* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

man who fell to earth (the)

man who fell to earth (the)
Aka: l'homme qui venait d'ailleurs

man who fell to earth (the)

Thomas Jerome Newton, alias David Bowie, échoue sur terre vêtu d'un imperméable. Cet extraterrestre s'est donné une mission : sauver sa petite famille. En effet, celle-ci vit sur une planète qui s'assèche irrémédiablement et sans apport d'eau extérieur, tous les habitants s'éteindront.
Aussi, il construit avec succès un empire économique : la "World Enterprises" en développant un brevet original et innovant, aidé d'un savant et d'un avocat spécialisé dans les brevets. Il rencontre également Mary-Lou, jeune femme désaxée et alcoolique. Sous le charme de cet être si différent, elle l'accompagnera durant son séjour, avec l'espoir secret qu'il restera sur terre...
Les sommes colossales d'argent accumulées par sa multinationale lui permettent de mettre en place son projet : construire un vaisseau spatial pour regagner sa planète, et sauver sa femme ainsi que ses deux enfants qui se meurent de déshydratation.
Mais les terriens ne sont pas prêts de le laisser partir...


l'homme qui venait d'ailleurs

"The Man Who Fell to Earth" a tout d'un film culte. Assurément, Nicolas Roeg y a mis tous les ingrédients.
A commencer par l'acteur choisi pour incarner cet étrange alien, le subversif David Bowie. Nicolas Roeg n'est pas à son premier coup d'essai, six ans plus tôt, ce même réalisateur filmait Mick Jagger et Anita Pallenberg dans "Performance", son premier film, film culte également sur fond de sexe, de drogue and de rock'n'roll.
Un David Bowie impressionnant physiquement. Notons qu'à l'époque, il use et abuse de drogues en tout genre ce qui lui donne à la fois cette pâleur impressionnante, mais sans doute aussi, cet air détaché, absent, qu'il gardera tout au long du film. Ainsi, qu'il joue véritablement ou non son rôle, David Bowie incarne à merveille ce personnage énigmatique qu'est Tommy, que ce soit physiquement ou de par sa présence cinématographique. D'une élégance rare, cet être longiligne, différent, à l'oeil vairon et aux cheveux rouges flamboyants, s'impose à la caméra dans toute sa splendeur, vêtu ou nu, toujours superbe, envoûtant la pauvre MaryLou et la spectatrice que je suis...


man who fell to earth (the)

Mais cet être qui semble si fragile ne semble pas dispenser de sentiments. Incapable de haïr comme d'aimer, il traverse la vie des autres protagonistes qui en font les frais. Il n'arrive pas à s'intégrer, et finit par être rejeté, voir détruit, par la société.
Bref, il est au sens propre comme au sens figuré un "étranger". Tombé sur terre.
Déphasé, il développe des peurs incontrôlables, ne supporte pas les ascenseurs, qui le font saigner du nez, et passent des heures, devant une dizaine de postes de télévision, qui font un capharnaüms insupportable. Ces postes de télévision semblent également le relier à sa planète. A travers ces tubes cathodiques il voit régulièrement, comme des hallucinations, les silhouettes de sa femme et de ses enfants l'accompagnant "au train" qui l'a amené jusque la Terre.
Par ailleurs, tous les personnages qui peuplent "The Man Who Fell to Earth" sont plus ou moins décalés, plus ou moins fragiles, plus ou moins adaptés à la société.
Ainsi, intrinsèquement et tout en douceur, Nicolas Roeg tisse sa toile sur un fond de satire sociale et dénonce ce monde économique et brutal. On sent un malaise ambiant. Mary Lou est une paumée alcoolique, l'avocat myope et homosexuel qui gère exclusivement les brevets de Tommy se dispute régulièrement avec son compagnon à cause de cette exclusivité, le compagnon passe son temps à cultiver ses pectoraux et s'attache à son image, le savant est malgré lui attiré sexuellement par ses jeunes élèves... Toujours est il qu'ils sont véritablement touchants, ces paumés, tout comme 'notre homme venu d'ailleurs'.


l'homme qui venait d'ailleurs

Dans ce film, je l'ai dit plus haut, Nicolas Roeg a intégré tous les ingrédients du film culte.
Typique d'une époque, de cette folle époque des seventies, "The Man Who Fell to Earth" est constitué comme une espèce de kaléidoscope. L'histoire est minimaliste, elle a une structure elliptique. Elle se laisse deviner plus qu'elle ne se dévoile, au gré des absences du personnage principal. On passe donc d'une scène à l'autre sans réelle explication.
Le montage suit cette volonté esthétique, et la caméra oscille également entre les mondes, les mouvements de caméra sont doux et singuliers, donnant cet aspect atmosphérique, psychédélique, symptomatique de l'époque.
Des passages délirants et décalés sont insérés ça et là, nous montrant par exemple Mary Lou et Tommy se tirant dessus avec des balles à blanc pendant leurs jeux érotiques, ou encore nous montrant David bowie se caressant les bouts de seins devant son miroir...
Nicolas Roeg, on le sent, a beaucoup misé sur l'esthétique de son film pour créer une ambiance particulière.
D'autre part le fond sonore participe pleinement à cette atmosphère, mêlant les morceaux atmosphériques composés pour l'occasion par John Phillips et Stomu Yamashta avec des morceaux d'Anthologie, comme "Blueberry Hill" joué par Louis Armstrong ou encore le célèbre "Try To Remember" de Tom Jones et Harvey Schmidt.


man who fell to earth (the)

Ainsi, Nicolas Roeg a réussi à nouveau, après "Performance", à réaliser un film qui deviendra culte.
Témoin d'une époque, il est suffisamment décalé et subversif pour rester dans les annales du cinéma. La présence du fabuleux David Bowie ne fait que rajouter aux charmes de ce film qui en ressort grandi.
La réalisation tient la route et le film nous dessert de belles images, doucement chaotiques, légèrement psychédéliques, sans jamais tomber dans l'excès et la caricature des années 70.
Nicolas Roeg nous offre là un film de pure science fiction.
Un grand voyage dans l'univers de David Bowie, donc, qui dure deux heures et dix huit minutes, sans qu'aucune seconde ne lasse le spectateur. Quel beau tour de force !


bloodyjane

Affiche(s)

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