* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

motel hell

motel hell
Aka: nuits de cauchemar

motel hell

La jeune et jolie Terry perd son mari dans un accident de moto sur une route de campagne. Le fermier Vincent Smith, qui a assisté à l'accident, récupère la jeune fille inanimée. Il la ramène dans sa ferme, où il vit avec sa soeur Ida.
Et cette fratrie un peu excentrique va soigner Terry jusqu'à son rétablissement. Terry, n'ayant plus de famille décide de rester dans la ferme. Elle se prend finalement d'affection pour ses sauveurs... des sauveurs bien particuliers, véritables amateurs de viandes, qui clament haut et fort que leur viande fumée et leur charcuterie confectionnées sans aucun colorant sont les meilleures de toute l'Amérique.
Et pour cause, elles sont constituées d'un ingrédient peu commun...


nuits de cauchemar

Le film démarre sur les chapeaux de roue, on voit le fermier, Vincent armé d'un fusil de chasse sortir la nuit... une musique étrange, l'obscurité, tout est fait pour intriguer. Puis, lorsque la soeur de Vincent fait son entrée, avec sa voix criarde (en VF), ses couettes et son air de vilaine, brrrr on a froid dans le dos. Un peu masculine à la manière de Kathy Bates dans "Misery", on se demande qui elle va découper en morceau.
Tout est fait pour inquiéter... les personnages sont étranges, Ida passe son temps à manger et à découper de la viande, Vincent laisse continuellement la TV ouverte sur la chaîne des prêcheurs, le policier, frère de Vincent a un comportement étrange.
Il règne une ambiance glauque à l'intérieur de l'hôtel, un peu austère, cracra, qui n'inspire pas confiance... Le O de Motel Hello, l'enseigne lumineuse qui clignote, disparaît régulièrement pour que s'illumine "Motel Hell"... curieux présage et idée ingénieuse de la part de Kevin Connor.
Bref, je n'irais pas passer une nuit et encore moins mes vacances dans ce boui-boui...


motel hell

Tout ceci laisse soupçonner que quelque chose de pas catholique (Vincent est trop catho pour être honnête) plane dans cette famille.
Mais quoi ?
Kevin Connor sait attiser la curiosité des spectateurs et dévoile relativement tard l'horrible secret de la famille. La monstruosité de l'élevage est de taille. Certaines scènes sont parfois même dérangeantes ou choquantes pour le spectateur même averti. Et on se surprend à se dire : non mais quelle horreur !
Mais n'allez pas croire que "Motel Hell" n'est qu'un film d'horreur, non, non, il va bien plus loin. Habilement, Kevin Connor intègre ça et là des moments légers, voir comiques. Ce qui rend le film parfois un peu déstabilisant.
Ainsi, nous assistons à une scène grand guignolesque où un couple sado-maso se trompe de lieu et s'installe au Motel Hello pensant qu'il s'agit d'un club échangiste. Et voilà notre fermier, salopette bleue de travail et chemise à carreau, qui semble vouloir participer à une partie de jambes en l'air... au sens propre comme au figuré...


nuits de cauchemar

Aussi, on oscille entre le frisson et le rire franc. Et on peut dire que Kevin Connor s'amuse à mélanger les genres ! Et ça nous amuse !
Et hop entre les abats et le bétail on glisse une histoire d'amour improbable entre la jeune et jolie Terry et le fermier vieillissant qui ne ressemble en rien au prince charmant ! Ailleurs on filme un dîner champêtre tout ce qu'il y a de plus bucolique au milieu de coquelicots. Papy Vincent a d'ailleurs des airs sur Monsieur Charles Ingalls...
Et hop, on fait un petit clin d'oeil à quelques moments cultes du cinéma bis 70 : bataille entre deux frères (qui est cain ? Qui est abel ?) à coups de tronçonneuse rappelant "massacre à la tronçonneuse" mais cette fois ci avec une véritable tête de cochon en guise de masque ! Très pratique pour se battre...
L'autodérision est présente tout au long du film.


motel hell

Ainsi, "Motel Hell" rappelle avec beaucoup de finesse et d'humour la bonne époque de certaines pièces maîtresses du cinéma bis d'horreur : j'ai cité plus haut "Massacre à la Tronçonneuse", mais également "Three on a Meathook", ou encore le moins réussi "Invasion of the Blood Farmers" (nostalgie, nostalgie)...bien que son budget soit suffisant, il en comporte tous les ingrédients (notamment des scènes choquantes).
Mêlant avec habileté horreur, comique et burlesque, il réussit à nous déstabiliser en nous faisant passer du frisson au rire, et du rire à l'horreur...
"Motel Hell" est aussi un film accessible et distrayant, avec des personnages et des situations simples, et c'est tant mieux !
A voir quand les enfants sont au lit.


bloodyjane

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