* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

pieces

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Aka: pieces - le sadique à la tronçonneuse, one thousand cries has the night, mil gritos tiene la noche

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Dean, un petit garçon, est surpris par sa mère alors qu'il s'amuse à reconstruire un puzzle représentant une femme nue. Celle ci, outrée, entre dans une colère monstrueuse et se met en quête de revues érotiques. Elle ordonne à l'enfant d'aller chercher des sacs afin de tout jeter à la poubelle. Mais l'insolent gamin revient, non pas avec des sacs plastiques, mais avec une hache, qu'il plante à plusieurs reprises dans la tête de sa mère.
En voilà un qui a quelques difficultés avec l'autorité, semble t il... Lorsque la police se rend sur les lieux, elle découvre le corps morcelé de la mère, et le "pauvre petit" Dean, caché dans un placard, sanglotant. Bien entendu, tout le monde plaint ce pauvre gamin qui a assisté au meurtre sanglant de sa mère.
Quarante ans plus tard, dans un campus peuplé de jeunes filles légères et sexy, des meurtres sont perpétrés et l'auteur du crime emmène avec lui des morceaux de corps. Mais heureusement, le boutonneux du campus, Kendall, mène l'enquête...


pieces - le sadique à la tronçonneuse

"Pieces", comme tout slasher qui se respecte, utilise les codes habituels de ce genre. Nous avons droit par exemple à l'éternelle scène de meurtre dans la piscine, à la tronçonneuse fendillant la porte qui passe à trois centimètres de la tête de la victime, au personnage en noir qui se glisse dans la pièce lugubre. On entend le meurtrier arriver, car bien entendu, il reste dans l'ombre, avance en respirant d'une manière peu discrète, comme un silicosé. Il semble d'ailleurs que bizarrement dans les films d'horreur, les tueurs en série aient tous la même infection aux poumons...
Le tueur, traumatisé dans l'enfance, tue de jeunes étudiantes de façon horrible et sanglante. Ainsi les jeunes filles sont toutes "jeunes" (même si à l'époque, contrairement à maintenant, les actrices qui jouaient des demoiselles de 20 ans en avaient au moins 10 de plus...) toutes jolies et fraîches. Et en général elles sont tuées dénudées.
Pas de jeux sexuels ici, le tueur n'a qu'un but : découper ses victimes avec une tronçonneuse, afin de reconstituer le corps à jamais perdu de sa maman, en même temps qu'il reconstruit le puzzle que cette même maman voulait, outrée, jeter à la poubelle.
N'empêche que, sous jacente, est toujours présente l'idée de la faute originelle... et les victimes choisies, soit exhibent leurs corps avec de petites jupettes, soit font l'amour bruyamment...


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Le film est bourré d'allusions à la sexualité : un professeur est régulièrement raillé par ses élèves pour son identité sexuelle inavouée, une fille qui rêve de faire l'amour dans un "water-bed" y trouvera le couteau du tueur à défaut d'autre chose, le héros est tellement viril que les filles ne peuvent s'empêcher de hurler de plaisir pendant l'acte...
Un héros peu crédible d'ailleurs, sans charisme aucun, adolescent pré pubère qui prend pourtant tout en charge. Et ceci donne parfois envie de rire.
Dans le gymnase, c'est lui qui se précipite, devançant les policiers, pour sauver une jeune tennisman. Malheureusement, tel un Zorro qui arrive trop tard, son visage est défiguré de terreur en voyant une fille mutilée. Mais il garde son sang froid, contrairement aux flics qui, tétanisés, se mettent à vomir. Il va jusqu'à faire le chef et leur ordonner d'aller chercher des secours... Quel homme quand même !
C'est aussi lui qui sauvera la belle blonde des mains du tueur à la toute fin.


pieces - le sadique à la tronçonneuse

Reste le tueur, qui rappelle étrangement celui d' "Halloween". Les scènes d'incipit sont d'ailleurs similaires. Un petit garçon tue un membre de sa famille. Sauf qu'ici, la scène est bien plus sanglante car on voit effectivement le petit garçon planter à plusieurs reprises la hache. Alors que dans "Halloween", le tueur est filmé en caméra subjective. La scène est donc bien plus percutante. Et tout au long du film, Juan Piquer Simón alternera finement des scènes de meurtres efficaces et des scènes de second degré.
De nombreux passages font sourire, et Juan Piquer Simón semble s'amuser à plagier les stéréotypes du genre. Outre les giclées importantes de sang, les bouts de corps ensanglantés en veux-tu en voilà, le réalisateur n'hésite pas à rendre hommage avec une certaine affection des personnages types des productions gores antérieures (type "2000 maniacs").
Ainsi, le jardinier, gros monsieur à barbe à la mine patibulaire, qui fait penser à un tueur en série sorti tout droit d'un "Massacre à la Tronconneuse" est tellement emphasé qu'il finit par devenir un personnage comique, quasiment cartoonesque. De même, Marie qui découvre le corps de sa collègue se met à crier de façon répétitive : "bastard" jouant très mal la colère. On se demande d'ailleurs, car jusque là son jeu était correct, si le réalisateur ne lui a pas suggéré de fausser le jeu pour dérider quelque peu son public et ajouter un peu de légèreté à l'ensemble.
Par ailleurs, la fin n'a aucune cohérence. Outre l'effet de surprise, on ne comprend pas bien où l'auteur a voulu en venir. Et on reste perplexe, se demandant quel message il a voulu transmettre.


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Le film est pourtant bien ficelé d'une manière générale, mais il comporte plusieurs incohérences. Par exemple, on comprend que le travail de reconstitution de l'évènement traumatisant est symbolisé par un miroir brisé violemment par la mère. Quarante ans plus tard, un miroir brisé par une fille en skate board re-déclenchera cette furie meurtrière. Cependant, le tueur n'assiste pas à cette scène... donc comment peut elle déclencher un électrochoc dans la tête du malade mental ?
Cette déconstruction scénaristique et cinématographique rappelle un autre réalisateur : Lucio Fulci. La fin est symptomatique des films de Fulci : il se passe quelque chose que le spectateur ne comprend pas. Déstabilisé, on se pose la même question : "soit je suis idiote, soit il me prend pour une conne". Et comme pour appuyer l'influence, Juan Piquer Simón fera un hommage à "Quella Villa Accanto Al Cimitero" de Fulci : on y retrouve la célèbre image de meurtre où le couteau du tueur traverse la tête de la victime et en ressort par la bouche.
Ainsi, "Pieces" est un slasher efficace, bourré de petits clins d'oeil amusés à d'autres films du genre. Il constitue un film à la fois percutant et intéressant, dans lequel Juan Piquer Simón a su prendre de la distance et amener un peu de légèreté sans pour autant dénaturer le genre.
Un slasher à voir quand les enfants sont au lit.


bloodyjane

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