* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

morte vivante (la)

morte vivante (la)
Aka: the living dead girl

morte vivante (la)

Alors que trois hommes viennent déposer illégalement des fûts de déchets toxiques dans les caves d'un château, deux d'entres eux descendent dans la crypte afin de piller les propriétaires défunts. Ils ouvrent même les cercueils pour prendre les bijoux, ce qui bien entendu réveille l'une d'entres elles : Catherine Valmont, belle jeune fille décédée il y a deux ans. La curiosité étant un bien vilain défaut, Catherine Valmont, avant même de sortir de son cercueil crève les yeux de l'indélicat qui ose l'observer. Les deux autres pilleurs sont également tués, l'un brûlé par les déchets toxiques, l'autre écorché par les ongles de la belle morte vivante. La morte vivante libérée est destinée à errer dans le château comme une âme en peine à la recherche de sang frais. Mais lorsque son amie d'enfance la rejoint, des souvenirs de sa vie passée remontent en elle, et elle prend conscience de son macabre état...


the living dead girl

Bien calée dans mon fauteuil et n'ayant pour l'instant vu que des films "de jeunesse" de Jean Rollin, je m'attendais comme à l'habitude à ce que l'intrigue démarre très très doucement...
Mais quelle ne fut pas ma surprise de voir, dès les premières minutes, autant d'actions et de gore ! Des yeux crevés, un homme défiguré, un égorgement par les ongles, et du sang bien rouge en abondance... Bien entendu, nous sommes dans les années 80, royaume temporel des effets spéciaux sanglants... Mais tout de même, cela peut surprendre pour ce réalisateur (d'autant plus qu'il est français), qui habituellement n'est pas friand de gore. J'ai non seulement été étonnée par la qualité des effets spéciaux du films, surtout lorsqu'on sait que le budget effets spéciaux et mains d'oeuvre s'est monté à 5000 francs en tout et pour tout. Et puis, cette action qui se déchaîne, tous ces dialogues, une histoire qui se tient, plus élaborée que les précédentes.
Mais où est donc passé l'univers de Jean Rollin ?


morte vivante (la)

Heureusement, à l'arrivée de l'amie d'enfance, tout se calme. Et bien que le sang soit présent de part et d'autre dans le film, le rythme est moins soutenu. On retrouve un peu notre Rollin habituel, filmant des scènes qui durent des heures et qui donnent envie de sourire, voire de rire. Telle cette mauvaise scène où l'on voit la morte vivante hurler son désespoir après avoir trituré longuement le ventre d'une de ses victimes, qu'il a le mauvais goût de repasser non seulement deux fois mais en plus, au ralenti ! Les acteurs sont bien entendu mauvais, avec parfois des coups de génie. D'ailleurs, Rollin dira dans un interview pour une télévision (Téléplaisance) qu'il avait du mal à recruter des acteurs du fait de sa mauvaise réputation et des films pornos qu'il a été forcé de réaliser (ce uniquement pour vivre). Et ce spécialement pour le rôle du gars qui se fait crever les yeux : En effet, bon nombre d'acteurs ont refusé le rôle, car ils avaient peur d'avoir mal et ne faisaient pas confiance à la qualité des effets spéciaux. Bref ils craignaient de rester aveugles... Quoi qu'il en soit Françoise Blanchard et Marina Pierro (dans le rôle des deux amies) s'en sortent plutôt bien et quand bien même, leur plastique avantageuse les excuse naturellement. On a d'ailleurs l'occasion de voir, et on reconnaît bien là le réalisateur voyeur, Françoise Blanchard en tenue d'Eve.


the living dead girl

Le film souffre de nombreux défauts, et il sent les mauvaises années 80. Je veux dire que tout y est austère et statique... La lumière est crue (point de pénombre ici), l'atmosphère est froide, les filles y sont androgynes et surmaquillées. Même le grain de l'image est typique de l'époque. On a l'impression qu'elle est, bien que la photographie soit bonne, issue d'un caméscope un peu à la façon des Soap Opéra... Vous me direz, cette ambiance sans émotion, glaciale et immobile pourrait convenir à une telle intrigue ? J'avoue que c'est vrai, mais n'empêche que ce mauvais goût typique des années 80 m'est désagréable... De plus, la fin laisse un sentiment de bâclé, donnant l'impression que le réalisateur, ne sachant quoi faire de tous ses personnages, s'en débarrasse un peu à la va vite...
Cependant, certains points positifs sont à retenir de ce film. On y retrouve les thèmes chers à Jean Rollin, l'errance dans un lieu impossible à quitter, le balancement entre la vie et la mort, la détresse des personnages/créatures qui souffrent de leur condition, l'ambivalence des relations entre les êtres... etc.
Il y ajoute tout un univers lié à l'enfance perdue, utilisant des objets d'une forte symbolique comme la boite à musique ou le cheval à bascule. Et quelques scènes oniriques sont agréables.


morte vivante (la)

Ainsi, Jean Rollin est l'une des personnalités du cinéma z que je respecte et que j'apprécie profondément... Cependant, "La Morte Vivante" m'a déçu... Malgré les quelques points positifs cités plus haut, il reste que ce film est moins poétique, moins intéressant que ceux que j'ai visualisé précédemment (réalisés début 70).
Bizarrement l'histoire se tient, l'intrigue est correctement élaborée et la réalisation beaucoup plus aboutie que ces précédents films. Cependant, il manque ce petit quelque chose de particulier, cette atmosphère profondément onirique qui font habituellement le charme et les rendent touchants. L'émotion n'est pas au rendez vous.
On regrettera donc la naïveté du début de la carrière de Jean Rollin.
Ceci dit, mon avis n'est pas partagé par la majorité du public. En effet, "La Morte Vivante" est, à ma grande surprise, l'un des films les plus commerciaux et les plus appréciés du réalisateur, peut-être pour son aspect gore. Mais il en reste que les goûts et les couleurs étant ce qu'ils sont, je vous conseillerais plutôt les premiers Rollin (en particulier "Vierges et Vampires") que celui-ci.


bloodyjane

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