la frontière.


la malédiction des monstres

Aussi, les yokais (démons) monstrueux tourmentent les âmes, jouent avec les peurs, mais sont finalement assez inoffensifs. Ils rendent fous ceux qui les voient, mais ne les tuent jamais. C'est la peur qui est dangereuse, la crainte même de ces démons qui souvent fait perdre leurs moyens à ceux qui les voient, et sont la cause de leur mort. La preuve est, le fils attardé mental de Tajimaya s'en fait des amis avec lesquels il joue.
Finalement, on se demande si ces yokais existent bien... Est-ce qu'ils ne sont pas simplement le remord de ces hommes, leur conscience qui leur joue des tours et les punit pour le mal qu'ils font ? Et si ils n'existaient que dans la tête de ceux qui veulent les voir ?
Cela restera un mystère tout au long du film.


yokai hyaku monogatari

Reste l'histoire de ces hommes corrompus, et du Ronin mystérieux qui arrive toujours au bon moment pour défendre la veuve et l'orphelin, avec tous les ressorts dramatiques que l'on imagine.
Certes, l'histoire du samouraï vengeur est déjà vu et revu. La malédiction des impies aussi. Mais le mélange des deux rend l'histoire assez agréable à regarder, sans prouesse technique ni trouvaille scénaristique spectaculaire. Juste agréable.
Finalement, le film manie assez bien les différents genres, ce qui est rare, et sait rester homogène. De la musique au jeu des acteurs, en passant par la réalisation, tout est fait pour qu'on y croie, et ça marche !
Bref, si ce n'est pas un chef d'oeuvre, "Yokai Hyaku Monogatari" est juste un bon petit film, qu'on prend plaisir à regarder. Juste ça, et c'est déjà largement suffisant.


maht