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don't open the door !

don't open the door !
Aka: seasons for murder, don't hang up

don't open the door !

Amanda Post reçoit un mystérieux coup de fil anonyme lui annonçant la grave maladie de sa grand mère et lui conseillant de venir le plus vite possible. Celle-ci se rend immédiatement à son chevet et décide de s'installer dans la lugubre demeure familiale... dans cette même demeure où 13 ans auparavant, alors qu'elle était une enfant, elle avait été le témoin du meurtre de sa mère.
Son arrivée semble déranger plusieurs personnes, "proches" de la grand mère : le juge Stemple, le docteur Crawther ainsi que Claude Kearn, propriétaire d'un musée de la poupée. Ces voisins tiennent à garder une main mise sur la grand mère et surtout, sur la maison, qu'ils voudraient récupérer. Mais Amanda, toute jeune qu'elle est, est bien décidée à rester s'occuper de la mamie et à reprendre les choses en main.
Bientôt, elle reçoit des appels d'un pervers et entend des bruits à l'étage de la maison...
Quelqu'un lui voudrait-il du mal ?


seasons for murder

Et nous voilà entraînés dans l'histoire d'Amanda. Tout le film va tourner autour de ce personnage central, de cette jeune blondinette si forte et si fragile à la fois. Elle constitue le fil directeur : elle sera la jolie proie d'un invisible sadique qui la torturera psychologiquement du début à la fin. Ainsi, il y a très peu de séquences dans lesquelles elle n'apparaît pas. L'intrigue est par conséquent minimaliste et peu consistante.
Il fallait donc une actrice de taille pour incarner ce personnage, et Susan Bracken y réussit plutôt bien, malgré son manque d'expérience. Son jeu, parfois distant, parfois torturé, parfois désaxé colle parfaitement à l'intrigue et à l'univers créé par S.F. Brownrigg.
Il s'amuse donc à la présenter, sa petite poupée rebelle, parfois comme une jeune fille candide toute vêtue de rose, parfois comme un objet sexuel parée de rouge vif. Tout ceci sous l'oeil attentif du sadique présent dans la maison mais invisible, qui l'observe par quelques ouvertures ça et là.


don't open the door !

S.F. Brownrigg semble d'ailleurs très inspiré par un autre réalisateur de films à suspense, à savoir : Hitchcock, autant par les clins d'oeil cinématographiques que par le choix de son héroïne. En effet, l'image du meurtrier, maquillé comme une poupée, habillé en vieille dame, n'est pas sans rappeler le meurtrier de "Psycho" et de nombreux plans, notamment les contre plongées d'escaliers en colimaçons, font échos au célèbre "Vertigo". Et l'héroïne, blonde aux yeux bleus, a la froideur des poupées qui peuplent les films du célèbre cinéaste.
Ceci colle bien à l'ensemble et "Don't Open the Door !" est bien plus un film atmosphérique qu'un simple film d'horreur et de "traque au téléphone" comme peuvent l'être la série des "Scream".
De même l'allusion constante de poupées et de mannequins, ainsi que le générique, résonnent comme un hommage à "Profondo Rosso" de Dario Argento.


seasons for murder

En effet, S.F. Brownrigg a soigné la réalisation.
Les filtres rouges, verts et bleus contribuent à développer un aspect onirique de l'ensemble. L'esthétique même du film tend à brouiller les pistes et l'intrigue. Ce qui fait que même si l'on connaît l'identité du sadique dès la seconde moitié du film, l'intérêt continu : on se demande jusqu'à la fin si ce qui se déroule sous nous yeux est réellement vécu par Amanda, ou juste fantasmé.
La tension augmente progressivement avec les appels téléphoniques qui reviennent en leitmotiv. La bande son contribue également à ce phénomène.
Les autres personnages aussi participent à cette pression scénaristique : ils sont impressionnants et charismatiques, ils ont tous des petites manies malsaines et semblent sortir tout droit d'un asile de fou. Enfin, la grand mère malade est tellement rigide et sans expression qu'elle prend parfois l'aspect d'une morte ou d'un mannequin de cire...


don't open the door !

Aussi S.F. Browning n'en est pas à son premier coup d'essai. Il avait déjà réalisé "The Forgotten", plus connu sous le titre racoleur de "Don't look in the Basement", un film d'horreur également particulier, quelques temps auparavant.
"Don't Open The Door" est dans la même veine et on sent la patte si singulière de ce réalisateur. Celui-ci est bien moins accessible que son précédent film et peut paraître par ses répétitions constante un peu ennuyeux.
Néanmoins, il est selon moi bien plus attachant et présente un intérêt certain. Esthétiquement réussi, il a cette particularité de rester en demie teinte jusqu'au final. Un final qui, comme "The Forgotten", est tout à fait surprenant (je ne vous dirais rien pour ne pas en gâcher le suspense).
Un petit budget intéressant à voir et plutôt bien réussi, qui aurait plutôt dû s'appeler : "Don't Answer The Phone"...


bloodyjane

Affiche(s)

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