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corpi presentano tracce di violenza carnale (i)

corpi presentano tracce di violenza carnale (i)
Aka: torso, bodies bear traces of carnal violence, carnal violence

corpi presentano tracce di violenza carnale (i)

Jane et ses trois amies sont étudiantes en école d'art à Rome quand une série de meurtres bouleverse les jours doux et paisibles du campus : de frêles étudiantes se font violemment étrangler par un tueur fou, avant de se faire tripatouiller à l'arme blanche.
Le modus operandi, les lieux et les victimes des crimes étant toujours les mêmes, la police soupçonne le meurtrier d'être un des étudiants, ou un rôdeur que la chair fraîche appâte. Ils ont d'ailleurs un indice, et de taille : l'étrangleur laisse à chaque meurtre l'arme du crime - un foulard rouge.
Les jeunes filles sont en effervescence : qui peut bien être ce tueur? Serait-ce Stefano, le jeune amoureux éconduit de Daniela ? Ou encore le vendeur à la sauvette en face de la faculté ?
Qu'à cela ne tienne : les quatre jeunes femmes décident d'aller passer quelques temps en vacances dans une maison isolée sur les flans d'une colline. Elles pensent s'amuser, et essayent d'oublier ces meurtres. Mais sont elles bien seules ?


torso

Sergio Martino est capable du meilleurs comme du pire. Admirable réalisateur, mais agissant souvent sur commande, on le trouve à la tête de films aussi divers que des westerns, des comédies, des drames, etc.
Je garde un souvenir impérissable de "La Coda Dello Scorpione", LE giallo de Sergio Martino, où le montage (sorte de chef d'oeuvre à lui tout seul) épaulait la caméra du réalisateur pour nous offrir un petit bijou. Petit bijou de réalisation d'abord, mais aussi de narration, même si l'histoire en elle même ne quittait pas les chemins très balisés du giallo.
Aussi, c'est plein d'émotion que je m'apprêtais à voir le dernier giallo de Martino avant qu'il ne vire au "poliziesco" puis au gore.
"Torso" n'échappe d'ailleurs pas tant que ça aux règles des gialli, mais offre tout de même quelques ouvertures sur le genre, un peu à l'instar de "Il Tuo vizio è una stanza chiusa e solo io ne ho la chiave". Ouvertures qui serviront de base aux slashers et à ses cohortes de lycéennes apeurées des années 80.


corpi presentano tracce di violenza carnale (i)

Premier choc : l'esthétique du tueur. Exit l'homme habillé sombre avec un imperméable, le chapeau et les gants en cuir qu'on entr'aperçoit à peine dans un clair de lune. Non, ici, le tueur est bien visible, mais à le visage recouvert d'une sorte de cagoule crasseuse et d'un foulard rouge. On pense à posteriori une sorte de Jason en goguette.
Aussi, l'histoire prend place au sortir de l'adolescence, ce qui deviendra en quelque sorte la marque de fabrique des "Halloween", "Vendredi 13", etc. et autres joyeusetés américaines. Alors que le giallo est plus généralement urbain et implique des personnes actives, souvent de la classe moyenne (journalistes, policiers, mannequins, etc), "Torso"met au centre de l'histoire des étudiants, sensés être jeunes (on a quand même des doutes, puisqu'on a du mal à discerner les profs des élèves).
Autre caractère significatif de l'époque, mais mis en emphase par Martino : "Torso" est largement saupoudré de scènettes érotiques où des jeunes filles en tenues affriolantes, voire à moitié nues, s'ébattent joyeusement. Parfois avant de se faire trucider. C'est un classique du giallo de mélanger un zeste d'érotisme et de violence graphique, mais on ne peut que constater l'omniprésence de la nudité tout au long du film.


torso

En fait de violence, on nous offre quelques scènes, quelques gros plans, mais cela reste dans la moyenne de la production de l'époque. Rien d'extraordinairement gore, si ce n'est une tête écrasée contre un mur, qui redevient comme par miracle intacte au plan suivant. Le tout fait assez plastique, ce qui n'est pas bien grave.
Mais le véritable plaisir n'est pas là. Car si le film est de bonne facture (ah, les cadrages de Martino, toujours aussi impeccables), les trente dernières minutes apportent le coup de grâce.
Sorte de huis clos à l'intérieur du film, on assiste à l'incarcération involontaire de Jane par le tueur, qui reste désespérément anonyme. Etouffant, Martino nous montre qu'il sait de quoi il parle, et qu'il connaît sur le bout des doigts tous les ressorts nécessaires à la montée de l'adrénaline. Ces trente dernières minutes valent à elles seules le détour.


corpi presentano tracce di violenza carnale (i)

Bref, si "I Corpi Presentano Tracce Di Violenza Carnale" n'atteint pas la qualité de "La Coda Dello Scorpione", Sergio Martino nous offre tout de même un film très agréable. Interprété par des acteurs qui n'ont plus rien à prouver (Suzy Kendall et Luc Merenda). Réalisé de main de maître, écrit par Ernesto Gastaldi (tout comme "Il Tuo Vizio è Una Stanza Chiusa e Solo Io Ne Ho La Chiave" et "La Coda Dello Scorpione") et par Martino lui même, le film reste tout de même dans la partie haute de la production italienne de l'époque, sans exploser littéralement les limites du genre. On retiendra sa petite particularité, cette pointe d'érotisme sous-jacente et omniprésente. Enfin, le huis clos final est magnifique de tension, et reste un modèle du genre. Dommage qu'il ne dure qu'une demi heure.
Bref, un bon giallo, et un bon Sergio Martino. Que demander de plus ?


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