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lac des morts vivants (le)

lac des morts vivants (le)
Aka: zombie lake, el lago de los muertos vivientes, the lake of the living dead , zombies lake

lac des morts vivants (le)

L'histoire générale est simple et claire comme l'eau de roche : un lac, lieu de baignade des jeunes filles du village avoisinant, est infesté de zombies, qui bien sûr n'ont qu'un désir : mordre cette chair fraîche. Ces zombies sont en fait d'anciens soldats nazis tués à cet endroit par des résistants français.
A cette intrigue plus que légère, vient se greffer une impossible histoire d'amour entre un soldat allemand et une jeune française, qui donnera naissance à une petite fille. Cette petite fille, adolescente, sera la seule qui a le pouvoir de sauver le village et de le débarrasser des zombies aquatiques. Mais cruel dilemme, pour ce faire, elle devra tuer son propre père. Et celui-ci, bien que zombie, a conservé son instinct paternel pour cette enfant, qu'il aime de tout son coeur moisi de mort vivant...


zombie lake

Et il fallait tourner un film complet de 90 minutes sur ce sujet. Autant vous dire que des longueurs, il y en a la pèle. Alors, Jean Rollin s'éternise sur les scènes de filles nues se baignant dans le lac (plutôt crade pour piquer une tête). Celles-ci sont filmées en train de se déshabiller, nageant dans l'eau, en contre plongée sous l'eau, sortant de l'eau... Ceci d'ailleurs, avec bon nombre d'incohérences qui ne semblent pas inquiéter le réalisateur : il alterne les scènes où les filles ont pied et celles où elles n'ont pas pied.
Bref le film regorge de filles nues filmées sous toutes les coutures et de scènes d'amour bidons, prétextes à montrer des corps dénudés.
Le rythme est plus que lent et manque d'action. Jean Rollin filme pendant des heures des scènes inutiles et peu percutantes, comme par exemple lorsqu'il s'attarde sur les doigts d'une main qui sort de l'eau pour y retourner aussi doucement qu'elle en est sorti...
Il y a un avantage à cette absence de rythme : le spectateur peut très bien discuter avec son voisin, aller au petit coin, vaquer à quelques courtes taches, il ne perdra rien de l'intrigue qui avance au ralenti et ne sera aucunement perdu.


lac des morts vivants (le)

Ainsi il fallait parer au manque d'imagination... car les différents fils conducteurs sont aussi plats que le lac lui-même.
Rollin fait ici preuve d'un sentimentalisme niais et extrêmement ridicule. Qui pourrait s'attendrir de cette histoire de tendre retrouvaille entre un père pourri tout vert et de sa petite fille ? Et qui pourrait admirer ce héros-zombie qui tente de protéger sa petite fille quoi qu'il arrive ? Qui pourrait s'intéresser à ce maire du village qui ne sert à rien, si ce n'est à expliquer le pourquoi du comment, mais qui apparaît comme un élément principal ?
Les personnages sont des coquilles vides, sans aucune profondeur. Rollin nous avait habitué à mieux !
Et la musique qui accompagne ces scènes ne relève pas le niveau : elle aurait toute sa légitimité dans "Les Feux de L'amour".


zombie lake

Heureusement pour nous, les zombies aquatiques sont à mourir de rire. Les maquillages sont cheap et du meilleur goût. Il semble que Jean Rollin ait acheté un lot de tablette de chewing-gum et les ait collé sur la tronche de ses acteurs. Un coup de peinture verte et hop ! Voilà M. Zombie (qui a tout d'un bouffon vert, mais rien d'un zombie). Bon, on les excuse, ils ont quand même passés plusieurs années sous l'eau.
Aussi, ces morts vivants souffrent de lumbagos, vu leur démarche. Certains sont raides comme des piquets, d'autres fonctionnent au ralenti, d'autres encore confondent zombies et saoulards... chacun fait un peu comme il le sent, et il n'y a aucune homogénéité entre leurs attitudes.


lac des morts vivants (le)

Vous l'avez compris, "Le lac des Morts Vivants" est loin d'être le meilleur film de Jean Rollin... il est sans doute même l'un des plus ratés au premier comme au second degré.
Largement inspiré de "Shock Waves" (lui même inspiré de: "Carnival Of Souls"), on notera qu'il a tout de même réussi à saccager la scène la plus réussie du film (où des zombies sortent de l'eau) en la rendant peu crédible : les zombies sont maladroits, ils manquent de tomber, ils se lèvent d'un coup (comme pour Danette), ce qui retire tout le suspense inhérent à la scène originale...
On ne retrouve pas ici l'univers de Rollin et sa patte si particulière, ni celle de Jesus Franco qui a participé à l'écriture du scénario. Cette expérience va d'ailleurs inspirer à ce dernier un film encore moins abouti que "Le Lac des Morts Vivants" : "Oasis of The Zombies".
Ceci dit, les fans inconditionnels de Jean Rollin (dont je fais partie) pourront affronter cet instant s'ils s'arment d'une bonne dose de courage et s'ils prévoient de le regarder à plusieurs (sous peine d'endormissement profond). A déconseiller à l'homme pressé !


bloodyjane

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