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cani arrabbiati

cani arrabbiati
Aka: les chiens enragés, rabid dogs, kidnapped, semaforo rosso, wild dogs

cani arrabbiati

Une bande de malfrats pourchassés par la police, après un casse sanguinaire se réfugie dans un parking souterrain. Là, ils se retrouvent acculés et pris au piège... malheureusement pour elles, ils tombent sur deux jeunes femmes qu'ils prennent comme boucliers humains. L'une d'elle en fait les frais : celui que l'on surnomme "Blade" enfonce maladroitement et sans s'en rendre vraiment compte la lame de son couteaux dans la gorge de la jeune femme, devant le regard effaré des policiers.
La deuxième, plus "chanceuse" (ou moins chanceuse ?) servira d'otage et permettra à notre gang de s'échapper.
Ceux-ci dans leur fuite, percutent une voiture conduite par un père de famille qui mène son fils malade à l'hôpital. Ils décident de monter à bord et de forcer ce père de famille à conduire le véhicule.
S'en suit une course folle et délirante dont la destination reste inconnue...


les chiens enragés

Mario Bava nous laisse ici une oeuvre étonnante et oserais je dire, détonante... Le maître du giallo nous montre qu'il peut également exceller dans le genre du thriller psychologique. Il est d'ailleurs extrêmement dommage que "Rabid dog" soit resté si longtemps au fond de sa boite, et diffusé une vingtaine d'années plus tard, terminé par son fils : Lamberto Bava... Dire qu'on aurait pu passer à jamais à côté de ce joyau !
Heureusement, Lamberto a permis que le film sorte en 1997, pour notre plus grand plaisir. Il a également ajouté quelques petites scènes au début du film, mais on sent qu'il s'agit bien là de l'oeuvre et du talent de son père et que "Kidnapped" (renommé de cette façon par Lamberto) porte bien la patte de Mario Bava.


cani arrabbiati

Peu d'action, ou plutôt peu d'événements dans ce film. "Les Chiens Enragés" développe une intrigue plus que minimaliste. Toute l'action est filmée dans l'habitacle cloîtré de la voiture. Pratiquement filmé sur la totalité en huis clos, les quelques échappées extérieures sont aussi oppressantes. Vous l'avez compris, tout se joue dans une tension extrême et une atmosphère suffocante, par le biais d'une caméra qui filme le plus souvent en gros plan des personnages prisonniers.
Les bourreaux comme les victimes, sont confinés, étouffés, ils n'ont aucune issue, aucun autre choix que de se supporter mutuellement. Aussi, même si Maria, surnommée par les malfrats Greta Garbo, tente de s'échapper, on sait d'emblée que c'est inutile: on comprend dès les premières minutes qu'aucun des personnages n'échappera à son destin.
Et la tension montre, nos protagonistes n'en peuvent plus d'être pris dans cet espace confiné.


les chiens enragés

Aussi, Mario Bava ne nous montre pas la meilleure part de l'humanité, au travers de ces gaillards qui sont tout sauf respectueux et délicats... Blades et Thirtytwo (devinez pourquoi ce surnom...) méritent bien le pseudonyme de chiens enragés. Dégoulinant de sueurs, sales, tendus, la mine patibulaire digne des meilleurs westerns, ils cèdent facilement à leurs instincts les plus lubriques. Ils sont crus, sadiques, martyrisent la pauvre "Greta Garbo", menacent et le chauffeur et l'enfant malade...
La folie guettent à chaque instant ces truands sans foi ni loi, prête à les envahir, mais également leurs pauvres victimes. On sent qu'à chacun geste, à chaque cri, tout peut basculer dans l'horreur la plus totale.
Seuls les deux caractères forts Dottore, le chef des bandits et Riccardo, le père de famille, arrivent à garder un certain sans froid et donc rétablissent un semblant d'équilibre.
Mais dans l'habitacle de la voiture, l'explosion ne semble jamais loin...


cani arrabbiati

Ainsi tout au long du film on est tendu, la suffocation en devient contagieuse. Elle a cette consistance que l'on retrouve dans certains bouquins de Gabriel Garcia Marquez.
Maria va t elle se sortir des griffes de nos deux tarés ? Les bandits vont ils laisser mourir l'enfant malade ? Vont ils tous sombrer définitivement dans la folie et s'entretuer ?
Le tout est accompagné de la superbe musique de fond omniprésente d'un maître du genre (Cipriani) qui colle parfaitement à cette ambiance oppressante et vient prendre une place tout aussi importante que l'intrigue ou les personnages.
Ce thriller psychologique est intense, nous dévoilant un Mario Bava maître d'une mise en scène pesante et enivrante. On ne sait pas trop ce qui se joue là, ni la destination de chacun des personnages, mais peut importe... l'intérêt est ailleurs. Et on se laisse entraîner dans la folie déroutante de ces acteurs qui jouent admirablement bien leur rôle.
Et si c'était vraiment ça l'être humain ?


bloodyjane

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