* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

brood (the)

brood (the)
Aka: chromosome 3, la clinique de la terreur

brood (the)

Le Docteur Hal Raglan a inventé une nouvelle technique psychologique, la 'psychoplasmie', et s'est enfermé dans un hôpital où il s'occupe de ces patients, n'accordant que peu de droits de visite aux familles.
La femme de Franck, Nola, s'y fait soigner pour une névrose liée à sa mère. Malgré ses réticences pour les méthodes assez sectaires du Dr. Raglan, Franck amène sa fille (Candice) voir sa mère quand elle en a le droit de garde.
Mais un jour, la petite fille rentre couverte de bleus et de coupures. C'en est trop pour Franck, qui soupçonne sa femme de faire subir des sévices à la gamine. Mais impossible de soustraire l'enfant à la violence présumée de sa femme : une cohorte d'avocats lui retirerait tout droit de garde.
C'est alors que meurt la mère de Nola, pendant qu'elle gardait la petite Candice. Elle aurait été tuée par un enfant.


chromosome 3

"Chromosome 3" est le premier film de David Cronenberg à avoir un véritable budget. On aurait pu, vu ses précédents films ("Rabid" et "Shivers"), penser que le monsieur allait nous faire un film plein d'effets spéciaux gores, explorer à loisir son univers (chair/maladie/folie/sexe/etc.) dans des visions cauchemardesques....
Eh bien pas tout à fait. Certes, le film traite toujours de ces sujets, mais plus en filigrane. En fait, "The Brood" s'approche plus du drame familial que du film d'horreur pur et dur. D'où le titre, qu'on pourrait traduire par "La Progéniture", et non pas "Chromosome 3" comme l'a suggéré le 'traducteur fou'.
Film plus ou moins autobiographique, Cronenberg nous raconte l'histoire d'une famille qui part à vaux l'eau. La mère est franchement à côté de ses pompes et embrigadée dans la sorte de secte, le père ne sait plus s'il doit se battre pour garder sa femme ou sa fille, la grand mère alcoolique garde la plupart du temps la petite fille, qui se fait apparemment frapper. Comme tableau de famille 'doux-coeur', on a déjà vu mieux.


brood (the)

Cronenberg a donc eu un peu plus de moyens pour faire son film, et ça se voit. Il engage des acteurs corrects (une très bonne interprétation d'Oliver Reed d'ailleurs, dans le rôle du docteur), tous des seconds-couteaux habitués du cinéma et de la télévision.
Le tout est mieux monté que les précédents, plus soigneusement filmé, Cronenberg s'offre même une vraie musique, (assez agréable au demeurant) signée par Howard Shore. Musique qui marque les premiers pas d'une fructueuse collaboration, puisque Howard Shore signe depuis les bandes originales de tous les films de David Cronenberg (à l'exception de "Dead Zone").
Pour les effets spéciaux, cela se voit aussi. Bien qu'il n'y en ait que peu, les visions de Cronenberg prennent corps, et ne ressemblent plus à de vulgaires bouts de plastique peinturlurés.


chromosome 3

Mais, quelqu'un a parlé d'enfants tueurs ? Comme dans "Quién Puede Matar a un Niño ?" ou "Village of The Damned" ?
Ni l'un ni l'autre. Ici, les tueurs n'ont que l'air d'enfants. En sont-ce bien ? Je vous laisserai le découvrir... En tout cas, les meurtres restent tout de même assez violents et mystérieux.
Cronenberg joue peu de l'apparence enfantine, et ne veut pas, semble-t-il, choquer à tout prix en exhibant des gamins tueurs. En ce sens, une seule scène marque : quand deux des 'psychopathes en culotte courte' tuent la maîtresse d'école devant ses élèves. Mais on est marqué parce qu'on voit les enfants crier, pas parce que les présumés tueurs sont des enfants. Bref : là n'est pas le propos. C'est l'histoire qui prime.
Finalement, ces "petits monstres" sont exactement à l'image des autres personnages du film (et d'ailleurs comme tous les personnages des précédents films) : plutôt creux, il ne font que servir l'histoire. Histoire qui mène à une vision cauchemardesque, mais (malheureusement) sans surprise.


brood (the)

On parle souvent de "The Brood" comme du premier 'vrai' film de Cronenberg. C'est mal considérer ses deux précédents, qui abordaient, d'une manière plus crue (mais surtout par manque de moyen), les thèmes qui lui sont récurrents.
Le fait est que "The Brood" quitte les chemins balisés de l'horreur pure et dure pour un drame jouant plus sur les psychologies entre les personnages et le mystère que sur des effets sanguinolents. Grand bien lui fasse, car l'angoisse est finement distillée, particulièrement lors des séances de "psychoplasmie" qui font froid dans le dos. Pourtant, quelques (rares) temps morts viennent parfois gâcher le "plaisir" qu'on a à suivre le film.
Pour ma part, je ne peux m'empêcher, de ses trois oeuvres de jeunesse, de préférer "Shivers", le premier et le plus jusqu'au-boutiste des trois. Question de goût.
Mais "The Brood" n'en est pas moins un excellent film, avec une histoire solide et menée d'une main de maître, finissant sur une image qui restera gravée dans vos mémoires.
Un bon Cronenberg !


maht

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