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serpent and the rainbow (the)

serpent and the rainbow (the)
Aka: l'emprise des ténèbres

serpent and the rainbow (the)

Le docteur Allen, un jeune et fringuant anthropologue tout droit sorti d'une publicité pour les shampoings anti-pelliculaires et crédité par une richissime société pharmaceutique, se voit confier la délicate tâche que d'enquêter sur des phénomènes étranges en Haïti, et par la même occasion de ramener un peu de la médecine locale.
En effet, les morts ne semblent point trouver le repos et déambulent joyeusement dans les cimetières alentours. Et si l'infâme chef des tontons makouts y était pour quelque chose ?


l'emprise des ténèbres

A la fin des années 80, l'aficionado de films d'horreur est bien déterminé à penser que si les morts devaient sortir de leurs tombes, ce ne pourrait être que par un malencontreux contact avec de la trioxyne (" The Return Of The Living Dead"), par blague divine ( la trilogie de Romero ) ou bien à cause de la nouvelle moissonneuse batteuse du fermier du coin ("Non Si Deve Profanare Il Sonno Dei Morti").
Quoi de plus dur alors que de susciter à nouveau l'angoisse à l'aide de nos amis putréfiés. Wes Craven s'attaque donc au genre en rattachant le mythe du zombie à la réalité : du vaudou m'sieurs dames !
Dès les premières minutes, un doute s'installe quand le D.r Allen débarque de son hélicoptère, sur fond de voix off narrative du type journal de bord, on appréhende de devoir endurer un énième "Bobby et les Aventuriers du Trésor Maudit" ; fort heureusement il n'en est rien.


serpent and the rainbow (the)

Fraîchement arrivé sur cette île si accueillante, et aussi raccord avec la pauvreté ambiante que Paris Hilton au Burkina- Faso, le brave docteur commence à prendre conscience qu'il vient de mettre ses deux pieds d'occidental dans un bouillon de traditions occultes vieux de plusieurs siècles, et que le choc des cultures s'annonce douloureux. Mais le chanceux fait la connaissance de son contact haïtien, la sulfureuse Marielle Duchamp (Cathy Tyson) qui à elle seule justifie une bonne vingtaine de malédictions.
Pour servir cette fable "ethnologique" on a droit à un jeu d'acteur plutôt correct, Bill Pullman en blanc bec ahuri se montre assez crédible, mention spéciale à Zakes Mokae (Dargent Peytraud), le sosie parfait du chanteur du groupe Kassav (n'allez pas en déduire que le zouk est une musique maléfique).


l'emprise des ténèbres

On accroche assez vite, l'action ne se fait pas attendre et le suspense est relativement présent, on est tout bonnement immergé dans un cauchemar d'une heure et demi tant les scènes oniriques se suivent...mais se ressemblent un peu. Car là est le bémol, on s'attend tellement souvent à ce que ce pauvre Dr Allen soit la proie d'une sympathique farce vaudou que l'on finit par se demander si finalement il n'en raffole pas. Le malheureux est persécuté jusqu'à l'hilarante scène du dîner ou la maîtresse de maison sous envoûtement se met à nous jouer un remake de l'exorciste.
Le principal gimmick du film tient d'avantage de la légende urbaine, lorsque l'on apprend que pour créer un zombie il faut faire ingérer à une personne une étrange poudre dont la particularité est de la placer en léthargie totale... mais de laisser son cerveau intact. Ainsi elle peut jouir du bonheur d'être enterrée...vivante.


serpent and the rainbow (the)

En définitive, ce n'est pas un film de zombies à proprement parlé, "The Serpent And The Rainbow" est un ovni au beau milieu de la filmographie de Wes Craven, après qu'il se soit intéressé aux grands brûlés psychopathes et bien avant qu'il nous gratifie de ces adolescents attardés cascadeurs déguisés en nonnes.
Un film à réserver à ceux qui jugent le travail d'un réalisateur en fonction des films qui ne lui ressemblent pas.


Mr. Shiro

Affiche(s)

jaquette