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it's alive 3: island of the alive

it's alive 3: island of the alive
Aka: la vengeance des monstres, island of the alive

it's alive 3: island of the alive

Dans "It's Alive", il y avait un bébé tueur. Dans "It Lives Again", ils étaient trois. Et ils reviennent encore plus nombreux dans le troisième opus... "Island of The Alive".
Larry Cohen nous met dans le bain immédiatement. D'emblée, on comprend ce qui se passe si l'on a vu les numéros un et deux.
Un taxi, un mari affolé, une femme qui est sur le point de mettre au monde un enfant, un policier qui tente d'aider la mère et ... un bébé qui saute à la gorge de celui-ci qui lui tire une balle dans la tête.
C'est reparti ! Nous nous retrouvons au tribunal aux côtés de Stephen Jarvis, père d'un des monstres, qui tente de faire acquitter sa progéniture. Il réussit à convaincre le juge, lui démontrant que son enfant n'est qu'un bébé. Le juge attendrit devant la douleur de ce père et de cet enfant ordonne que dorénavant les bébés monstres soient emmenés sur une île déserte où ils pourront vivre en paix.
Mais, bien entendu, certains auront la lumineuse idée de leur rendre visite, et ils finiront en repas du dimanche pour nos petites créatures, qui soit dit en passant, ont incroyablement grandi.
Cinq ans plus tard le juge décède. Craignant que son successeur décide de prononcer la peine de mort pour tous les bébés monstres, Stephen Jarvis part sur l'île pour tenter de sauver son enfant...


la vengeance des monstres

Pour le plus grand plaisir du spectateur, l'action démarre immédiatement avec l'accouchement. Et on est surpris devant autant de dynamisme. Avec cette scène incroyablement efficace, Larry Cohen précipite le spectateur directement dans le feu de l'action. Et là on se dit que par rapport aux deux premiers, celui ci va vraiment valoir le coup d'oeil !
Et on ne se trompe pas.
Le rythme est beaucoup plus rapide que les précédents, un peu mollassons. Et l'atmosphère froide, l'immobilisme latent, a complètement disparu. L'intrigue et les personnages prennent de la densité.
L'intrigue tout d'abord, est bien plus intéressante. Elle mêle habilement la critique de la société et l'histoire de ce film d'horreur.
Les mauvais côtés de cette société capitaliste à l'extrême sont dévoilés un par un. Les médias ne cessent d'alimenter le voyeurisme de la population. L'argent dénature tout. Le thème de l'exclusion est intrinsèquement présent. Jarvis fait peur, car il pourrait être contagieux...et si c'était sexuellement transmissible ?
Tout ceci rend le film étonnamment moderne.
Quelques patrons de grandes firmes craignent que les mutations génétiques soient dues à un de leur médicament. Ils partent sur l'île afin de détruire les monstres. Pas de monstres, pas de preuves ! Mais Larry Cohen les utilisent également à des fins scénaristiques. L'aventure se termine mal pour eux. C'est l'occasion de mettre quelques giclées de sang par ci par là... Et cela permet également de montrer combien ses monstres sont devenus forts et grands.
Cette scène d'ailleurs, n'a d'autres buts que de dénoncer le lobbying des firmes pharmaceutiques et de préparer la venue du père.


it's alive 3: island of the alive

Un père qui ne ressemble absolument pas à ceux des deux premiers épisodes. Il est doté d'un fort sentiment paternel et tente de convaincre à la fois la population, mais également la mère, que ce "monstre" n'est qu'un bébé qui peut cohabiter avec les humains. Tout de suite il protège sa progéniture et prend ses responsabilités envers elle.
Le personnage est duel. Parfois un peu féminisé, dans ses gestes envers l'enfant, mais aussi face à cette prostituée quelque peu masculine qui lui met la pâtée au tir à la carabine.
Il apparaît comme un homme ruiné, comme un exclu, mais qui garde la tête haute. Le fait d'avoir engendré un bébé monstre lui ferme toutes les portes : sa carrière de comédien est finie, et comme il faut bien gagner sa vie, il se retrouve à vendre des chaussures. Les filles le rejettent comme un pestiféré, craignant d'être contaminées, certaines l'approchent par curiosité. Il apparaît comme le scoop du mois pour les journalistes... Bref, sa vie est un enfer et il devrait chuter. Mais le personnage est tellement cynique qu'il s'en sort bien. On le voit envoyer bouler la ménagère ronchon qui vient ramener des chaussures, et reclaquer la journaliste avide de scoop.
Méchamment et avec un sourire caustique il envoie régulièrement à la tête des gens bien comme il faut qu'il est "le père du monstre".
Le jeu sarcastique de Michael Moriarty vient donc ajouter une certaine profondeur au personnage.


la vengeance des monstres

Les monstres sont également intéressants. Ces prédateurs sont dotés comme dans les précédents opus d'une vision en caméra subjective lorsqu'ils attaquent. Bien que les marionnettes soient correctes, Larry Cohen a pris le parti de ne les montrer que partiellement ou dans l'obscurité. Les attaques sont très furtives.
Dans "It's Alive III: Island of the Alive" les monstres sont ambigus.
Ils sont aussi sauvages qu'humains. Créatures intelligentes, elles luttent pour leur survie, sont capables d'élaborer des plans et de se reproduire. Mais surtout, il y a cette scène angoissante où Jarvis dirige le navire rempli de monstres, duquel il voit disparaître petit à petit les corps de ses congénères morts. Seul avec les monstres, en pleine mer. Cette scène où son fils le jette à l'eau avec un canot de sauvetage afin de lui éviter de finir comme garde manger, le rend humain. Ceci donne une profondeur tragique à ces créatures tiraillées entre l'instinct de survie et l'affection qu'elles portent à leur géniteur. Elles ne tuent pas par méchanceté mais par obligation...
Ainsi les rôles sont inversés. On peut se demander qui sont les véritables humains dans l'histoire ? Et qui traque qui ?


it's alive 3: island of the alive

Cette troisième version des bébés tueurs (qui sont en fait des adolescents boutonneux) est à mon sens la meilleure de toute.
"It's Alive III: Island of the Alive" est plus abouti. Larry Cohen y est efficace, l'intrigue est intéressante, les scènes rythmées, ses comédiens percutants.
Il a su prendre de la distance avec la satire sociale de manière à ce qu'elle s'intègre naturellement dans la réalisation. A l'instar des deux premiers où elle semble tomber comme un cheveu sur la soupe, la satire prend une place prépondérante sans pour autant dénaturer le film.
Il a su également corriger ses défauts et surtout en finir avec la monotonie des précédents.
Un bon petit film d'horreur.


bloodyjane

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