* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

blackenstein

blackenstein
Aka: black frankenstein, return of blackenstein

blackenstein

Dans "Blackenstein", William A. Levey revisite le mythe de Frankenstein. Et comme le titre l'explique clairement, il met en scène un monstre black.
Il prend d'ailleurs quelques libertés par rapport à l'oeuvre originale et aux films que l'on a coutume de voir.
Une jeune et jolie demoiselle couleur café vient rendre visite à son ancien professeur : l'illustre Dr Stein. Elle vient dans un but, lui demander son aide. En effet, son petit ami, Eddie Turner, a été estropié en marchant sur une mine au Vietnam, ses bras et ses jambes ont volé en éclat ! Le pauvre. Le Dr Stein saura bien lui remettre des membres... Elle-même docteur, elle se propose de l'assister dans cette périlleuse aventure médicale.
Mais, (parce qu'il faut un mais, sinon "Blackenstein" ne serait pas "Blackenstein", mais plutôt "Eddie l'homme qui récupère ses bras et ses jambes"), Malcomb le serviteur fait rater l'expérience qui se déroulait à merveille. Furieux que la belle demoiselle ose refuser ses avances, le félon incorpore au médicament destiné à Eddie un produit néfaste et sans doute plus que cancérigène...


black frankenstein

Et nous voilà plongés dans cette merveilleuse aventure de "Blackenstein" ! Il est vrai que j'attendais avec impatience, après avoir vu "Blacula" maintes et maintes fois, de voir ce film culte issu de la Blaxploitation et la manière dont le mythe serait traité.
Un petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas ce genre : dans les années 70, la communauté afro-américaine ne supportant plus l'omniprésence des blancs dans le cinéma, a pris le contre pied, en réalisant ses propres films mettant en scène des héros noirs. N'ayant pour la plupart que peu de moyen, ceci a donné des réalisations plus ou moins réussies, plus ou moins bis, mais les oeuvres ont eu un succès important (voir "Coffy", "Shaft"). J'arrête là la parenthèse sur le genre et je reviens à notre monstrueux "Blackenstein".
Ainsi, après un petit prologue, le film commence comme la plupart des blackex, c'est à dire que la caméra suit l'héroïne qui se déplace d'un point A (l'aéroport) à un point B (la résidence du Dr Stein) sur fond de musique funk.
La ressemblance avec les autres films de la blackexploitation s'arrête là, mis à part que les principaux protagonistes sont afro-américains.


blackenstein

En effet, ici, pas réellement de critique sous-jacente de la société, pas de musique psychée ou groovy à l'horizon, le fond sonore est bien souvent de la simple musique classique.
Le fond n'est certes pas engagé. Maladroitement, William A. Levey évoque à peine la guerre du Vietnam...
Par contre, il semble avoir voulu faire passer le message que les hommes sont de gros cons jaloux... car Eddie se heurte par deux fois à des mecs qui lui en veulent, l'un parce qu'il n'a pas pu faire la guerre (et donc n'a pas pu perdre ses membres, mince alors !), l'autre parce qu'il ne peut pas se taper une belle gonzesse comme la sienne...
Pourtant, notre tombeur d'Eddie n'a rien d'un play boy, croyez moi. Grassouillet, il tient plus de Jacques Villeret que de Jim Kelly. On se dit qu'il doit avoir de sacrés qualités de coeur pour faire fondre la délicate doctoresse....
Mais on ne le saura jamais.


black frankenstein

Car le personnage a très peu de consistance. Tout comme la plupart des personnages de "Blackenstein". Il n'a qu'un rôle : devenir le monstre. Ce monstre que William A. Levey semble avoir tellement honte à nous montrer. On peine à le voir : il est le plus souvent filmé dans le noir, et en général on ne voit que son ombre sur le mur du laboratoire.
Et lorsque l'on voit enfin la bête, on comprend pourquoi... la coupe afro est devenue une sorte de coupe afro au carré, le joufflu l'est encore plus, les protubérances sourcilières sont exagérées. Bref, notre monstre gonflé à l'hélium ressemble plus à un culbuto qu'à l'impressionnante créature de Frankenstein. Notons que sa démarche est aussi ridicule que son aspect physique, puisqu'il marche raide comme un piquet, avec des chaussures trop étroites, avec les bras en avant, comme tout mort vivant qui jouerait mal son rôle. Bref, il est tout sauf effrayant.
Les autres personnages ne sont là que pour se faire zigouiller vite fait bien fait par notre bonhomme Michelin...


blackenstein

Assurément, et vu le maquillage, les moyens n'étaient pas au rendez vous. La réalisation s'en ressent. Elle tient plus du film des années 50 ou 60 : le décor carton-pâte du laboratoire sous fond d'éclairs maladroits passe du rouge au vert, et les boutons clignotent de partout. Les lampes rouges s'allument au moindre incident et la sirène stridente carillonne. Des éléments typiques des films catastrophes ou fantastiques des années 50. Ceci dit, ceux-ci sont tellement kitchs, qu'ils amusent plus qu'ils n'agacent.
Bien que "Blackenstein" soit un peu vieillot et décalé par rapport à son époque, le film est étrangement gore. Blackenstein n'étrangle pas ses victimes, surtout pas ! Il leur retire les tripes. Et oui, nous avons affaire à une créature moderne ! Un Blackenstein serial-killer... et romantique avec ça, (la scène ratée où il reconnaît sa dulcinée est assez étonnante, on se demande même si les acteurs n'ont pas fait exprès de jouer de manière aussi pathétique) qui pourtant meurt d'une façon peu honorable.
Bref, "Blackenstein" constitue tout un programme.
Cependant, malgré ses défauts attachants et amusants, "Blackenstein" m'a déçu. Et même vu au second degré, il n'arrive pas à la cheville de son grand frère de sang : "Blacula".
Un film à voir par curiosité.


bloodyjane

Affiche(s)

jaquetteposteraffiche