* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

welcome home brother charles

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Aka: soul vengeance

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C'est avec impatience que j'attendais de voir ce petit "blackex", dont le sujet suscite forcément une avide curiosité... L'idée est racoleuse. En effet, il n'est pas courant de voir un film dans lequel le héros, de type africain, tue ses victimes à l'aide de son... organe sexuel démesuré.
L'idée est osée et j'avais hâte d'en voir le déroulement, curieuse de la façon dont le tout serait filmé.
Seulement, je suis restée un peu sur ma faim. Le sujet alléchant n'est à mon avis qu'un alibi qui permet d'attirer le naïf (pour ne pas dire autre chose), qui forcément tombera dans le piège ! En gros, il y a tromperie sur la marchandise...
Ceci dit,bien qu'il ne soit pas à la hauteur de mes espérances, "Soul Vengeance" vaut le coup d'être vu au moins une fois dans sa vie... tout au moins pour éveiller le sens critique et surtout pour apprendre aux réalisateurs en herbe ce qu'il ne faut pas faire au cinéma.


soul vengeance

Je vous disais donc que tout l'intérêt du film est dans l'histoire coquine. Dès le générique, la caméra, sur fond de musique tribale, tourne autour d'une statue dont l'allusion à la virilité de l'homme noir passe par un attribut masculin proéminent. Générique qui nous laisse imaginer qu'il y aura de l'aventure, du sexe, de la bonne musique et peut être même, peut on supposer, du vaudou ?
Et bien non, rien de tout ça au programme, ou si peu... Deux jeunes malfrats, l'un de type africain, l'autre métis, réunis tout deux par leur superbe moustache épaisse et noire, attendent dans un motel une livraison de drogue. Ils se rendent alors compte que deux flics sont planqués devant celui ci et les surveillent. Ils ébauchent rapidement un plan digne des plus grands gangsters : ils décident de sortir en faisant semblant de se chamailler (pour faire diversion), ils en profiteront pour s'échapper ! Et l'un d'eux réussit, sous nos yeux estomaqués, à s'échapper quand même grâce à ce plan... L'autre sera recueilli par les deux flics occidentaux. L'un des deux, ripoux, haineux contre la race noire africaine (en gros parce que sa femme préfère les ébats sexuels avec ce type d'homme) et aigri par la vie, tentera de le castrer...


welcome home brother charles

Donc comme vous pouvez le voir ci dessus, la finesse n'est pas le fort de Jamaa-Fanaka. Il nous balance les grosses ficelles, jouant sur des rumeurs et des fantasmes vieux comme le monde.
Rien ne nous est épargné... Il nous présente même une séquence "on fait pleurer dans les chaumières" qui pourrait se résumer en une phrase : "comme c'est l'enfer dans les prisons !". L'enfermement est ici dénoncé, montrant un héros successivement fiévreux, effaré, en colère, se cognant la tête dans les murs, le tout en noir et blanc sur filtre bleuté pour plus d'effet.
Il plaque sans retenue les vieux clichés du noir viril qui envoie direct sans passer par la case départ les femmes au septième ciel, du tandem policier composé d'un vieux looser teigneux et cocu et d'un américain grassouillet qui passe son temps à manger des saloperies, de la justice qui n'est absolument pas juste, d'ailleurs le juge corrompu passe son temps à se taper des prostituées issues des quartiers défavorisés ... etc.
Le tout étant "tartiné grassement et généreusement", décliné sur un thème qui pourrait se résumer ainsi : le bien c'est bien et le mal c'est mal, militant bien sûr pour la cause, comme tout black ex qui se respecte.


soul vengeance

Heureusement, au milieu de ce fatras manichéen, quelques situations comiques involontaires viennent nous mettre en joie. Comme cette scène hilarante, que je garderais à jamais gravée dans ma mémoire, de ce gangster, qui pour effrayer le flic, lui se met tout à coup à lui courir dessus en agitant frénétiquement les bras et en hurlant, et comme pour une course d'obstacle, lui saute par dessus... et oui, non seulement ils sont des bêtes de sexe mais en plus, ils sont forts en sport !
Cette scène, qui tout d'abord surprend par sa soudaineté (et aussi par sa stupidité, il faut bien le dire) est d'autant plus comique que sur un plan notre athlète porte de superbes lunettes de soleil style Ray-Ban et que sur le plan suivant, les lunettes ont disparu... Et des fautes de ce genre, le film en est bourré.
De fautes de goût aussi d'ailleurs. Sur ce point, je pense n'avoir jamais vu de personnages aussi patauds et fringués avec si peu de goût... on est loin des tops modes qui déambulent dans "Coffy"... Et si ce n'était que ça. Les personnages n'ont aucun charisme, le héros joue la frime tellement mal qu'on se demande s'il n'a pas mal aux pieds ou si ses chaussures ne sont pas trop petites...
L'intrigue est parfois incohérente, sans logique, la plupart des phénomènes étranges n'étant pas expliqués...


welcome home brother charles

Vous l'avez compris, on peut ranger "Soul Vengeance" dans le rayon navet, ou dans le tiroir des vielles chaussettes sales, si vous préférez...
La réalisation est plus que chaotique, la musique imbuvable, le jeu des acteurs effrayants, l'intrigue plus que simpliste, et j'en passe.
Néanmoins, le sujet en est original et c'est ce qui fait sa popularité. Cependant, ceux qui espèrent voir des meurtres peu catholiques seront déçus, puisque le héros ne se met à tuer qu'à la toute fin et que la caméra se fait très discrète quant à l'arme (ou plutôt l'organe) du crime. Avant de combler votre curiosité, il vous faudra assister à des scènes parfois comiques parfois insipides, voire interminables, jusqu'à enfin découvrir l'organe mortel... Mais je ne vous en dirais pas plus sur celui ci, il faut le voir pour y croire. Il fallait oser !
Bien que "Soul Vengeance" ne soit pas une réussite, je pense qu'il vaut le coup d'être vu au moins une fois dans sa vie.
A regarder, bien sûr, au deuxième, voir troisième degré.


bloodyjane

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