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monster club (the)

monster club (the)
Aka: le club des monstres

monster club (the)

Le célèbre écrivain Chetwynd-Hayes déambule dans les sombres et gothiques rues de Londres par une nuit de pleine lune, surgit Eramus, vampire vétéran en manque évident de liqueur écarlate qui s'empresse de goûter à notre écrivain décati. En guise de remerciement, le suceur de sang invite son dîner à l'accompagner dans un club très privé, un club de monstre...Ahahahah (rire maléfique). Quoi de plus parfait ! Ce cher homme de lettres manquait justement d'inspiration, rien de mieux qu'une plongée au coeur de l'horreur pour pouvoir côtoyer les stars permanentes de ses récits...


le club des monstres

Nos deux compères noctambules pénètrent dans l'antre de la terreur, posent leur manteau au vestiaire, se dirige vers le tumulte festif, on est impatient de découvrir quel genre d'abominations se terrent dans ce trou où pour le moment seule la musique est effrayante. Le suspense est à son comble quand enfin la terreur est dévoilée... On est en plein carnaval de Nice.
Retour à la réalité, nous sommes au tout début des années 80 et dans le jargon du film d'horreur cela signifie "plus c'est grotesque, plus c'est crédible". Nous voilà donc au beau milieu de monstres en plâtre, pas beaucoup plus terrifiants que les participants de la techno parade, dansant comme des pieds sur de la musique pop à souhait (sérieusement, moi, si on m'avait dit que les goules dansait sur du reggae quand j'étais petit j'aurai pu dormir dans le noir au dernier étage d'un manoir vide).On commence à avoir peur...que cette mascarade dure 2 heures car on ne conçoit pas vraiment comment une intrigue pourrait s'immiscer dans cette ambiance réveillon. Quand soudain, coup de maître ! Le scénario découpe l'histoire en sketches, nous voilà devant le prolongement quasi-inédit d'oeuvres littéraires telle que celles de Poe ou de Lovecraft, qui déjà aimaient à créer de macabres nouvelles au ton moraliste ; Nous voici ébahis en face de l'ancêtre de "Creepshow" et autres "Tales From The Crypt". Cette petite sauterie commence à avoir un sens...


monster club (the)

Car tout ceci n'est que prétexte à présenter l'arbre généalogique du bestiaire Transylvanien, mélange de croisements hasardeux et franchement consanguins. Ainsi le premier conte met en scène une jeune femme peu scrupuleuse et vénale qui va rencontrer de sérieux problèmes en tentant d'escroquer un antiquaire disons...euh...spécial.
Le second nous propose la biographie sur-jouée d'un vampire avec en guest Donald Pleasence (Jean-Pierre Coffe dans la série des "Halloween") et le dernier et non le moindre fait atterrir un producteur de série B dans un bled à goules pour les besoins d'un repérage. Ces fables sont grossièrement cousues entre elles par des à propos clairement tirés par les cheveux et par une bande son résolument kitsch (sûrement qu'à l'époque ça en jetait, quoique...) avec la présence du groupe UB40 (qui pour l'occasion aurait quand même pu interpréter "Red Red Wine", c'était l'occasion ou jamais...).


le club des monstres

Une sorte de fausse comédie musicale, donc, qui jongle avec drames et rires et laisse une saveur douce amère sur une pellicule colorée, avec en prime un côté niais irréfutable qui tend à faire passer nos mythiques frayeurs pour des bébêtes inoffensives (et un loup-garou façon Chewbacca, un !). Un panel de monstres en compétitions pour le titre de la créature la plus inutile, une narration approximative qui endort à la longue, un faux air de subtilité qui jure avec la combinaison brushing + synthé...A première vue on baigne dans la soupe de navets.
Et puis il suffit de prendre un certain recul temporel, le même recul qui permet d'apprécier un Cézanne en étant assis dans un fauteuil Starck; A partir de là on réalise que l'oeuvre est purement "so british" gonflée à l'humour noir, brisant volontairement les symboles pour surprendre.


monster club (the)

Et quoi de mieux pour faire un pied de nez aux conventions que de confier les deux principaux rôles à deux fameux acteurs de série B ? John Carradine, sur la pente tout de même, et Vincent Price, dandyesque, aussi efficace que dans "Madhouse" les rides en plus.
"The Monster Club" est une farce, un bonbon acidulé à servir le soir d'halloween. Ward Baker a cette magique habitude de créer de l'inattendu, de concilier l'inconciliable à la croisée des cultures. Là où certains voient des bides cinématographiques, d'autres s'émerveillent d'un renouveau et n'ont pas peur de jouer avec les codes pré-établis d'un genre.
Non vous ne vous ferez pas dessus en regardant "The Monster Club" (ou peut-être de rire...) et vous aurez sûrement envie de tout arrêter dès que vous verrez la pauvreté des costumes et des maquillages ; mais une fois le générique de fin (sur plan fixe tremblotant) vous vous rendrez compte qu'un genre évolue grâce à des expériences.


Mr. Shiro

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