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koroshiya 1

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Aka: ichi the killer

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Anjo, grand chef d'un clan yakuza, a disparu. Amputé de son leader, le clan se cherche. D'autant que le big boss est parti avec une somme d'argent assez colossale !
Les plus loyaux de ses sbires partent à sa recherche, à commencer par Kakihara, son meilleur tueur, qui a la particularité d'avoir des penchants sado-maso et un sourire peu avenant.
Parallèlement, de nombreux yakuzas sont retrouvés morts, atrocement mutilés, et un nom commence à circuler dans le milieu : Ichi.
En effet, tous ces méfaits morbides seraient l'oeuvre d'Ichi, le tueur au sadisme inimaginable, qui agit pour on ne sait qui, et que personne n'a jamais vraiment vu.
Si c'est Ichi qui a tué le big boss Anjo, alors Kakihara sait qu'il doit retrouver ce Ichi. Et le lui faire payer.
Même s'il sait aussi qu'il est le prochain sur la liste.


ichi the killer

On vous aura prévenu : "Ichi the Killer" est gore.
Gore, violent, et qui plus est sadique, ce qui ne le met pas à la portée de tous les coeurs, les plus fragiles se redirigeront plus sûrement vers les productions occidentales de type "Scream", qui ressemblent étrangement à "Bambi" face à cet ovni grand-guignol (Quoi que... la scène où la mère de Bambi meurt restera toujours insoutenable ! ).
En même temps, c'est ce côté sadique, malsain, décalé, qui a donné à Takashi Miike sa renommée outre japon.
Renommée qui ne se limite heureusement pas à cette part 'sombre', puisque le monsieur est surtout un très bon réalisateur de cinéma, avec un C majuscule.
Takashi Miike avait déjà tâté à l'univers yakuza dans ses précédents films. On retiendra en particulier l'étrange "Dead Or Alive", qui , lui non plus, ne faisait pas dans la dentelle.
Mais là où "Dead Or Alive" explorait essentiellement la personnalité de deux personnages, "Ichi the Killer" nous offre plutôt une galerie de personnages atypiques, complètement déjantés, voire déphasés.


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De Ichi, le tueur psychotique, en passant par des frères jumeaux (l'un étant expert en torture, l'autre en... reniflage ?), à Jijii l'ancien flic culturiste et hypnotiseur... bref, tous les personnages sont plus fous les uns que les autres.
Magnifique casting d'ailleurs : le grand Shinya Tsukamoto, réalisateur de "Tetsuo" et de "Bullet Ballet" (entre autres) dans le rôle de Jijii; et Nao Omori (Ichi) qu'on croise de plus en plus souvent dans des films de qualité. Enfin, comment oublier Kakihara, le tueur masochiste, interprété par l'inégalable Tadanobu Asano ("Last Life in the Universe"), très graphique avec son sourire "tranché", qui figure sur la quasi totalité des jaquettes ? Bien que parlant peu, c'est le plus abouti des personnages, bien plus que Ichi qui reste assez mystérieux, quoi qu'omniprésent.
Visuellement, le film est assez créatif, sans toutefois être révolutionnaire. Tiré d'un manga de Hideo Yamamoto, Takashi Miike reconstruit une ambiance très BD, avec ces personnages typés, ces situations ubuesques, etc.
Les effets spéciaux et gores sont de qualité, et on aura tout à loisir de détailler moult mutilations et scènes de meurtres : auto-découpage de langue, jet d'huile sur un type soutenu par des crochets, découpages de jambes et de corps, tas de viscères, etc... Le film ne fait pas dans le détail : le sang et la tripaille se jettent par seaux entiers. Etrange mélange : pas mal de scènes sont de l'ordre du cartoon et provoque le rire. D'autres sont à peine désamorcées par ce côté second degré, notamment certaines envers les femmes dont on ne sait jamais réellement si elle sont les victimes ou les bourreaux.


ichi the killer

L'histoire est minimale mais on n'en demande pas plus; le rythme assez inégal, mais nous retient suffisamment pour ne pas nous ennuyer. Alors, que demander de plus ?
Eh bien... il manque quelque chose. En considérant les quelques films de Takashi Miike que j'ai vu (il produit tellement que c'est assez dur de le suivre), "Ichi the Killer" sonne étrangement 'creux'.
Dans ses précédents films, le sadisme, la scatophilie, le gore servaient des personnages, une profondeur, voire une certaine réflexion.
"Ichi the Killer", lui, fonctionne plutôt sur l'accumulation. Accumulation de personnages, accumulation de scènes gores. On assiste à un empilement, assez réussi et assez homogène d'ailleurs, mais au final les personnages restent étrangement lisses.
Bien sûr, les personnages principaux sont un peu plus développés : l'attrait de Kakihara pour son maître, sa fascination pour la douleur (la sienne et celle des autres), son côté spectateur du film ( voir réalisateur : est ce que Kakihara ne serait pas un peu Takashi Miike ? ). La personnalité trouble de Ichi, pleurnichard inconséquent, hanté par des images de viol et manipulé par Jijii... Mais la réflexion n'est pas poussée bien loin.


koroshiya 1

"Ichi The Killer" est un pur produit de cinéma de catégorie B. Il se regarde comme tel, et fournit un certain plaisir. Amusant, assez second degré, cartoonesque et gore au possible, il ravira bon nombre de spectateurs en quête de sensations fortes.
Dommage cependant qu'il manque ce petit quelque chose qu'on trouve généralement dans les films de Miike, et je pense notamment à l'excellent "Visitor Q", qui, malgré de nombreux défauts et des scènes assez... iconoclastes, restera gravé dans ma mémoire comme un pur film de cinéma.
"Ichi The Killer" est lui plus lisse, finalement plus "politiquement correcte" (quoi que jusqu'au-boutiste), car il n'exprime pas véritablement d'idée ni n'explore l'humain, si ce n'est quelques embryons de réflexions sur le corps, la douleur et le plaisir.
Se contentant d'une énumération de scènes, on se laisse avoir par le côté accumulation, empilement de scènes, de personnages, de gags, qui confèrent à l'ensemble du film ce côté très manga qui plaira à beaucoup. D'ailleurs, "Ichi the Killer" fonctionne assez bien, et offre une belle homogénéité.
Plaisant, mais Miike nous a habitué à mieux.


maht

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