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demon seed

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Aka: génération proteus, proteus generation

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Le docteur Harris est un scientifique heureux, puisqu'il vient d'arriver, au terme d'années de recherche, à son but. Proteus IV est son super ordinateur, capable de penser, de parler, de voir, mais de façon bien supérieur à un être humain.
Mais le Dr Harris a une blessure en lui. Il a perdu sa petite fille, il y a quelques années, d'une leucémie. C'est pourquoi il a mis tous ses espoirs dans ce super ordinateur, au point de délaisser sa femme, Susan, pour qui il devient une sorte d'étranger.
Aussi, Susan se retrouve seule dans la maison remplie de gadgets inventés par son mari. Enfin, pas tout à fait seule : la maison est complètement automatisée, et contient en son sein une forme basique de Proteus, "Alfred", qui fait office de majordome virtuel.
Pendant ce temps Proteus IV trouve le vaccin contre la leucémie en seulement 4 jours. Mais il prend aussi conscience de ce qu'il est, et de ce qu'on attend de lui. Il comprend qu'il ne sera jamais un homme, qu'il n'aura jamais de descendance. Il comprend qu'il va devoir pirater la maison du Dr Harris, et infiltrer la demeure pour, enfin, travailler sur son unique désir : un enfant.


génération proteus

"Demon Seed" prend quinze longues minutes pour s'installer, et je vous le dis tout de suite : c'est l'unique reproche qu'on pourra lui faire, d'autant que ces minutes ajoutent une dimension à la psychologie des personnages.
D'abord, l'histoire pourrait sembler bien terne : le coup du méchant ordinateur est un classique qui date un peu. Ce qui l'est moins, c'est la façon dont tout le film est 'tourné'.
Proteus IV s'infiltre dans la maison, ferme toutes les portes, et dès lors, tout se passe en huis clos. Assez étouffant d'ailleurs : la demeure devient une sorte de maison hantée par un esprit machiavélique, omniprésent par ses caméras et ses haut-parleurs, qui fera tout pour contraindre Susan à accepter d'être la mère de son enfant. Quelle étrange idée...
Le postulat de base est convaincant, ce qui l'est moins, c'est d'arriver, et sans être ridicule, à rendre crédible cette fécondation d'une femme par une machine.
Incroyable mais vrai : "Demon Seed" y parvient.


demon seed

Et pourtant, tout n'est pas gagné d'avance : quand on voit Proteus faire sa petite mayonnaise pour se construire un "corps", on a comme un doute. On sent venir le robot humanoïde, ce qui est mauvais signe... Mais non !
Au contraire, magistrale idée, le corps qu'il se fabrique n'est pas un corps aux dissonances humaines, loin de là : il se constitue un corps tout ce qu'il y a de plus mathématique, composé de multiples prismes et autres parallélépipèdes (ça nous fera réviser nos math).
Là encore, le doute peut s'installer, mais je peux vous dire que les effets spéciaux, quoi qu'assez sommaires, sont complètement bluffants pour l'époque. D'autant que ce "corps" est utilisé avec parcimonie, et que l'essentiel de l'intrigue sera psychologique.
Tout le film évite ainsi les écueils habituels du genre, et ne cède jamais à la facilité (à part une scène peut être, où un savant réussit à entrer dans la maison et se fait tuer aussitôt...).


génération proteus

Donald Cammell (mais surtout Robert Jaffe et Roger O. Hirson, les scénaristes) a su tirer l'essentiel du roman de Dean R. Koontz dont le film est tiré. Car finalement, la majeure partie de "Génération Proteus relève plutôt du thriller psychologique que du film de science fiction pur et dur. L'entrée du fantastique n'est que le fruit de l'agresseur, qui est ici un ordinateur au lieu d'un homme.
Et alors qu'on s'habitue un peu à cet état de fait, 'Patatra' : toute la partie suspense/ thriller s'effondre, et le film devient une sorte de rebondissement monumental, et prend des chemins impensables.
Susan accepte un deal avec l'ordinateur, et devient une sorte d'assistante, quoi que contrainte. La scène de l'insémination, si elle reste complètement chaste (bande de pervers), est totalement déjantée, et précède une métaphore de la conception basée sur un enchaînement d'images abstraites générées par ordinateur... Du pur délire métaphysique !
Le film se terminera d'une façon assez surprenante, disons plutôt étrange, mais pas déplaisante du tout


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Peu d'effets spéciaux, beaucoup de psychologie. Cocktail qui se pourrait dangereux, mais qui est ici parfaitement maîtrisé.
Bref, "Demon Seed" (" Génération Prothéus ") est une petite perle du cinéma fantastique et de la science fiction, bien écrit, ne cédant jamais à la facilité, et rondement mené.
Ne vous laissez pas avoir par le petit quart d'heure mollasson au début du film et foncez !
Vous ne regarderez plus jamais votre ordinateur de la même façon.


maht

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