* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

seishun no satsujin sha

seishun no satsujin sha
Aka: the youth killer, youth to kill, young murderer

seishun no satsujin sha

Jun tient un petit bar-restaurant, détenu par son père. Il partage la gestion de ce restaurant avec Keiko, une jeune femme qu'il aime et qui est sourde de l'oreille gauche.
Jun a surtout quelques problèmes qu'il veut régler avec son père et sa mère, comme récupérer sa voiture que ses parents lui ont confisqué. Il part donc les voir, mais comme d'habitude, la discussion dévie vers Keiko, qui n'est pas assez bien pour les parents de Jun.
Alors que la mère de Jun va faire quelques courses, Jun parle avec son père : celui-ci essaye de le convaincre que la jeune fille se fiche de lui, lui ment, et il veut l'inciter à la quitter.
Dans un moment de folie, Jun se met en colère et tue son père.
Quand sa mère revient, elle n'a qu'une seule idée : protéger son fils. Mais la spirale de la folie entraîne de nouveau Jun.


the youth killer

"The Youth Killer" est un film déroutant. Premier film de Kazuhiko Hasegawa, à qui on devra un seul deuxième film "The Man Who Stole the Sun", il explore la relation étrange d'un fils et de ses parents, le destin morbide d'un enfant d'une génération perdue, sans ambition, sans désir.
Jun a donc tout pour être heureux : fils unique, il est choyé par ses parents, qui lui ont même offert un travail agréable pendant qu'ils s'usent la santé à réparer des pneus de camions.
Enfant "gâté", Jun a du mal à trouver sa place dans la société. En rupture avec ses parents sur le choix de sa petite amie, il se sert de ce "prétexte" pour tuer son père.
A partir de ce moment là, Jun perd les pédales. D'abord en compagnie de sa mère, puis avec Keiko, nous suivons sa déchéance, son détachement, la quête de de ce qu'il est, et surtout, de ce qu'il va devenir.


seishun no satsujin sha

Déroutant donc. De plusieurs manières.
D'abord, et malgré une certaine habitude des films japonais, j'ai d'abord été un peu perdu. Du mal à situer le film dans son époque (les années 70 aux Japon). Surtout, du mal à cerner Jun, ce personnage froid, 'étranger', qui semble contempler sa vie sans véritablement interagir avec.
Perdu par la réaction de la mère de Jun aussi, qui ne laisse transparaître aucune émotion (ou si peu) en découvrant son mari mort, gisant dans une mare de sang, et désirant à tout prix cacher le meurtre. Dérouté par sa façon d'agir.
Mais finalement, on prend peu à peu des marques dans le film. Surtout à partir du moment où Jun tue sa mère (meurtre assez insoutenable d'ailleurs).
A ce moment, on peut comprendre pourquoi Jun glisse et tue ses parents physiquement : parce qu'il ne peut pas les surpasser autrement, parce qu'il est 'bloqué" par ce qu'ils représentent. Ils sont le symbole d'un passé, de valeurs, de traditions, qu'il ne comprend plus, mais aussi de réussites, de combats que Jun n'aura jamais à mener.
Jun est perdu, n'est sûr de rien, même pas de son amour pour Keiko. Ce meurtre lui donne une volonté : se débarrasser des corps, disparaître lui même, et prendre enfin pied dans la vie.
Keiko quant à elle, est une jeune fille enjouée, bien qu'elle ait eu un passé difficile : violée par son beau-père avec qui elle aura des relations incestueuses, elle est devenue sourde parce que sa mère l'a frappée. Mais, Keiko, malgré ce passé qu'elle refuse et cache, est la seule chose qui retient Jun, la seule personne pour qui il semble avoir de l'intérêt.


the youth killer

Ce qu'on remarque surtout dans "The Youth Killer", c'est la longueur des plans. Kazuhiko Hasegawa n'hésite pas à filmer des plans de 30/40sec, voir plus, ce qui offre une part belle au jeu des acteurs. Ces longs plans sous-tendent un montage minimaliste mais intelligent, mélangeant passé, présent, scènes oniriques, et donnant une certaine force à l'histoire. Et surtout un aspect réel. Le meurtre de la mère est à ce titre, assez éprouvant : tourné en plan-séquence de plus de deux minutes, caméra à l'épaule, nous assistons au meurtre d'une mère sans défense, qui demande à son fils de la tuer sans la faire souffrir. Assez dérangeant, c'est l'acte fondamental du film, et aussi celui qui marque le plus.
D'ailleurs, le choix de filmer de cette manière n'est peut être pas innocent : le film est basé sur un fait divers réel.


seishun no satsujin sha

"The Youth Killer" est un film intéressant, mais j'ai du mal à décider d'une note. Pourquoi ?
Pour les bons côtés, on peut dire que le film est intelligent, qu'il traite du malaise d'une génération, n'hésitant pas à briser durement ce tabou qu'est le parricide et le matricide d'une façon assez graphique, choquante mais intelligente.
Mais quelque chose manque au film, ou plutôt j'ai l'impression d'avoir raté quelque chose.
Peut-être un rythme trop étrange pour qu'on s'implique véritablement dans l'histoire.
Peut-être ce décalage trop important de culture, qui donne du mal à ancrer des sentiments réels pour le héros.
Peut-être le constat assez nihiliste du film.
En tout cas, "The Youth Killer" ne laissera pas indifférent, et c'est déjà beaucoup.


maht