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morte accarezza a mezzanotte (la)

morte accarezza a mezzanotte (la)
Aka: death walks at midnight, la mort caresse à minuit, death caresses at midnight

morte accarezza a mezzanotte (la)

Valentina, un mannequin à la mode, doit tester une nouvelle drogue, le HDS. Elle s'est arrangé avec Gio, un journaliste/photographe, pour qu'il couvre l'évènement. Un loup préserve son anonymat, et l'expérience démarre. Mal.
Car Gio va abuser de l'état second de Valentina pour lui ôter son masque, afin de faire un scoop dans les journaux à scandales. Mais le pire, c'est que Valentina fait un "bad-trip", et a des visions d'un meurtre d'une jeune fille par un homme avec un poing métallique serti de clous.
Le lendemain, Valentina découvre qu'elle s'est fait avoir par le journaliste. Colérique, elle envoie un pavé dans la vitrine du magazine, et se fait arrêter par la police. Mais Gio est intéressé par la vision qu'a eu Valentina sous cette drogue hallucinogène, et la fait sortir du commissariat pour enquêter sur l'hypothétique mort de cette jeune fille.


death walks at midnight

J'apprécie énormément les policiers italiens (les 'gialli') des années 60 et 70. Ce sont des films souvent efficaces, qui surtout ont de la personnalité et une atmosphère, même s'ils ont souvent de nombreux défauts.
On connaît les grands noms du giallo, comme Mario Bava, Dario Argento, Sergio Martino, etc., mais c'est oublier que le giallo était un genre à la mode, et pas forcément une spécialité. Donc, certains réalisateurs ont sauté sur l'occasion pour se diversifier, comme Tonino Valerii avec "Mio Caro Assassino" .
Cette fois-ci, c'est Luciano Ercoli qui s'y est collé. Producteur de nombreux films, Luciano Ercolli a commencé sa carrière de réalisateur en signant trois gialli ("Le Foto Proibite Di Una Signora Per Bene" (1970), "La Morte Cammina Con I Tacchi Alti" (1971) et "La Morte Accarezza A Mezzanotte") avant de passer à autre chose. Ce dernier est un remarquable représentant du genre, avec tout ce que ça implique de retournements de situation, de violence graphique, et de style.


morte accarezza a mezzanotte (la)

Pas de doute : le film est stylé. L'ouverture, le trip sous HDS (LSD ?), et les visions du meurtre rendrait jaloux un Sergio Martino : Reflets dans des lunettes, cadrages impeccables, montage haché, sang écarlate, un leitmotiv visuel (le gant clouté, terrifiant véhicule des meurtres)...
Si souvent, le giallo commence sur les chapeaux de roues, celui-ci offre une des plus belles ouvertures du genre. Le reste du film est plus 'réglementaire', mais toujours soigné.
Mais dès qu'il s'agira du tueur, nous aurons cette attention particulière, cette volonté de style dans la réalisation.
On retrouve ce style dans les personnages. Le tueur est surréaliste, (un type au visage louche, avec de grandes lunettes de soleil, un parka blanc et une (?) moumoute) mais terrifiant. Qui se cache derrière ce personnage étrange, qui apparaît et disparaît continuellement ? Surtout, ce look kitsch (déjà à l'époque) et factice n'est pas sans torturer l'amateur de giallo, qui sait bien que le tueur n'est sont jamais celui qu'on pense.
Un autre personnage apparaîtra dans le film : il est tout aussi caricatural, avec ses cheveux longs, blonds, filasses, ses habits démodés, et son rire d'aliéné. Ce personnage fonctionne de la même façon que le tueur : il est décalé, mais trouve toute sa place dans le film par cette translation. Tellement hyper-stéréotypé qu'ils deviennent des personnages lourds de sens, avec une forte personnalité.


death walks at midnight

Quant à l'histoire de "Death Walks at Midnight"... Je ne voudrais pas gâcher le suspense, mais vous ne pourrez jamais deviner qui tue. Comme dans tous les gialli, me direz-vous.
Oui, mais "La Morte Accarezza A Mezzanotte" est fondé sur une histoire solidement construite, et qui ne laisse pas sur sa faim. C'est suffisement rare pour être signalé, les gialli offrant souvent des retournements de situations abracadabrantesques.
Les scènes de violences graphiques sont rares mais valent le détour, comme je l'ai écrit plus haut, et l'histoire est suffisamment intéressante pour qu'on ne ressente pas l'ennui lancinant qui s'installe pendant certains films.
Ajoutons à cela un solide jeu des acteurs, une bande musicale à toute épreuve signée par Gianni Ferrio, un grand nom de la musique de film italienne, et on obtient un excellent giallo.


morte accarezza a mezzanotte (la)

On pourrait même dire qu'on obtient LE giallo comme l'a théorisé Mario Bava avec " La Ragazza Che Sapeva Troppoe" et "Sei Donne Per l'Assassino".
Beaucoup de style dans les meurtres, beaucoup de jeux d'ombre, une réalisation digne des plus grands, des acteurs à la hauteur, une musique prenante, un tueur mystérieux avec son arme blanche, des retournements de situations,etc. ... tous les ingrédients sont là !
"La Morte Accarezza A Mezzanotte" est donc un bon moyen de commencer à regarder les gialli. Accessible avec son histoire solide, il saura retenir l'attention des plus novices comme il fascinera les habitués par ses cadrages hyper-stylisés et efficaces, sa musique envoûtante. Le seul défaut que certains pourront trouver serait du côté du rythme, qui est bien lent comparé aux films d'aujourd'hui. Mais nous sommes dans 70's, ne l'oubliez pas !
Un film à mettre à côté de ceux des grands maîtres du genre.


maht

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