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dead or alive : hanzaisha

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Aka: dead or alive

dead or alive : hanzaisha

"Dead Or Alive" ou comment Takashi Miike met en scène et embellit le grand n'importe quoi pour en faire une oeuvre percutante, sans queue ni tête certes...mais percutante !
Et c'est ce qui fait l'intérêt de ce film comme aussi d'une grande partie de ses productions. On est donc dans un scénario qui apparemment n'a rien de très original avec un flic d'un côté et des Yakusa enragés de l'autre. En effet Jojima doit arrêter Ryuichi, un truand taré à la gâchette facile. Seulement Jojima va devoir montrer patte blanche face aux Yakusa dans l'espoir de sauver sa fille atteinte d'une maladie grave et mortelle.


dead or alive

Ce qui frappe d'emblée dans "Dead Or Alive" c'est le côté inattendu et imprévisible des situations, avec une scène d'ouverture qui annonce la couleur. Car Takashi Miike (une fois n'est pas coutume) s'inscrit entièrement dans une logique d'immoralité et de transgression des interdits ("Ichii the Killer", "Fudoh"...). Il nous plonge ainsi dans un univers où tout est permis, laissant la part belle à l'inattendu, comme en témoigne la scène finale où l'on finit par se demander si on ne s'est pas trompé de film.
Ah, la fameuse et controversée fin de "Dead Or Alive", qui vient tout bouleverser et tout foutre en l'air. Y'en avait marre du peu de "terre à terre" que comportait le film... soit ! Miike le balaye d'une seule main et avec virtuosité ! Et c'est cela qui plaît ou déplaît suivant les personnes. D'ailleurs ce qui fait que Takashi Miike fait partie des meilleurs, c'est qu'au moins il ne laisse pas indifférent, au risque de se mettre à dos bon nombre de spectateurs, et soit dit en passant, il n'a pas forcément envie de plaire à tout le monde.


dead or alive : hanzaisha

Car Miike est avant tout un artiste et il arrive à embellir l'horreur la plus totale pour faire passer la pilule, comme en témoigne la scène de la fusillade lors du banquet, où volent les plumes tel de la neige sur un champ de bataille. Il arrive même à nous faire compatir avec la pire des crapules, comme Ryuichi, qui se fait insulter par son frère, dégoûté de ses actions meurtrières et de son goût prononcé pour l'immoralité.
A ce propos, il développe ici les personnages de Ryuichi et Jojima d'une manière profonde, pour nous faire comprendre qu'ils détruisent leur univers extérieur mais aussi leur entourage. Ils ont le désir de vouloir changer le monde à leur façon. C'est le point commun entre ces deux personnages, et c'est aussi ce qui les emmènera vers une fin tragique et inévitable.
De plus Miike ne s'attarde pas sur un développement trop poussé de la narration comme le ferait Takeshi Kitano pour faire passer une scène violente, mais prend tout simplement le temps de filmer la violence telle quelle et sans état d'âme.


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D'ailleurs, "Dead Or Alive" comporte un certain nombre de scènes à la limite du soutenable et qui pourront en scandaliser plus d'un. Comme la sodomie dans les toilettes publiques, le tournage d'un film zoophile, la piscine remplie d'excréments, j'en passe et des meilleures... cependant, pour les habitués de Miike, une question vient très rapidement : est-ce que avec des films comme "Dead Or Alive", Miike ne privilégie pas la quantité plutôt que la qualité ? Une chose est sure, c'est qu'il a le mérite de bousculer les codes déontologiques (il y en a quand même) du cinéma d'action japonais en renvoyant littéralement un réalisateur comme Takeshi Kitano à ses séries télévisées comiques !


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Sans pour autant être plus trash qu'un "Ichii the Killer", avec "Dead Or Alive", Takashi Miike a surtout voulu miser la carte du polar ultra-violent et profond à la fois. Tel une dynamite avec laquelle on s'amuse et qui finit par nous exploser à la figure.
Avec ce premier volet réussi d'une série de 3 opus, il apporte donc sa griffe au genre, par son point de vue complètement nihiliste. Ainsi en cinéaste anticonformiste qu'il est, il se joue du monde en général et même des spectateurs, en leur offrant un final apocalyptique, auquel personne ne s'attend.
Détruire pour tout recommencer à zéro...


benhoa

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