* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

body shop (the)

body shop (the)
Aka: doctor gore, shrieks in the night

body shop (the)

Après un générique que nous qualifierons de "minimaliste" (écran rouge et fond musical), la caméra s'attarde sur un promeneur qui écoute la radio et nourrit les cygnes.
Et tout ceci pour introduire le personnage central : Le "Doctor Gore", alias Dr. Brandon. En effet, celui ci enterre son épouse adorée à deux pas de l'endroit. On le voit jeter une rose dans la tombe.
Le soir venu, Dr Brandon, accompagné de son assistant, Greg, vont déterrer le corps d'une jeune fille qu'ils tenteront de ressusciter. Mais au lieu de prendre vie, le corps prend feu ! Pas très compétent le savant.
Alors, devant cet échec et pour parer à la solitude, il va imaginer une expérience incroyable : créer la femme parfaite avec les morceaux choisis de plusieurs femmes. Une femme qui sera totalement sienne, docile et soumise.


doctor gore

Vous l'avez compris, "The Body Shop" est très largement inspiré des "Frankenstein". Rien de bien nouveau sous le soleil de "Doctor Gore", il transpose juste le monstre en une superbe créature... mais l'idée sent aussi le déjà vu et le film le vieux pain rassis.
Les personnages semblent tout droit sortis d'un fond de tiroir poussiéreux. J.G. Patterson Jr. nous ressort les inconditionnels stéréotypes du genre : le savant, la belle, l'assistant, quelques victimes... et c'est à peu près tout car le budget ne permettait sans doute pas d'embaucher d'autres acteurs ! Le savant est tout bonnement joué par le réalisateur lui même qui en profite pour flatter son ego de mâle vieillissant et pour embrasser de belles pépés. Belles pépés qu'il ne pourrait sans doute pas courtiser autrement au vu de son physique ingrat.
L'assistant du savant est, bien entendu, doté de maintes et maintes tares (J.G. Patterson Jr. a d'ailleurs mis le paquet) : il est laid, barbu, roux, bossu, muet et couard ! Il pousse aléatoirement quelques grognements de bêtes sauvages.
La créature quant à elle est blonde aux formes plantureuses.


body shop (the)

On ne peut pas dire que Patterson soit très fin autant du point de vue de l'intrigue que de la réalisation.
D'ailleurs, je me demande encore quel message il a voulu faire passer... tout au long du film, on voit le principal protagoniste draguer, embrasser, caresser et faire des papouilles (qu'on devine mais qu'on ne voit pas) avec les filles avant de les tuer. Ce "charmant" savant, doté d'une coiffure "cache misère" (les cheveux élégamment ramenés sur la calvitie), hypnotise les donzelles pour mieux les amadouer. En gros, le Dr. Brandon passe pour un pervers pépère, alors que le réalisateur voulait sans doute le présenter comme un homme en souffrance, rongé par l'absence d'amour et la folie... Doté d'une double personnalité, il est présenté à la fois comme un sentimental naïf et un tueur psychopathe. Malgré cette tentative d'humanisation, ce personnage reste profondément antipathique. Il est aussi régulièrement pathétiquement ridicule.
Et comme le ridicule ne tue pas, Patterson introduit ça et là quelques gags grossiers. Sacré Greg qui ne réussit pas à mettre sa blouse à cause de sa bosse ! ou qui grimpe, effrayé, sur une machine car la morte s'est soudainement relevée du fait de la rigidité cadavérique...


doctor gore

Le tout est parsemé d'incohérences... le montage, plus particulièrement est ignoble. "Doctor Gore" pourrait, en ce sens, être l'objet d'un cours sur ce qu'il ne faut pas faire au cinéma, tant il accumule les imperfections. Plus qu'amateur, il atteint le summum dans cette scène où apparaît le clap. J'avoue que devant notre écran, nous avons cherché tout d'abord s'il s'agissait d'un effet de style, d'une mise en abîme, mais, après plusieurs visionnage, nous avons compris que le réalisateur avait tout simplement omis de couper le clap au montage... Et pour parfaire le tout, le son reste décalé quelque temps par rapport à l'image. A croire qu'il n'a jamais revisionné son oeuvre.
Le style est donc involontairement scabreux.
Reste les effets spéciaux et le gore. De ce style naïf qui rappelle certains films de H G Lewis. Les scènes de découpages de demoiselles sont copiées sur celles de "Two Thousand Maniacs", hop un morceau de steak bien saignant tout droit sorti de la boucherie du coin sur le bras et on découpe gaiement ! Les filles mortes respirent encore, etc.


body shop (the)

Alors voilà : mauvais acteurs, intrigue peu originale, montage à couper au couteau, effets spéciaux re-pompés, on ne peut que souligner le côté Z et (il faut le dire) pitoyable de la réalisation.
Même la musique, sensée être originale, est honteusement copiée sur le fabuleux morceau "My Favorite things" de John Coltrane, lui même inspiré de la comédie musicale : "The Sound of Music". Mais ne pouvant jouer le virtuose, William Girdler a juste reproduit d'une manière malhabile les premières notes de la mélodie...
Bref, on ne peut pas dire que "The Body Shop" soit un chef d'oeuvre. Mais on sourit aisément devant cette série Z qui comporte tant de naïveté cinématographique. Et on ne peut s'empêcher de lui pardonner ces défauts, atténués par le côté gore rouge peinture que nous apprécions tant...
A ne conseiller qu'aux fans du genre et aux curieux.


bloodyjane

Affiche(s)

jaquetteposter