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cat's eye

cat's eye
Aka: stephen king's cat's eye

cat's eye

On peut aimer ou détester Stephen King, mais on ne peut pas nier que ses nombreux romans ont apporté de l'eau au moulin du cinéma fantastique et d'horreur.
Maintes et maintes fois adapté, il en est sorti du très bon ("The Shining" de Stanley Kubrick, "Carrie" de Brian De Palma, "The Dead Zone" de David Cronenberg ou encore "Christine" de John Carpenter), mais aussi du mauvais (notamment dans des adaptations télévisuelles fleuve).
Mais c'est oublier que Stephen King est aussi un fameux auteur de nouvelles, comme par exemple celles qui servirent de base à "Creepshow".
Deux ans après avoir adapté "Cujo", Lewis Teague se lance donc dans la version cinématographique de deux nouvelles issues du recueil "Danse Macabre" ("Night Shift" pour les anglophones). Pour lier le tout, le prolifique Stephen King pond une histoire originale.
Elle met en scène un chat appelé à sauver une petite fille d'un petit monstre malin. Sur son chemin, ce chat tigré rencontrera Dick, un homme voulant arrêter de fumer, et Cressner, un professionnel des paris les plus fous.


stephen king's cat's eye

Tout commence donc par l'histoire de Dick qui veut arrêter de fumer. Justement, un ami lui conseille une clinique spécialisée, "Quitters Inc.". Quand il arrive dans le bureau de la clinique, Dick est mis devant le fait accompli : soit il arrête immédiatement, soit il s'expose à quelques punitions. S'il fume une cigarette, on mettra sa femme dans une cage au sol électrifié. A la deuxième cigarette, on mettra sa fille dans la même cage. A la troisième cigarette : on violera sa femme. Etc.
Tiré de la nouvelle "Desintox Inc" ("Quitters Inc." en VO), ce segment est sans doute mon préféré. Pas parce qu'il est techniquement supérieur aux autres... Mais plutôt parce que j'ai arrêté de fumer il y a peu. Alors, vous comprenez, retrouver cette ambiance chaleureuse de soirée où vous êtes le seul à ne pas fumer, les images d'envies incontrôlables, etc. Ca rappelle des souvenirs !
Assez abracadabrante, l'histoire fonctionne parfaitement, et l'humour potache (lourd) qui colle à tout le film est assez peu présent. Le tout est porté par un James Wood parano, terrorisé au moindre bruit.
Pas transcendantal, mais amusant.


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Le second segment nous raconte comment Johnny va devoir se départir de la situation dans laquelle il s'est empêtré : ce jeune professeur de tennis vit en effet un idylle inavouable avec la femme d'un gros ponte et parieur invétéré. Quand celui-ci découvre la scandaleuse supercherie, il propose à Johnny un pari : s'il fait le tour de la petite corniche qui sertit l'immeuble dans lequel ils sont, il pourra repartir avec sa femme et un beau paquet de pognon. Sinon : pfuiiiiiiiii dans le vide...
Tiré de la nouvelle "La Corniche" ("The ledge"), ce segment est un 'pari' risqué : tenir le spectateur 30 minutes en haleine, le temps que le type fasse le tour de la corniche pour empocher son argent et sa femme. Bien sûr, il va lui arriver moult péripéties et force désagréments pour que le compte y soit.
Finalement, et malgré un casting agréable (Robert Hays jouant le gentil tennisman et Kenneth McMillan, excellent dans le rôle du méchant parieur), le pari est en partie manqué (ou en partie réussi, si vous êtes optimiste). L'humour potache revient à la charge, un peu moins discret que dans le premier segment. On ne s'ennuie pas vraiment, et le segment n'est pas désagréable. Mais la tension psychologique passe singulièrement à l'as, ce qui est dommage. Finalement, on ne vit qu'un grande cascade, sans ressentir ce qu'il devrait se passer dans cette tête, à 300 mètres au dessus du sol. Dommage.


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La dernière histoire est donc celle de ce chat tigré (répondant au ronronnant nom de General) qui arrive enfin chez Amanda, la petite fille persécutée par une sorte de petit monstre.
La mère ne veut pas du chat dans la maison, en particulier la nuit (la fameuse légende des chats qui avalent le souffle des enfants). Grossière erreur, puisque c'est un petit troll qui veut en fait prendre le souffle d'Amanda ! Oh la la, quelle histoire !
Une nuit, alors que le vilain monstre boulotte la perruche d'Amanda, General passe par la fenêtre et arrive à la rescousse. Mais trop tard ! La maman furieuse, pensant que c'est General qui a mangé la perruche, amène le chat à la fourrière. Amanda est maintenant à la merci du petit troll sanguinaire.
A croire que Stephen King est meilleur écrivain que scénariste, car ce volet est, et de loin, le plus mauvais (ou le moins bon, si vous êtes optimiste) et lie assez mal les trois sketchs. Remplie de grosses ficelles, cette histoire de monstre du placard ne colle pas avec l'ambiance du reste du film, à l'humour noir-clair assez agréable.
Entre le conte enfantin et et le sketch potache assez lourdingue, on s'ennuie. Et ce n'est pas les effets spéciaux qui relève le tout. Bref, pas terrible.


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La réalisation de sieur Lewis Teague est, comme je l'ai dit plus haut, assez sobre. Ni bonne ni mauvaise, le tout est de coller à l'histoire, de ne pas perdre le spectateur en route et que tout soit bien clair. Quelques scènes auraient pourtant mérité un peu plus, comme l'hallucination de James Wood, voyant des cigarettes partout...Dommage.
La chose la plus gênante du film reste sans doute son thème musical, signé par un Alan Silvestri sûrement sous payé ou malade. Criarde, synthétique, grandiloquente, j'ai rarement entendu aussi mauvaise musique sortir de son Bontempi. Enfin, tout le monde ne peut pas être Henry Mancini, Bruno Nicolai ou Ennio Morricone...
"Cat's Eye" est finalement un 'recueil' assez inégal. Les deux premiers segments sont loin d'être de la qualité d'un "Creepshow" (de George A Romero) mais restent assez plaisants et divertissants, sans être techniquement exceptionnels. Mais l'histoire finale, assez lassante, est trop molle pour qu'on y adhère totalement.
"Cat's eye" est donc amusant pour les après midi pluvieuse en famille, étant donné qu' il n'y a pas vraiment de sang ni d'effet gore.


maht

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