* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

miss muerte

miss muerte
Aka: le diabolique docteur z, dans les griffes du maniaque, miss death miss death and dr. z in the grip of the maniac, the diabolical dr. z

miss muerte

Un savant fou, le docteur Zimmer, invente une machine qui transforme la volonté des personnes, de sorte qu'elles lui obéissent aveuglément. Il l'expérimente avec succès sur un criminel qui s'est échappé de prison.
Fier de sa nouvelle invention, il présente son projet au comité où siègent d'imminents scientifiques. Mais bien entendu, ces renommés docteurs ne régissent pas comme il l'avait prévu et ils crient d'une même voix au scandale déontologique, le traitant de fou... Choqué et blessé par leur attitude, le docteur Z. meurt d'une crise cardiaque.
Sa fille Irma n'aura de cesse dès lors de poursuivre les expériences de son père... elle finira par créer une docile "Miss Muerte" et à travers elle, vengera la mort de son père.


le diabolique docteur z

Jesus Franco n'en est pas à sa première tentative lorsqu'il s'agit de mettre en scène l'histoire d'un savant fou. Le docteur Zimmer fait d'ailleurs, dès le début, référence à son précédent film, "L'Horrible Docteur Orlof".
L'histoire interpelle également les habitués de Franco : On notera que dans "She Killed in Ecstasy", le personnage central (en l'occurrence une charmante demoiselle) tue ses victimes afin de venger, non pas son père, mais son amant, décédé après avoir été humilié par les plus grands scientifiques. Howard Vernon joue le même rôle de victime qui cède aux charmes envoûtants des demoiselles. On ne peut s'empêcher donc de faire le rapprochement entre les deux films, qui déclinent le même thème avec quelques petites différences, la venimeuse beauté étant blonde dans "Miss Muerte" et brune dans "She Killed in Ecstasy".
Le film est donc bien imbibé des obsessions du réalisateur, il dévoile les prémices de ce qu'il sera par la suite (entre autres, l'attrait pour le corps de ces jeunes et jolies femmes dénudées...) et il constitue un bel aperçu de ce que Jesus Franco sait faire et que l'on a rarement l'occasion d'entrevoir...


miss muerte

On sent que ce réalisateur, qui rappelons-le, a été l'assistant d'Orson Welles, a un certain talent.
La photographie est impeccable, le noir et blanc superbe, les décors en imposent. D'un point de vue esthétique, on ne peut que souligner la richesse de la réalisation. Jesus Franco joue de la lumière et de la caméra avec une certaine habileté, et il en ressort de jolies scènes. Notamment celle où Miss Muerte fait son spectacle, ou encore celle où cette charmante beauté froide court, affolée, dans le théâtre. Le tout est orchestré à merveille par la musique de Daniel White qui se veut parfois affolante, parfois violente. Elle entre, en tout cas, en parfaite osmose avec les images et donne une couleur sonore originale au film, une tonalité un peu psychédélique, typique des années 60.
De même, on est surpris de voir la qualité et l'ingéniosité des décors. La machine qui sert à "aliéner" les êtres humains est d'une simplicité extrême, il s'agit de bras mécaniques, qui maintiennent la victime pendant qu'on lui enfonce une aiguille dans le corps. Et pourtant, elle n'est nullement ridicule, au contraire, elle en impose...


le diabolique docteur z

Les acteurs nous offrent une brillante prestation, autant les personnages principaux que secondaires. Les beautés du film sont aussi froides que cruelles. La jeune Irma Zimmer glace les sangs, lorsqu'elle perpétue les meurtres elle même, ou qu'elle n'hésite pas à laisser tuer sa propre assistante, qui était l'amante de son père...
Miss Muerte est splendide, avec ses ongles mortels et ses formes généreuses, admirablement mise en valeur par les effets de caméra.
Les personnages apparaissent tragiques, ils alternent entre l'indifférence totale et la passion fulgurante, successivement dénués de tout sentiment et tourmentés par les émotions. Ils ont tous une obsession personnelle.
Bref, on assiste à du Jesus Franco qui surprendra ceux qui ont vu d'autres productions, un peu plus "cheap" et bien plus olé-olé, du type, par exemple, "Vampyros Lesbos".


miss muerte

Le tout est empreint d'un mélange de genre. On ne sait trop s'il est à classer dans les films policiers ou dans ceux de science fiction, ou encore dans l'horreur ou le drame tragique...
Parfois dans l'excès par la musique, les personnages, les mouvements de caméra, on notera une certaine retenue dans les meurtres, l'immoralité ou la nudité (on dévoile sans trop montrer). L'époque y est pour beaucoup, le général Franco (le vrai dictateur et non notre réalisateur) n'aurait sûrement pas toléré plus.
D'un point de vue esthétique, Jesus Franco peut être fier de sa réalisation. Et si parfois ce réalisateur nous montre ce qu'il ne faut pas faire au cinéma (je pense notamment à "Oasis of The Zombie"), il sait nous montrer ici son efficacité, son originalité et son talent.
"Miss Muerte" est une agréable surprise, un film à l'ambiance si particulière que l'on ne l'oublie pas...
A voir sans à priori.


bloodyjane

Affiche(s)

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