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death bed: the bed that eats

death bed: the bed that eats

death bed: the bed that eats

Alors qu'elles cherchent à quitter le bruit de la ville, Diane, Suzan et Sharon se rendent dans une demeure abandonnée appartenant à un ancien gangster, sur le conseil d'une amie. Elle pense enfin trouver un peu de calme à la campagne, et pouvoir se ressourcer quelques jours.
En arrivant à la maison, elle la retrouve totalement abandonnée et quasiment vide, si ce n'est un grand lit à baldaquin et un tableau.
Chacun vaque à ses occupations et Suzan, qui regrette déjà d'être venue, préfère s'endormir sur le grand lit. C'est alors qu'elle fait des cauchemars affreux, où on l'oblige à manger des sauterelles et des vers dans du guacamole (ou en tout cas, ça y ressemble). Quand elle se réveille enfin, c'est pour se rendre compte qu'une matière baveuse l'entoure, la déshabille et c'est bientôt dans l'estomac du "Death Bed" ricanant qu'elle va reposer.
Mais le frère de Sharon recherche activement sa soeur, car il s'inquiète qu'elle soit partie sans laisser de trace.


death bed: the bed that eats

Raconter comme ça, ça donne envie de rire... On se dit "Un petit budget classique qui ne repose sur rien que de déjà vu".
Et encore, vous n'avez pas vu la première scène, ou un couple d'amoureux vient faire un pique-nique sur le lit, et ou, pendant que les amants se tripotent allègrement, le lit boulotte le pique-nique (vin compris), avant d'attaquer le plat principal en la personne des amoureux.
Cette scène prête à rire, car la mousse jaune qui entoure les pauvres victimes du lit est tout sauf terrifiante.
Sauf que, si effectivement le film un low budget, si effectivement, le début donne envie de rire, on se rend compte que finalement, "Death Bed: The Bed That Eats" n'est pas un petit film d'horreur ridicule, comme on les aime bien ici.
Et tant mieux.


death bed: the bed that eats

Premier élément perturbateur : il y a cet homme, prisonnier derrière la peinture, observateur privilégié et narrateur de l'histoire
Il est une ancienne victime du lit. Cette peinture, il l'avait peinte sur son lit de mort, et elle représente le lit. Pour on ne sait quelle raison, le lit lui a offert de revivre, et il lui offre une bague pour chaque personne qui meurt dévorée.
C'est un personnage étrange, mystérieux, connaissant le pourquoi du comment du lit, mais désirant se libérer de son étreinte.
A cela s'ajoute les protagonistes de l'histoire, agissant de façon assez "déconcertante", comme légèrement décalés de la réalité.
Puis, s'ajoute les visions cauchemardesques, la répétition incessante de certains plans (sur la porte qui donne dans la maison par exemple) et surtout la digestion du lit, sorte de leitmotiv du film, revenant sans cesse avec ses couleurs orangées. Ridicule au début (car faisant penser à des suc gastriques glougloutant tout ce qui bouge), le rythme régulier de ces scènes devient entêtant, comme une sorte d'image poétique (et parfois politique, vu ce qui traîne dans l'estomac du lit).


death bed: the bed that eats

Le résultat final du visionnement de ce film est l'impression d'avoir vu un conte macabre déconcertant. Entre comique, horreur et naïveté, nous sommes balancés, à la fois attirés et rebutés.
Rebutés par quelques failles, comme le jeu des acteurs parfois limite, la réalisation fortement statique, certaines scènes soporifiques, et des effets spéciaux... gastriques.
Mais attiré par l'univers onirique très personnel de "George Barry", rendu à merveille.
Ajoutons à cela le fait qu'il n'y eu jamais qu'une seule copie de ce film, et que bien que tourné entre 1973 et 1977, il n'est sorti qu'une fois, volé en 1982 par une obscure boîte de distribution anglaise, qui coupa allègrement dedans, avant de le sortir aujourd'hui en intégralité sur dvd. Voilà qui rajoute au mystique de l'oeuvre.


death bed: the bed that eats

Bref, s'il a des défauts (et pas des moindres), "Death Bed: The Bed That Eats" a aussi des qualités qui rendent le film plus touchant que réellement intéressant.
Touchant car personnel, enlevé, naïf. Rebutant parce que souvent ennuyant. Entre les deux mon coeur balance.
Mais on ne peut pas dire que nous sommes devant un navet de plus issu de la période fastueuse des années 70 et de son cinéma d'exploitation.
A conseiller donc aux fans de cinéma qui aiment l'étrange, le rare, et qui sauront gratter un peu sous l'apparente couche d'horreur (assez mauvaise) pour y déceler le conte horrifique (pas si mauvais que ça).
Les autres pourront s'endormir en suçant leur pouce.


maht