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barbarella

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Aka: queen of the galaxy, barbarellaaaaaaah !

barbarella

Alors qu'elle retire sa combinaison spatiale, l'astropilote Barbarella est solennellement interpellée en vidéo conférence par le président de la terre. Nue comme un ver, elle s'entretient avec celui-ci qui lui confie un secret d'état. On apprend que depuis des centaines d'années, l'univers est pacifié, que la guerre a disparu et que le mot d'ordre est "love". Dans ce monde de paix, la disparition d'un certain Duran Duran inquiète au plus haut point les responsables de l'univers. Il est l'inventeur non pas du célèbre groupe de variété mais du "polyrayon 4" (une arme) et pourrait vendre son brevet à une région lointaine et primitive. L'instant est grave, car l'univers est susceptible de replonger dans "la chienlit archaïque", autrement dit dans la guerre ! N'ayant ni armée, ni police, le chef de la terre confie une mission à Barbarella : trouver Duran Duran et sauver la galaxie ! Pour ce faire, il lui fournit l'unique photo existante de ce savant, mais elle ne sert à rien puisqu'il porte un costume et surtout un casque de cosmonaute... Heureusement, le gouvernement a mis au point un détecteur de Duran Duran sonore et lumineux! En bonne citoyenne, Barbarella accepte la dangereuse mission qui lui a été confiée. Elle se pare d'une combinaison sexy et part vers cette mystérieuse région primitive...


queen of the galaxy

Et nous voilà entraînés dans ce qu'on pourrait appeler le voyage initiatique de la charmante et naïve Barbarella. Bien ancré dans son époque, les décors et les costumes y sont psychédéliques et kitchs à souhait. L'astronef de notre blonde héroïne est décoré de moumoute très épaisse marron, d'une statue représentant une femme grecque... bien sûr les ordinateurs de bord parlent et sont dotés de gros boutons qui font bip bip. Surtout, l'espace que l'on voit à travers le hublot ressemble au contenu d'une lampe lava...
Le générique est superbe : sous nos yeux éblouis, Jane Fonda plane en apesanteur et retire lascivement sa combinaison spatiale en se remuant doucement dans tous les sens. Le tout sur une musique pop fin 60 dont le chanteur de sa voix grave, sensuelle et traînarde nous annonce que "Barbarella is wonderfull" ( et c'est vrai !). Le plus grand réalisateur de clip n'aurait pas fait mieux.
Les références à la "philosophie" de l'époque sont nombreuses. Dans cet univers, rien n'a vraiment d'importance. Les hommes et les femmes ne se posent pas trop de questions, ils sont heureux comme des hippies libérés, ils font l'amour pas la guerre, sont sous extase et changent de tenue toutes les 5 minutes.


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Et le monde que Barbarella va explorer est composé de personnages extraordinaires. On y trouve des enfants jumeaux qui ne se promènent que par paire, le trac'mioche (une espèce d'homme des cavernes vêtu de peau d'ours qui initie notre blonde intrépide aux plaisirs du corps), un ange aveugle en guise de prince charmant, un professeur "Ping", une sombre reine du plaisir nommée le grand tyran... Les univers sont plus oniriques les uns que les autre, on entre dans le grand royaume du merveilleux, du fabuleux, du kitch ! On y trouve des objets mystérieux, comme le piano qui tue de plaisir (qui sera inefficace sur Barbarella et qui explosera devant son impudeur) ou des éléments étranges comme le matmos, sorte de fleuve inconsistant qui dévore les êtres...
Certains décors sont somptueux, et Roger Vadim n'a résolument pas manqué d'imagination. Dans le labyrinthe de la cité des rêves, au brouillard enivrant, les habitants se confondent à la pierre, sont scellés les uns aux autres. A Sogo, le royaume du grand tyran (appelée aussi la putain borgne), les femmes sont lascives, fument sur des tapis en peau de vache, les hommes s'exhibent dans des bocaux remplis d'eau. C'est le règne du soupir, du phantasme et du jeu... Mais le rêve se fait parfois cauchemar, quand par exemple Barbarella est la proie de poupées assoiffées de sang qui ne pensent qu'à la manger, cette scène étant tout à fait impressionnante.


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Le ton général est donc second degré et édulcoré. On sent que Roger Vadim n'a pas manqué de moyens. Il s'est également entouré d'acteurs charismatiques. Pygar, l'ange aux allures d'éphèbe (John Phillip Law) a également joué dans "Diabolik" de Mario Bava, David Hemmings est le héros de "Profondo Rosso" (de Dario Argento) et l'illustre Mime Marceau ici très causant, joue le rôle d'un professeur illuminé. Les personnalités féminines sont légendaires : outre la célèbre Jane Fonda, on retrouve l'icône Rock'n'roll incarnant la libération sexuelle, Anita Pallenberg. Notons que cette personnalité, qui a maintes fois défrayé la chronique, a joué au côté de Mick Jagger dans "Performance" (sorti en 1970) : un film parlant de sexe de drogue et de rock'n'roll. Traînant dans le milieu rock, elle fut la compagne officielle de Keith Richards mais avait des relations "privilégiées" avec les autres membres des Rolling Stones (Jagger et Brian Jones) pour lesquels elle fut, selon la légende, une source d'inspiration, voire plus... La subversive muse ne pouvait qu'endosser le rôle de la reine de la chambre des phantasmes ! Et elle colle parfaitement au rôle.


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Un beau casting très underground donc, et une Barbarella habillée en prime (à la fin du film) par Paco Rabane. La BO est de qualité, la réalisation créative. Jane Fonda y est sublime (dans la version française elle a même un joli accent américain qui ajoute à son charme), joue admirablement bien son rôle d'héroïne naïve qui veut sauver le monde.
Aussi, "Barbarella" est une oeuvre surprenante, surtout de la part de Roger Vadim. On est bien loin ici d'un sérieux "Et Dieu Créa la Femme" ou d'un "Repos du Guerrier", si ce n'est les deux actrices principales qui sont physiquement similaires. D'ailleurs, "Barbarella" est considéré comme l'un de ses films les plus insignifiants. A tord je trouve. Bien qu'il ne soit guère très sérieux, ce film est loin d'être négligeable. Son réalisateur s'est lâché pour notre plus grand plaisir et nous livre un film plein d'humour, léger, euphorisant et psychédélique. Il est une bouffée d'air frais dans le monde austère où nous vivons !
Un film culte qui respire la joie de vivre, bon pour la santé, à voir et à revoir sans modération.


bloodyjane

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