* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

black christmas

black christmas
Aka: silent night evil night, stranger in the house

black christmas

Un soir de Noël, de jeunes et charmantes étudiantes s'apprêtent à célébrer l'arrivée du petit Jesus avec la maîtresse des lieux Mrs Mac, lorsqu'un homme pénètre sans bruit dans la maison pour s'installer définitivement dans le grenier.
A partir de ce moment, les étudiantes reçoivent des coups de fil effrayants d'un sadique qui hurle ou murmure avec différentes voix des insanités et autres injures sexuelles... Celles ci, un peu impressionnées, n'en jugent pas moins que l'union fait la force et raillent ce frustré sexuel... seule Clare semble réellement angoissée de ces appels téléphoniques.
Stressée, la craintive Clare se dispute avec Barbie qui a bu plus que de mesure, et monte dans sa chambre, où bien entendu, elle se fait zigouiller par le déjanté qui loge dans le grenier...
Happy Christmas Miss Clare !


silent night evil night

Ainsi, rapidement, l'action se met en place. L'atmosphère lugubre est créée dès les tous premiers instants du film. En caméra subjective nous voilà dans la peau du meurtrier, dont on ne voit que l'ombre, tourner autour de la maison illuminée pour y pénétrer en grimpant le long du mur. Le réalisateur joue d'emblée sur le contraste, qui sera présent tout au long du film, entre les lumières et couleurs de Noël, et l'obscurité, le glauque qui entoure le tueur. Bien que la maison soit décorée, elle n'en reste pas moins sombre et entachée par une espèce de froideur, comme si le mauvais sort planait déjà dans cette maison. Étrangement, les étudiantes ne semblent pas si gaies, bien qu'elles rient, il y a comme un voile noir qui plane dans l'atmosphère...


black christmas

Les meurtres vont se suivre à un rythme plutôt lent et régulier. Le tueur prend son temps, il guette ses proies. Parfois, il pète un plomb dans son antre où il installe sa première victime près de la fenêtre. Cette lenteur aposée à une espèce de violence brutale régulière glace les sangs. Ce tueur n'est pas comme les autres, son esprit semble aussi éparpillé que la pièce est désordonnée, mais le réalisateur ne donnera aucune explication à ses meurtres. Complètement déshumanisé et morcelé (on ne voit de lui que des bouts : ses mains, ses pieds, un bout de son visage, un oeil...), il semble tuer gratuitement et de manière bestial. On pourrait qualifier ses meurtres de " spasmodiques ", quelle que soit la victime, ils sont d'une violence extrême et très rapides. Ce qui bien entendu, le rend plus effrayant. Et régulièrement, ces appels téléphoniques injurieux du sadique qui prédit la mort dans cette maison finissent par mettre définitivement la pression au groupe, qui ne se sent plus si fort et qui commence à se disperser, pour le grand bonheur du tueur !


silent night evil night

Contrairement aux apparences, le film ne se déroule pas en huis clos, bien que la menace vienne de l'intérieur, les jeunes filles elles sont persuadées qu'elle vient de l'extérieur. Ce qui ne les empêche pas de sortir pour tenter de retrouver leur amie, Clare, qui a mystérieusement disparu. Ironie du sort : ses camarades passeront leur temps à la chercher dehors, alors qu'elles n'ont qu'à lever la tête vous voir son joli visage hideusement déformé par l'asphyxie à la fenêtre du grenier. Elles appellent également la police, une bande de bras cassés ridicules, si on exclut le Lieutenant Kenneth Fuller, le seul à être sérieux et aidant.
Les personnages sont d'ailleurs tous particuliers. Les étudiantes représentent bien la société de l'époque : ce sont de jeunes filles émancipées, qui se battent contre les principes et prétendent bien être libre de leur corps et propos. Ainsi, l'une parle de sexe librement et boit de l'alcool en société (au contraire de Mrs Mac, qui cache des bouteilles d'alcool un peu partout), l'autre intellectualise, une autre encore affiche dans sa chambre des photos outrageuses et rebelles, une autre porte fièrement un t-shirt où deux mains sont dessinées sur les seins... Et Bob Clark en profite même pour évoquer intrinsèquement le cruel débat sur l'avortement. En effet, l'héroïne Jessica est enceinte et ne désire pas garder l'enfant, ce qui met dans une colère noire son petit ami, Peter, un pianiste un peu déjanté.
Il ya également, cet expert du téléphone qui tente de localiser la provenance des appels téléphoniques, qui dans une scène surréaliste court dans tous les sens parmi des allées et allées de câbles et de machines, dans un bruit infernal...pour finalement tomber le bec dans l'eau car le sadique n'appelle pas assez longtemps !


black christmas

Ces personnages et ce décor semblent ne faire qu'un. Ils semblent à la fois en mouvement et tellement statiques. Cette ambiguïté est présente partout et dirige les mouvements de caméra.
Bob Clark joue sur les effets de contraste, il appose les rires et couleurs de noël aux angoisses et cris de la nuit, il développe une intrigue lente, mais les meurtres sont rapides, surprenants et très violents. Ceux ci sont d'ailleurs très intéressants et notamment le meurtre avec le pic d'un bibelot. Il utilise beaucoup la caméra subjective, mettant le spectateur mal à l'aise en le plongeant dans l'univers glauque du tueur.
Ce petit film a tout d'un grand : l'atmosphère y est pesante, les acteurs jouent bien, l'intrigue bien campée, et Bob Clark nous concocte même une petite surprise à la fin...
Les seules choses à déplorer sont, peut être, justement, un rythme un peu trop engourdi, et une musique peu intéressante bien que peu présente.
Certains seront enthousiasmés, d'autres pourront être dérangés par l'atmosphère malsaine qui plane durant tout le film, mais il est impossible de rester indifférent.
Ainsi Bob Clark a su me surprendre, loin de "Children Shouldn't Play With Dead Things" qui est lui nettement moins abouti, "Silent Night, Evil Night" vaut le coup d'oeil.
Un film à voir pendant les vacances de Noël, entre étudiants... à condition de ne pas avoir de grenier.


bloodyjane

Affiche(s)

jaquetteposter