* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

casa dell' esorcismo (la)

casa dell' esorcismo (la)
Aka: lisa et le diable, el diablo se lleva a los muertos, il diavolo e i morti, lisa and the devil, lisa e il diavolo, der teuflische, the devil and the dead, the devil in the house of exorcism, the house of exorcism

casa dell' esorcismo (la)

Lisa, une jeune touriste, quitte le groupe auquel elle appartient pour se rendre dans une petite boutique d'antiquités. Elle y rencontre un homme (interprété par Telly Savalas), qui ressemble étrangement au personnage du "diable tenant la mort dans ses bras" dessiné sur le mur en ruine à l'extérieur. Cet homme tient un mannequin vêtu d'un costume noir.
Sortie du magasin, la jeune fille visite les ruelles de la ville et rencontre un homme qui la prend pour "Helena" et tente de l'embrasser. Cet homme ressemble trait pour trait au mannequin porté par Telly Savalas... effrayée, Lisa le repousse, voyant avec effroi qu'il chute dans l'escalier. Elle le laisse pour mort et s'égare, apeurée, dans la ville. Le soir tombe, elle rencontre d'autres touristes, qui circulent en voiture et les convaincs de l'emmener. Mais la voiture tombe en panne près d'une vieille bâtisse, dont le majordome n'est autre que l'homme qui ressemblait au diable...


lisa et le diable

La boucle est bouclée. Et tout le film sera construit sur un schéma cyclique. Mario Bava joue de nous et de ses personnages avec beaucoup de finesse...
En effet, il nous fait entrer d'emblée dans son univers onirique. Les événements se succèdent dans la propriété de l'impressionnante comtesse, âpre et froide. Ils se cumulent sans réelle logique, ce qui bizarrement n'ôte rien à la cohérence de l'ensemble. Habilement Mario Bava retranscrit un univers cauchemardesque, ouvert mais indéfiniment fermé, où le réel côtoie l'imaginaire, où le monde des vivants se superpose à celui des morts. Le décor tout entier prend vie et sous la caméra de notre réalisateur, se déforme, mêlant réel et irréel. Ainsi de nombreuses scènes ne seront que des reflets, reflets d'un couple dans une horloge ou encore dans un étui à cigarette...
De même les scènes extérieures, cotonneuses, semblent tout droit sorties d'un rêve, dont l'effet est amplifié par le superbe thème récurrent de la bande originale, accompagné de choeurs féminins.


casa dell' esorcismo (la)

Les personnages sont atypiques, ils semblent venir d'une autre époque, et ne pas appartenir à ce monde pourtant bien réel. Comme des pantins ils subissent les événements, et ne sont pas maîtres de leurs actes. Ils sont à la fois des poupées de cire, des êtres vivants, des fantômes... chacun est en proie à l'émotion, à la passion, devenant des symboles : la comtesse représente la femme trompée, son fils le jeune amoureux éconduit, Carlo l'amant fougueux... Est-ce la passion qui les anime et les mène à leur destruction ? Est-ce Lisa ? Est-ce le diable ?
Certains se débattent, tel ce jeune amoureux qui hurle, fou de détresse "laissez moi sortir de ce cauchemar", d'autres tenteront de s'échapper... Mais on ne s'échappe pas ainsi d'un film de Mario Bava !


lisa et le diable

Dans cette toile d'araignée superbement tissée par l'un des maîtres de l'horreur, Lisa assiste aux déferlements d'événements, sans réellement y participer. Elle voit des personnages mourir, puis réapparaître, devenir des poupées, revivre à nouveau... elle n'intervient qu'en spectatrice donnant ce sentiment qu'il s'agit là d'un cauchemar. Léandro (l'incarnation du diable) quant à lui, semble également observer les pauvres fantoches se débattre mais donne l'impression d'agir... admirablement interprété par Telly Savalas (plus connu sous le nom de Kojak), il glace le sang. Transportant ses mannequins, les déplaçant, il semble tirer les ficelles de ce petit monde et ne manque pas d'humour... noir. Ainsi, en réponse au fils de la comtesse qui refuse de participer à la cérémonie d'enterrement de son beau père et qui réclame une cérémonie de mariage, il lui offre une table de noce autour de laquelle les convives morts lui sourient dans leur rigidité cadavérique. Devant le gâteau des mariés grouillant de vers, il présente une mariée à moitié décomposée.


casa dell' esorcismo (la)

Ainsi l'amour devient danse macabre, la passion laisse place à la rigidité, la vie à la mort. Le romantisme se mêle au morbide et les amoureux sont ici cyniquement manipulés. Le tout est parfois surréaliste.
Mario Bava met le public mal à l'aise tout en finesse, sans réelle brutalité et sans heurts juste par l'atmosphère et l'introduction de son univers, qui parfois glace le sang.
La caméra est habile, les acteurs sont impressionnants, la musique fait partie intégrante du tout, le scénario est parfait.
Notre réalisateur perd le spectateur dans les méandres de son cauchemar, il joue avec des concepts qui sont habituellement incompatibles, il développe une audacieuse intrigue, originale. Le suspense va grandissant, suscitant l'intérêt du spectateur, qui s'interroge constamment. Et Des questions, vous en aurez encore après la fin.
Du grand art ! Un classique à voir absolument.


bloodyjane

Affiche(s)

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