* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

baba yaga

baba yaga
Aka: black magic, kiss me kill me, the devil witch

baba yaga

Une jeune photographe, Valentina, rentre d'une soirée branchée avec d'autres artistes. Un jeune homme lui propose de la raccompagner, cependant elle refuse et décide de rentrer à pied, lui spécifiant qu'elle "n'envisage pas de faire l'amour avec lui... pas ce soir en tout cas !". Sur la route, elle croise un chiot placé au milieu de la route, entouré de bougies. Après lui avoir fait des câlins, elle s'apprête à reprendre son chemin lorsqu'une voiture déboule à toute vitesse. Au péril de sa vie, Valentina sauve la pauvre bête et voit sortir de la voiture une dame, semblant venir d'une autre époque, qui lui suggère que cette rencontre était prévue...
A partir de ce moment, la dame répondant au nom de Baba Yaga va régulièrement apparaître dans le quotidien de la photographe, soit physiquement, soit de façon symbolique, au travers d'une poupée, et déclencher des phénomènes étranges, voire des meurtres, et perturber notre petite protagoniste...


black magic

Le réalisateur annonce la couleur dès le générique ! Sa volonté est de faire un film esthétique, de s'inscrire dans un cinéma moderne, qui s'attarde sur l'art...
En effet, plusieurs formes artistiques se font écho : la photo, puisque notre Valentine est photographe, le cinéma puisque son ami est réalisateur, et la bande dessinée. D'ailleurs, Corrado Farina s'est inspiré d'une BD de Guido Crepax : "Valentina et Baba Yaga" et ça se voit. Le générique, plutôt agréable, est fait d'images de cette BD et elles reviendront tout au long du film. Et on remarque la ressemblance entre les deux héroïnes qui sont, somme toute, bien stéréotypées : et oui, comme toute jeune fille branchée fin 60's/70's, elle ont le look inspiré des années 20 !


baba yaga

Cet amalgame d'arts visuels sert bien sûr la réflexion et la philosophie du film, on y parle en soirée de "Pierrot Le Fou", d'art populaire, de publicité, et de la dure vie des artistes obligés de participer à cette grande société de consommation de masse en faisant de l'alimentaire...
A la manière des géants de la nouvelle vague, l'auteur a voulu laisser son inspiration voguer au grès du vent et faire place à un mélange de genres... Comme chez Godard, le simple évènement de la vie quotidienne a de l'importance... Il semblerait qu'il ait pris à la lettre l'assertion de Sartre "pour qu'un évènement devienne un aventure, il faut et suffit qu'on se mette à la raconter"... et notre réalisateur, pour faire plus réaliste, filme dans la rue, fait des mises en abîme, n'hésite pas à nous donner une image chaotique entrecoupée de gros plans sur les visages, de hors cadres etc.


black magic

Ouaip ! Bon, on n'est pas là pour parler de nouvelle vague et encore moins de Sartre ! Donc voilà ! Parallèlement à cet aspect artistique, nous avons l'histoire de "Baba Yaga", cette sorcière venue de loin et qui envahit la vie de notre petite héroïne. Celle-ci est assez vicieuse : elle tue à travers l'objectif de l'appareil photo de Valentina et en passant par le biais d'une poupée qu'elle lui a offert et qui déclencherait les phénomènes ! Comme ça : pas vu pas prise ! Et oui, comme vous pouvez le constater, les scènes étranges et fantasmagoriques sont elles mêmes complexes et fouillées, ce qui fait que parfois, on ne comprend plus rien à rien... De nombreuses scènes oniriques viennent aussi troubler la fluidité de l'histoire, scènes où des personnages nazis sont statiques, postés devant "Baba Yaga"... J'avoue ne pas avoir compris l'intérêt de ces scènes, peut être sont elles là juste pour nous faire comprendre que "Baba Yaga" est vraiment vraiment méchante ?


baba yaga

Toujours est il que la sorcière déclenche chez notre Valentina un remue ménage d'hormones, puisque celle-ci devient d'une sensualité à toute épreuve après cette fameuse rencontre : onanisme, scène d'amour avec le jeune homme auquel elle s'était refusée auparavant, lesbianisme, sado masochisme... mais attention, n'allez pas croire que c'est un film érotique ! tout est suggéré... étrange et fantasmagorique...
Alors, que conclure ?
Et bien que ce film est loin d'être rigolo ou de faire peur, il n'est pas mauvais mais n'est pas très bon. Il a des longueurs. Il n'est pas abouti. Cependant, il a ce "petit quelque chose" qui fait que l'on reste jusqu'à la fin... Peut être est ce l'ambiance... Peut-être qu'il entraîne une certaine curiosité, peut-être est-ce l'esthétique globale ? L'atmosphère ?
En tout cas, il s'agit d'un film agréable, à regarder tranquillement pour flâner et se laisser transporter par les images, sans trop chercher à comprendre ce que l'auteur a voulu signifier... A noter que la bande sonore est superbe, et qu'elle colle parfaitement à l'image ! Merci Monsieur Umiliani !


bloodyjane

Affiche(s)

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