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mio caro assassino

mio caro assassino
Aka: folie meurtrière, my dear killer

mio caro assassino

Un agent d'assurance est retrouvé décapité par une excavatrice dans une carrière. L'inspecteur Perreti est mis sur l'affaire, et part à la recherche du conducteur de l'engin. C'est alors qu'on retrouve le conducteur pendu, dans un simulacre de suicide.
Pendant son enquête dans le voisinage, l'inspecteur rencontre un vieux ferrailleur reclus et sa "petite amie", qui lui parle d'une autre affaire ayant eu lieu dans les parages : l'affaire Moroni.
La petite Stefania Moroni avait été enlevée, et les ravisseurs avaient demandé une rançon. Le père de la fillette avait payé, mais il avait suivi les ravisseurs pour savoir où ils se cachaient.
On avait retrouvé le père et la fille, morts, dans un maison abandonnée.
Perreti va refaire l'enquête autour de l'affaire Moroni, et trouver quelques liens étranges entre cette affaire et celle de l'agent d'assurance.
C'est alors qu'un à un, les témoins de l'affaire Moroni vont mourir.


folie meurtrière

Il n'y a rien qui ressemble plus à un giallo qu'un autre giallo.
Chaque film est donc avant tout un exercice de style, et quelques réalisateurs ont vraiment donné un caractère de noblesse (Mario Bava qui en définit les codes, Dario Argento, bien sûr, mais aussi Sergio Martino ou Umberto Lenzi) en s'accaparant le genre.
Mais le giallo était à l'époque un cinéma populaire, une sorte de figure imposée du cinéma italien.
Beaucoup de réalisateurs y ont donc été de leur petit giallo, et c'est le cas de celui-ci, réalisé par Tonino Valerii, plus connu pour ses westerns dont la figure de proue reste "Mon nom est Personne".


mio caro assassino

"Mio caro assassino" est donc assez basique dans la forme, et bénéficie tout de même de moyens assez conséquents.
Tonino Valerii ne fait pas preuve d'une particulière virtuosité, ne pose pas une réelle patte qui le démarque, mais on prend plaisir à se laisser porter par l'histoire, tordue à souhait.
Par contre, celle-ci s'attarde un peu trop sur la vie du héros à mon goût, d'ailleurs interprété par un habitué du genre (George Hilton, que l'on retrouve dans nombres gialli, comme par exemple "La Coda Dello Scorpione"). Cassant un peu le rythme du film, on se demande l'intérêt que peut avoir ce genre de scènes où la vie privée de l'inspecteur nous est montrée comme banale en diable (engueulade avec sa petite amie, incontournable scène d'amour, etc,).
Mais cela passe tout de même, d'autant plus que le film fait preuve de pas mal d'humour, et quelques répliques font mouche.


folie meurtrière

La forme quant à elle empreinte énormément aux génies du genre, mais on remarque tout de même l'habileté à faire monter le suspense, et la maîtrise lors de la seule véritable scène de meurtre graphique (avec tenue en cuir noir luisante, gants de la même matière, et scie cylindrique, s'il vous plaît !).
Là où se démarque véritablement "Mio caro assassino", c'est par les crimes, justement.
D'abord, il n'y a qu'un meurtre auquel on assiste.
Le reste est plutôt suggéré : on voit avant le meurtre, après, mais pas pendant. (A part la pelle mécanique qui décapite le pauvre agent d'assurance au début. Mais n'espérez pas voir des décalitres de sang non plus...)
Mais dans le crime, il n'y a pas que les meurtres : Tonino Valerii place au centre de l'histoire un personnage au penchant pédophile, fait assez rare à ma connaissance dans les gialli. On en saura pas plus que l'apparition d'une petite fille nue et l'attrait bizarre du sculpteur pour la petite Stefania, mais c'est suffisant pour placer le malaise.


mio caro assassino

Bref, si "Mio caro assassino" n'est pas un chef d'oeuvre du genre, c'est tout de même un bon petit film.
La forme est classique, l'histoire somme toute aussi, mais on prend du plaisir à la suivre, et l'assassin ne sera bien entendu dévoilé qu'à la toute fin.
Je n'ai d'ailleurs pas parlé de la photographie (qui nous offre tout de même de belles couleurs 'flashies', assez typiques des années 70 et agréables à l'oeil) ni de la musique de Morricone, jolie quoi qu'assez classique.
Les fans du genre y trouveront sûrement leur compte, mais pas uniquement.
Bref, un petit film agréable, qui ne restera pas dans les anales, mais agréable tout de même.


maht

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