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let's scare jessica to death

let's scare jessica to death
Aka: the secret beneath the lake

let's scare jessica to death

A la recherche d'un peu de calme et de normalité après avoir avoir été soignée à l'hôpital psychiatrique, Jessica s'installe dans un petit village avec son mari et Woody, un ami.
Ils y ont acheté une vieille maison abandonnée, et compte bien vivre sereinement, quoi que chichement
Mais quand ils arrivent dans la maison, celle-ci est habitée par Emily, une vagabonde. La jeune fille n'ayant nulle part où aller, Jessica lui propose de vivre avec eux quelques temps.
Alors qu'ils revendent quelques objets de la maison à un brocanteur pour gagner un peu d'argent, celui-ci leur apprend que la demeure qu'ils ont acheté est hantée par une jeune fille morte, noyée il y a une centaine d'années. Jamais on a retrouvé son corps, et des rumeurs selon lesquelles elle serait devenue un vampire courent dans le village. D'ailleurs, Jessica croit bien entendre des voix et apercevoir des ombres.
Jessica est-elle réellement guérie, ou est-elle en passe de redevenir folle ?


the secret beneath the lake

"Let's Scare Jessica to Death". Le titre du film ressemble à une boutade, comme si le réalisateur nous expliquait qu'il allait jouer une bonne blague à son personnage. "On va lui faire peur", nous dit-il, mais comment ? On la terrifie par cette histoire de jeune fille noyée, ou on lui fait peur en lui montrant qu'elle n'est pas guérie - encore folle à lier ? Quel est le pire ?
C'est la question que se pose la jeune femme au début du film : "Fantasme ou réalité ? Rêve ou cauchemar ? Raison ou folie ?"
L'histoire suit, en analepse.
En tout cas, Jessica ne va pas bien. Jessica n'est pas tout à fait guérie. Jessica est triste sous son air gai : elle collectionne les reproductions de pierre tombale et voyage avec ces amis en corbillard. Elle a le regard vide, comme si elle n'était pas vraiment là. Surtout, elle entend des voix, des murmures.


let's scare jessica to death

Jessica est (terriblement) incarnée par Zohra Lampert, et sans celle-ci, ce petit film (mais de grande qualité) ne serait pas. Car le film, c'est Jessica.
C'est Jessica qui sort d'un hôpital psychiatrique, qui n'est pas sûre d'elle-même, dans les yeux de laquelle on trouve en même temps de la tristesse et de la joie, de l'émotion et du détachement, de la colère et de la résignation. Et Zohra Lampert, sans jamais en faire des tonnes, toujours très retenue et en finesse, joue ce personnage en demi teinte.
"Let's Scare Jessica to Death" est d'ailleurs un petit bijou de mélancolie. Tout s'y prête : le personnage central, la maison abandonnée, l'histoire de la jeune fille noyée dont on a jamais retrouvé le corps. Les apparitions, les voix. Le thème musical minimaliste au piano. Le rythme surtout, très lent.
Et toute cette lenteur, qui pourra en rebuter certains, va crescendo pour nous mener vers les cinq dernières minutes, qui virent au cauchemar. Un cauchemar qui n'est pas sans rappeler "Carnival of Soul", avec lequel "Let's scare Jessica to Death" partage pas mal de points communs, d'ailleurs.


the secret beneath the lake

Mais "Let's Scare Jessica to Death" fait aussi peur. Pas une peur violente, pas une peur soudaine. Pas non plus de sang à profusion ou d'effets spéciaux mirobolants. C'est plutôt une peur psychologique, claustrophobe qui émane du film. La peur du vide et de la folie, de l'angoisse.
Angoisse qui nous prend au ventre, puisqu'on s'identifie à Jessica : ce processus est renforcé par la volonté du réalisateur de nous permettre d'entendre par son oreille et de prendre part à ses pensées. Pendant ces scènes empathiques, on se rend compte que Jessica entend de plus en plus 'les voix', et de moins en moins son mari et ses amis. Ces scènes ajoutent à la confusion : est-ce qu'elle se renferme en elle même - perds pied avec la réalité - devient folle ? Ou est-ce juste un de ces moments d'absence, de rêvasserie, où on entend sans réellement entendre ?
La scène finale, sorte de marathon horrifique (et peut-être paranoïaque) assez surprenant, rappelle encore une fois le fameux "Carnival of Soul". Mais contrairement à celui-ci, "Let's Scare Jessica to Death" ne nous donne pas les clés de l'histoire : le film revient à son début - seule dans une barque, Jessica se questionne sur la réalité de ce qu'elle vient de vivre. Comme nous.


let's scare jessica to death

"Let's Scare Jessica to Death" est donc un de ces petits films injustement peu connus, et qui n'est pas loin d'être aussi bon qu'un "Night of the Living Dead" ou qu'un "Carnival of Soul".
Une jolie perle du cinéma bis (ou de seconde catégorie), avec un budget ridicule mais une véritable ambiance, porté par une actrice admirable, soutenu par une musique de circonstance, et l'angoisse, la peur si finement distillée, comme au compte-goutte. Une peur jamais réellement assouvie, et qui reste finalement latente tout au long du film.
Alors bien sûr, très peu de sang, un rythme assez lent, peu de violence, une histoire qui n'est finalement pas bien originale... Cela peut rebuter.
Pourtant, comme tous les bons films d'horreur, "Let's Scare Jessica to Death" joue avec les codes, et fait du nouveau avec du vieux.
Loin des gros blockbusters balourds néo-gothiques à deux balles, "Let's Scare Jessica to Death" souffle un vent glacial : celui du mal de vivre, de l'angoisse de la folie, du spleen.


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