* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

dressed to kill

dressed to kill
Aka: pulsions

dressed to kill

Kate Miller s'ennuie dans une vie qu'elle juge trop ennuyante, avec un mari peu gratifiant, voire maltraitant. Perdant confiance en elle-même et son entourage, et bien que suivant une analyse avec le Docteur Elliott, elle teste son sex-appeal avec pas mal d'hommes, espérant peut être trouver l'amour ou quelque chose d'autre.
Un jour, dans un musée, elle croise un homme qui l'attire. Hésitante, elle finit par le suivre chez lui où ils feront l'amour. Mais en rentrant chez elle, Kate va se faire sauvagement tuer par une femme blonde dans l'ascenseur.
Témoin du meurtre, Liz Blake est d'abord soupçonnée par le Détective Marino.
Aidé du fils de Kate Miller, elle va devoir prouver son innocence.
Mais la meurtrière blonde rôde encore.


pulsions

De Palma est souvent considéré comme un maître du suspense et un digne héritier d'Alfred Hitchcock, même s'il ne s'est jamais contenté de copier bêtement l'homme à la silhouette si caractéristique.
Avec "Pulsions", De Palma nous offre la quintessence de ce que devrait être un film de suspense, l'essence même qui caractérise le whodunit - du thriller hitchcockien au giallo italien, un hommage à ce que des dizaines de réalisateurs ont patiemment construit dans notre imaginaire collectif.
En effet, seront repris tout au long du film toutes les scènes clés du genre thriller, mais sublimées, emphasées.
Tant et si bien que ce condensé prend parfois une forme très humoristique, voire parodique.
Alors, ce "Dressed To Kill": c'est du sérieux, ou pour de rire?


dressed to kill

Un peu des deux, mon général.
Et je prends pour exemple cette entrée en matière triviale, grotesque, qu'est la première scène. Vous aurez en effet tout loisir d'admirer sous ses moindres coutures une femme qui, dans sa salle de bain embuée, se caresse sous la douche.
Angie Dickinson en fait des tonnes pour notre plus grand plaisir, la buée sur la caméra donne un côté très "softporn" avec musique de film érotique des années 70 : bref, on baigne dans l'imagerie sexy tant utilisée dans les films d'exploitation italiens.
Cette scène d'autosatisfaction corporelle fait se poser les premières questions sur le film, tant elle porte de ridicule et de kitsch en elle-même.
On a un peu l'impression que De Palma la met au début du film, et nous dit "Bon, ça s'est fait, on va pouvoir passer au sérieux."
Car sérieux il y a avec deux scènes d'anthologies qui suivent :
La première, dans le musée, quand Kate Miller tombe sous le charme d'un homme. Cette scène de quasiment dix minutes, muette ou presque, est supportée par la musique, mais surtout par la mise en scène. Point besoin de paroles pour ressentir ce qu'éprouve Kate : ennui, regret, espoir, désir, peur, perte de repères, tout est transposé sur la pellicule par le mouvement. Mouvements des acteurs, mais aussi de la caméra.
Suit la scène du crime, reprenant la fameuse scène de la douche de "Psycho" jusque dans la musique, mais la transposant dans un ascenseur. Admirable, elle intègre aussi tous les classiques du giallo de Dario Argento et Bava : le meurtre à l'arme blanche, le tueur visible sans jamais réellement être reconnaissable, et le témoin du crime qui va devenir l'enquêteur.


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Aussi parfaites et totalement maîtrisées que soient ces deux scènes, il n'y a finalement rien de nouveau sous le soleil. Et l'esthétique tellement maîtrisé faisant toujours la part belle à des scènes devenues des "must do" du film de suspense laisse à penser que De Palma fait des clins d'oeil à ses camarades réalisateurs. C'est alors que le film change assez subtilement.
Car si "Pulsions" est intéressant, c'est surtout qu'il signe la fin d'une époque, et confronte le thriller à la Hitchock (et par le fait, le giallo italien) au thriller moderne, et ce qu'il deviendra, dans les années 80. Plus sombre, moins propret.
L'homicide de Kate Miller est en quelque sorte la fin de l'héroïne blonde, femme mûre de la classe moyenne supérieure, vivant dans un appartement cossu qu'on retrouve généralement dans ces films. C'est l'abolition du beau héros masculin, de la même classe moyenne, flic courageux ou journaliste émérite, homme de bonne famille.
Le héros de "Dressed To kill" sera une jeune femme, une call-girl, pour ne pas dire une putain. Les seconds rôles sont un petit génie de l'électronique et un flic véreux.
La technologie prend d'ailleurs un rôle important, autre signe de modernité, avec un procédé d'image par image mis au point par le gamin, qui n'est pas sans rappeler celui de "Blow Out", autre film de De Palma qui sera tourné l'année suivante avec quasiment la même équipe.


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Coupé en deux, "Pulsions" a donc une première partie hommage / parodie, et une seconde partie thriller pur.
Étonnamment, c'est surtout la première partie que j'ai retenue. Le côté soigné, glamour, porté par une réalisation pointilleuse, m'a littéralement subjugué. Mais attention, la seconde partie n'est pas sans qualité, et on reste tout au long du film accroché, à essayer de deviner qui est cette femme blonde, ce tueur qui semble être partout, comme un jeu de cache cache permanent.
Seul le final.... Allez, je ne vous le cache pas, la fin offre dix minutes de pellicule perdue, offrant une scène qui n'a finalement rien à foutre là.
En même temps, c'est la dernière figure imposée, un moyen de finir comme le film a commencé, par un lieu commun du thriller. Finalement, aussi novateur que peut être "Pulsions", il ne peut pas passer outre cette scène finale, l'ultime retournement de situation improbable cher à tous ces films que nous aimons.
Bref, Brian De Palma donne à voir dans "Dressed To Kill", un film à la fois de suspens, à la fois humoristique, à la fois moderne, à la fois hommage. Un bon film.


maht

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