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dead and buried

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Aka: réincarnations, dead & buried

dead and buried

'Potters Bluff' est une charmante bourgade en bord de mer, un de ces villages paisibles où il fait bon vivre.
Un jeune photographe, de passage dans le coin, profite d'ailleurs du pittoresque du lieu pour faire quelques clichés. Sur la plage, il sympathise avec une jeune fille, qu'il commence à photographier. Soudain, une bonne dizaine de personnes lui tombent dessus, l'accrochent à un arbre et y mettent feu, le tout étant photographié.
Ce meurtre est le premier d'une longue série, ce qui n'est pas normal pour un village de l'envergure de 'Potters Bluff'. Le Shérif décide de mener l'enquête.
Mais des choses étranges s'ajoutent à ces meurtres. Ainsi, de nouveaux habitants s'installent au village, et la femme du Shérif, institutrice, semble s'intéresser de près à la magie noire.


réincarnations

"C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villa-a-ages"...
D'ailleurs, le cinéma fantastique et d'horreur a eu tout lieu de nous en raconter des vertes et des pas mûres sur les 'ploucs' qui y vivent. Du gore "2000 Maniacs" en passant par l'envoûtant "The Wicker Man" ou encore le nanaresque "Invasion of the Blood Farmers", on trouve pléiade de films narrant par le menu les pires coutumes folkloriques.
Et pourtant, ce sujet, bien que maintes et maintes fois utilisé, reste efficace. Diablement efficace même, et "Dead & Buried" nous en offre une preuve indéniable.
La scène d'ouverture est à la fois banale (une jeune fille drague un homme, puis le tue) et surprenante. D'abord, parce qu'on voit le visage des très nombreux tueurs. Mais surtout, on les reconnaît ensuite dans le village, attelés à leurs tâches, doux comme des agneaux. Comment ces personnages, si joviaux, peuvent-ils commettre de tels meurtres. Et surtout, pourquoi ?


dead and buried

D'entrée, "Dead and Buried" offre donc, un léger décalage. Point d'hystérie collective à la "2000 Maniacs", mais plutôt une sorte de rituel froid, mesuré, et qui plus est, filmé et photographié. Vous vous dites sûrement : magie noire, vaudou, et 'tutti quanti', rien de bien nouveau. Hé bien, pas vraiment ! Mais je n'en dirais pas plus.
Et c'est bien là qu'est la véritable force de "Dead & Buried" : on assiste à de nombreuses choses, pratiquement rien ne nous est caché, et pourtant, on a du mal à coller les morceaux ensembles. Car le film nous balade intelligemment, jouant des codes du fantastique et de l'horreur.
D'abord, les étrangers qui sont sacrifiés réapparaissent dans la ville... Les morts-vivants, vous connaissez sûrement : ça perd des bouts de viande, ça avance lentement et en gémissant. Par contre, c'est rare que ça reprenne une vie normale, que ça vous fasse le plein à la station service du village. Pourtant, c'est bien ce qu'il se passe pour le pauvre photographe, mort au début du film.
Assez déstabilisant...


réincarnations

Si on accroche à "Dead And Buried", c'est aussi car la réalisation colle parfaitement à l'histoire. Gary Sherman glisse insidieusement cette atmosphère particulière, cette humeur étrange, contrastant violence et langueur, ce qui n'est pas sans rappeler parfois une sorte de "Twin Peaks" allégé. Le tout sur une musique qui met dans l'ambiance, et ce dès les premières secondes du film.
Quelques acteurs intéressants, un micro-rôle pour Robert Englund, mais on retient essentiellement James Farentino dans le rôle du shérif tourmenté par ce qu'il arrive à son petit village.
Et il s'en passe des choses : les meurtres sont somme toute assez violents. Dépeçage d'une femme par un thanatopracteur, oeil percé par une seringue, visage fondant sous l'acide, autant de joyeusetés sont au programme, mais attention : rien d'extrêmement gore (quoi que), l'essentiel fonctionnant justement par l'alternance d'horreur et de quiétude.


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Mais que se passe-t-il dans ce satané village ?
Bien sûr, le fan d'horreur moderne n'y trouvera pas son compte. Il trouvera peut-être cela un peu longuet, l'intrigue déjà vue, ou les retournements de situations très prévisibles.
Pourtant, remis dans son cadre (le début des années 80), "Dead & Buried" est un vrai bon petit film. Pas un de ces films grandioses qui vous chamboulera. Non, un de ces petits films que vous prendrez plaisir à regarder de temps à autre, sans trop se prendre la tête.
Tout en humeur, jouant avec les codes, offrant quelques scènes violentes, mais surtout une histoire et des personnages intéressants, on se laisse bercer par ce trop calme village et les si violents meurtres qui y sont commis.
Quant au fin mot de l'histoire, le pourquoi du comment (qui n'a d'ailleurs pas un grand intérêt comparé à la globalité du film) : cela est si doucement et chaleureusement abracadabrant... qu'on lui pardonne aisément !


maht

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