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angustia

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Aka: angoisse, anguish

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Et si vous regardiez un petit film d'horreur au cinéma ? Un film qui commence par un avertissement :
"Pendant ce film, vous serez soumis à des messages subliminaux et à une légère hypnose. Cela ne vous fera physiquement aucun mal, ni ne vous laissera de séquelles, mais si pour quelques raisons vous perdiez le contrôle ou que vous sentiez votre esprit quitter votre corps - quittez l'auditorium immédiatement."
Et si pendant ce film, vous voyez un homme, sous l'emprise de sa mère hypnotiseuse, tuer pour récupérer des yeux ? Et si ces meurtres se passaient dans un cinéma, auriez vous soudain une angoisse que la même chose se produise dans le cinéma où vous vous trouvez ? Est-ce que vous fixeriez le film, ou vos voisins ? Est ce que vous auriez... peur ?


angoisse

Avant de commencer, je tiens à vous prévenir que je vais un peu (beaucoup) gâcher le film. *****"Spoiler Inside"*****. Donc, si vous ne voulez pas connaître des infos importantes, les retournements de situation, je vous invite à cliquer sur d'autres films du site. Agréable visite sur le site d'AKA !
Bien, maintenant que vous êtes prévenus, on peut commencer.
Car "Angustia", film d'horreur, parle bien des effets du cinéma d'horreur sur les patients... euh, les spectateurs.
Vous qui aimez le film d'horreur, qui en regardez jusqu'à plus soif, ne vous êtes-vous jamais demandé si un jour, à force de voir des éventrations, des éviscérations, des énucléations, etc. Ne vous êtes vous jamais demandé si - un jour - vous n'alliez pas devenir zinzin ? Prendre une tronçonneuse et imiter Leatherface ?
Tous ces gens qui nous parle de la violence au cinéma, à la TV, et de l'influence de ces images ?
Et si c'était vrai ?


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De fait, Bigas Luna sait de quoi il parle : le film qu'il nous montre fait peur.
Personnages principaux : deux grosses pontes du cinéma - Michael Lerner, saisissant dans son rôle de tueur psychopathe, qui prend un malin plaisir à voler les yeux de ses victimes à coups de scalpel - et Zelda Rubinstein, habituée des films fantastiques avec son physique si particulier, qui joue la mère du tueur fou.
Le film se situe entre le giallo et le slasher fantastique, avec un fort caractère esthétique que ne renierait pas un Argento, ou un De Ossorio (pour prendre un espagnol). Le film offre aussi de belles scènes hypnotiques et surréalistes, tournant toujours autour des yeux et de spirales, mais aussi des tripatouillages assez gore... Bref : on voit que le monsieur à des références, et ce film ne déçoit pas.


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Mais "Angustia", c'est aussi l'histoire d'une salle de cinéma qui regarde ce film d'horreur (celui avec le tueur qui aime les yeux).
Et tous ces gens se sentent moyennement à l'aise. Suées, troubles... Et ce voisin de fauteuil, là, il est bizarre non ? Il ressemble pas un peu au héros du film ? Bref, certaines personnes sont complètement absorbées par le film, mais d'autres ne se sentent pas au mieux de leur forme. Serait-ce dû aux images subliminales ?
L'idée de la mise en abîme est bonne, très bonne même : Bigas Luna nous montre à la fois la salle qui regarde le film et "le film". Pourtant, au fur et à mesure que "Angustia" progresse, ce qui ressemble à une bonne idée perd peu à peu de sa superbe, et devient anecdotique. Même l'un des retournements de situation qui apparaît vers la fin du film, faisant virer "Angustia" de bord définitivement, ne sauve pas l'affaire.
Pire, j'ai personnellement regretté cette 'bonne idée'. Disons que je trouvais l'histoire du type cinglé qui arrache les yeux plus passionnante que les histoires de la salle de cinéma. Car ce film d'horreur est tout bonnement excellent ! Bref, ces changements de rythmes incessants m'ont un peu décontenancé.


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Attention : "Angustia" n'est pas un mauvais film, loin de là. Divertissant intelligent, il vaut définitivement le coup d'être vu. Pourtant, je pense qu'il mérite d'être regardé au cinéma, et non dans la chaleur tendre ouatée de son canapé (oui, mon canapé est tendre et ouaté).
Car la bonne idée de la mise en abîme perpétuelle perd de son charme, peut être parce qu'une partie de l'ambiance, celle qui devrait venir de la salle de cinéma, manque cruellement.
Dommage, car le film a du potentiel... Sans parler du film dans le film, qui m'a littéralement bluffé avec son ambiance bizarre et angoissante !
Dites monsieur Luna, quand est-ce que vous allez nous faire un petit slasher ?


maht

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