* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

abar, the first black superman

abar, the first black superman
Aka: in your face

abar, the first black superman

C'est l'effusion dans un charmant et propret quartier résidentiel typique de l'Amérique : une des villas vient d'être rachetée et la famille emménage. Les voisins sont aux aguets, excités comme des puces, ils ont hâte de voir les nouveaux. Ils observent les allées et venues des afro-américains, "sans doute le chauffeur et la femme de chambre de la famille" entre le camion et la résidence...
Mais quelle surprise lorsque ceux-ci apprennent que la femme de chambre et le chauffeur ne sont en fait que les "heureux" propriétaires de cette jolie villa, le docteur Kincade, sa femme et ses deux enfants ! Et qu'ils vont devoir les côtoyer quotidiennement... quelle surprise mais aussi, quelle déception !
Ainsi, bien vite les habitants vont manifester leur mécontentement, à grand renfort de manifestations et d'actes odieux.
La famille Kincade va subir leur racisme grandissant, mais le docteur Kincade ne veut pas céder et est bien décidé à rester dans la villa malgré tout.


in your face

Alors bien sûr, comme son nom l'indique, "Abar The First Black Superman" est un film de blaxploitation, et comme tout film de blackex il met en scène des personnages afro-américains sous fond de satire sociale. Alors que ce mouvement est en train de s'essouffler, après la ferveur et l'engouement du public pour des films comme "Shaft" et autres "Coffy", début 70, Frank Packard relance la polémique avec ce petit bugdet qui sera sa première et sa dernière réalisation !
Ce film est d'ailleurs quelque peu surprenant, bien que le genre soit synonyme de dénonciation, celui ci est extrêmement critique envers la société américaine. Il s'agit du blackex le plus engagé que j'ai vu.
Frank Packard porte un regard des plus corrosifs sur le monde qui l'entoure qu'il dénonce comme violent et discriminatoire (toutes les formes de racisme sont présentes, même le nazisme).
Le réalisateur n'hésite pas à filmer les réactions odieuses et malveillantes des riverains envers la population noire. Les personnages, plus écoeurants les uns que les autres, déversent des poubelles dans l'allée, violentent impunément les "indésirables" et vont même jusqu'à tuer et le chat et l'un des enfants du docteur...


abar, the first black superman

Le pathos qui entoure la mort d'un gosse à l'écran en général me fait rire... mais j'avoue que, bien que détachée, la violence raciale ainsi filmée dans toute sa bassesse m'a un peu effrayée. "Abar The First Black Superman" montre à quel point cette époque qu'a vécu l'Amérique et qu'a subi sa population noire fut honteuse. Et le film joue merveilleusement bien son rôle volontairement provocateur et dénonciateur, il fait réfléchir.
Ceci dit et si l'on fait abstraction de cet aspect critique assez réussi, le film reste tout de même un petit film avec peu de moyen et son lot de défauts amusants.
Et notamment la référence inévitable à Martin Luther King et son "I had a dream"... ainsi que certaines scènes bien "à l'eau de rose", ou le réalisateur transpose la famille Kincade à l'époque des cow boys, ou de toujours vilains blancs montés sur des cheveux les attaquent armés de fusils....


in your face

Le réalisateur fait également preuve d'humour, et n'hésite pas à ridiculiser le héros Abar. En effet, celui-ci qui défend la veuve et l'orphelin noir, arrive dans une attitude chevaleresque non pas sur un magnifique cheval blanc, mais sur un camion poubelle....
On passe ainsi d'un genre à un autre, le film sombrant après une bonne moitié dans un surréalisme grandissant, montrant un Abar qui par kinesthésie rend la pauvre prostituée hyper violente envers son mac, lui enfonçant ses talons aiguilles dans le ventre. Il sème la zizanie entre de vilains policiers haineux et racistes qui finissent par se crêper le chignon, il crée des tempêtes, pour finalement faire disparaître les riverains de l'écran par un procédé filmique très ridicule qui consiste à réduire l'écran jusqu'à plus rien... Bref, c'est vraiment un "Super Homme" ! Un super homme un peu ridicule qui n'a ni l'étoffe ni la prestance d'un super héros.
Mais, ne vous y trompez pas, "Abar The First Black Superman" n'est pas un super héros comme Superman ou Dardevil, il a des pouvoirs obtenus à la toute fin du film grâce à une potion du docteur Kincade.
A chaque fois, la venue de notre héros est annoncée à grand renfort de pédale wah-wah, sur un thème honteusement pompé sur celui de "Mission Impossible" (Lalo Schifrin) et l'utilisation de ses pouvoirs entraîne systématiquement des sons stridents et énervants (sons que l'on retrouve dans "I Drink Your Blood" lorsque les gens attrapent la rage, mais la ressemblance s'arrête là).


abar, the first black superman

Ainsi, ce petit budget reste distrayant pour le spectateur peut exigent. Outre ses agréables défauts, quelques longueurs, il a le mérite de dénoncer avec ferveur la société inégalitaire de l'époque sans concession et de s'afficher comme une revanche noire sur les blancs. "In Your Face" peut sembler extrême, car nous assistons métaphoriquement à la disparition totale des blancs. L'unique blanche qui survit est en fait une noire qui a une maladie de peau (il nous prendrait pas pour des c... Frank Packard, sur ce coup là ?)... mais bon, les méchantes endives l'ont tout de même bien cherché !
Ceci dit, "Abar The First Black Superman" n'est pas un film culte et on comprend aisément pourquoi, mais il reste agréable.
A regarder un soir d'été.


bloodyjane

Affiche(s)

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