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tanya's island

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Aka: la bête d'amour

tanya's island

Tanya est une actrice. Tanya est belle, mais elle accuse le coup, car ses relations avec Lobo, son petit-ami peintre, sont tendues. Tanya, dégoûtée de tant d'injustice conjugale, s'enferme dans sa chambre, et imagine sa vie sur une île déserte.
Elle vivrait d'amour et d'eau fraîche, avec Lobo, qui peindrait.
Et ils seraient heureux de faire l'amour, allongés sous les vagues, et l'écume blanche lécheraient leurs cheveux humides que le soleil, brillant ardemment à l'horizon impeccable de cette vision éminemment bucolique, sécherait.
Oui mais non.
Lobo, comme toujours, est colérique. Lobo, le bougre, n'arrête pas de lui faire subir les pires quolibets. Bref Lobo est pas sympa avec Tanya !
Mais un jour que Tanya erre dans l'île, elle fait la rencontre d'un singe. Tétanisée, elle s'évanouit, et se réveille dans un lit de fleurs. Intrigué par le quadrumane, elle part à sa recherche et décide de l'appeler Blue, en hommage à ses yeux.
Mais Lobo, le méchant, devient jaloux de ce singe, avec qui Tanya passe de plus en plus de temps d'ailleurs.


la bête d'amour

Encore une production canadienne qui nous offre une exploration de la psyché, du rêve et de l'étrange ? Pourquoi pas ? On parle bien de surréalisme belge. Pourquoi les canadiens n'auraient-ils pas leur spécificité ?
Hep! Je vous arrête tout de suite. On ne peut pas dire que "Tanya's Island" soit du niveau d'un Cronenberg, par exemple.
Et pour tout dire, ça sonne même un peu creux, cette histoire.
La métaphore de l'homme, forcément brute et sauvage, passant par le rêve d'une jeune femme qui souffre de sa relation conflictuelle avec son amant... Tout ça ressemble plus à un prétexte qu'à un véritable questionnement.
L'image du singe, quant à elle, est assez grossièrement amenée: l'explication du rêve passe par une hypothétique remise en scène d'un "King Kong" par l'actrice (ou du moins, c'est ce que j'ai cru comprendre), et par l'imagerie de l'original de 1933. "King Kong" aura sûrement marqué Tanya pour qu'elle en arrive à se dire qu'un grand singe serait plus sympa que son goujat de petit-ami.


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Car c'est bien de cela dont il s'agit : Blue est tendre, lui offre des fleurs, la regarde s'ébattre dans l'eau, la protège même. C'est le mari idéal, surtout si on prend en compte qu'il ne parle pas.
Lobo, quant à lui, devient au fur et à mesure bien plus sauvage que le singe, plus violent aussi. Et la rivalité entre les deux mâles dominants peut commencer.
Heureusement, le ridicule ne tue pas. Car c'est l'occasion pour Richard Sargent (Lobo) d'en faire des tonnes. Et je saute dans tous les coins, et je crie, je pousse des grognements, je me fais des peintures de guerre, je t'intimide avec mon gros bâton. Et le singe de l'imiter.
Il faut dire que Tanya les aguiche passablement :elle passe les trois quarts du film nue, ou à moitié nue, ce qui à l'air d'agacer Lobo et d'exciter Blue (à moins que ce ne soit l'inverse).
Bref, le bonheur n'est pas dans l'île déserte.


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Mais, je vous rassure, le bonheur n'est pas non plus dans "Tanya's Island".
Pourtant, le début laisse présager un film correct, notamment avec la courte scène en noir et blanc, assez graphique, où Tanya et Lobo semble s'amuser à un jeu douteux : un sorte viol peinturluré. Surprenante et violente, on se dit qu'on est finalement peut-être tombé sur une de ces petites perles oubliées du cinéma..
Mais que dire de ce qui suit : dès que le générique commence, nous avons un panel de scènes contemplatives sur les beautés respectives de Tanya, de la montagne sous le soleil couchant, et de la mer déchaînée. Et si ça ne durait que le temps du générique ! On nous offre tout au long du film une pléiade d'images toutes plus consensuelles les unes que les autres sur la vie sauvage.
Ajoutons à cela l'usage incessant de l'imagerie kitsch du "cheval courant dans l'eau que chevauche l'amazone à moitié nue", et autres lieux communs de l'inconscient collectif beauf. Il ne manque plus que des dauphins faisant des pirouettes au dessus de l'océan.


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Bref, si "Tanya's Island" n'est pas à proprement parler une daube, il y ressemble parfois étrangement.
Reste que le temps ne passe pas trop lentement, tant le sujet est pittoresque : tout cela (et j'entends par là l'histoire, le jeu des acteurs, Vanity étant aussi expressive qu'une porte de prison, etc) semble tellement incroyable et invraisemblable, on se demande comment ça va finir.
Ajoutons à cela les performances du singe et de Richard Sargent qui prêtent souvent à rire, une Vanity les trois quart du temps nue, et vous obtenez un film relativement divertissant si vous n'êtes pas trop difficile.
La fin, quant à elle, restera dans les anales du mauvais goût, mais je ne voudrais pas gâcher votre "plaisir".
Bref, un petit film, qui plaira aux amateurs d'étrangeté, mais qui ne ravira pas les fans de singes anthropomorphes.


maht

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