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dr. black, mr. hyde

dr. black, mr. hyde
Aka: dr. black and mr. hyde, dr. black and mr. white, the watts monster

dr. black, mr. hyde

Le Dr. Henry Pride a installé son cabinet médical dans un quartier peu fréquentable de Los Angeles : le Watts. Ses patientes sont des prostituées du quartier, bien que le Dr. les méprise.
Parallèlement, il fait des recherches scientifiques sur la régénération des cellules, concoctant une potion qu'il administre, bien sûr, à ses petites bestioles de laboratoire. Le produit a un effet bizarre : il rend ses rats non seulement blancs comme neige, mais également très agressifs.
Malgré cela, Henry Pride décide tout de même d'administrer le produit à une de ses patientes, puis de l'essayer sur sa propre personne.
Et voilà notre brave "Doctor Black" qui se transforme la nuit venue en "Doctor White" !


dr. black and mr. hyde

Vous vous en doutez, le Dr. Henry Pride est de type afro américain et toutes ses patientes également.
Nous voilà donc replongés dans le mythe du "Dr Jeckyll et Mr Hyde" revisité cette fois version blackex. William Crain, le réalisateur, n'en est pas à son premier coup d'essai dans le remake des films d'horreur. Il avait déjà, quatre ans auparavant, réalisé : "Blacula", et transformé notre Dracula mythique en "vampire noir".
Un enième remake de "Dr. Jeckyll et Mr. Hyde", sous fond cette fois ci de satire sociale et entièrement joué par des acteurs noirs (si ce n'est quelques policiers).


dr. black, mr. hyde

D'emblée, la critique de la société fait son entrée. La prostituée que reçoit le Dr. régulièrement, qui est en fait la seule car le Dr. n'a pas l'air débordé de travail, accuse notre Henry Pride de ne pas être un vrai noir et de renier ses origines... Selon elle, il est tellement embourgeoisé qu'il a une voiture de blanc, une maison de blanc, et qu'il pense comme les blancs. Ah ! La réussite sociale crée de sacrés fossés dans les ethnies ! Elle joue aussi un jeu de séduction auquel le Dr. reste sensible, malgré son dégoût pour les prostituées.
Ainsi notre Dr. Black, toujours en costume cravate, évolue dans un contexte peu adapté à ses préjugés. Et pour nous le prouver, William Crain sort les stéréotypes : la boite de nuit et ses entraîneuses, l'éternel Pimp vêtu de sa cape, le vendeur de coke...
Il plaque ça et là quelques scènes de bagarres et voilà pour l'ambiance. Le tout étant bien cheap.


dr. black and mr. hyde

Et il n'y a pas que les décors et situations scéniques qui font "crève misère"... Notre pauvre Dr. Black en a pour son compte également. Blanchi à la farine après s'être injecté sa formule diabolique, les pupilles presque blanches, notre héros tient plus de l'albinos du pauvre que du méchant monstre qui veut tuer de la prostituée (la blanchitude semble rendre lâche puisqu'il s'attaque aux femmes).
Il a bien peu d'épaisseur notre personnage... la douleur du dédoublement de personnalité étant grossièrement évoquée, William Crain ne s'attarde pas sur cet état.
Ainsi au fil des longues minutes, le personnage perd de plus en plus de consistance, pour finir en bête qui ne sait plus que crier comme un goret en se tordant dans tous les sens.
D'ailleurs le final est un clin d'oeil énorme et quelque peu ridicule à King kong, puisque notre Henry Pride enfariné monte en haut d'une tour où il se fait canarder par des hélicoptères.


dr. black, mr. hyde

Bref, "Dr. Black, Mr. Hyde" est un fatras informe dans le fond et dans la forme. Il appose sans homogénéité les ingrédients du mythe du Dr. Jeckyll, les transposant à la sauce blaxploitation.
Et malheureusement, on ne peut se raccrocher à la bande son de ces films imprégnés des ghettos noirs des seventys qui, souvent, est là pour remonter le niveau. Car celle-ci, grande déception, est pratiquement inexistante. On est bien loin des petites perles sonores blackex du type "Shaft" ou "Coffy".
Malgré tout, le film est bien monté, les acteurs sont cohérents et la réalisation est correcte.
"Dr. Black and Mr. White" est décevant : il n'a ni la magie, ni l'ambiance, ni les défauts qui rendent touchant d'autres blaxploitation d'horreur, tel que "Blacula" ou "Sugar Hill"... Il n'a pas de réelle consistance et n'est ni assez raté, ni assez réussi pour constituer un mythe ou s'attarder dessus.
C'est juste un film à voir par curiosité et lorsque l'on a du temps à perdre.


bloodyjane

Affiche(s)

jaquette