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company of wolves (the)

company of wolves (the)
Aka: la compagnie des loups

company of wolves (the)

Rosaleen est une jeune fille qui s'est enfermée dans sa chambre. Elle prétend avoir mal au ventre, mais le fait est qu'elle a quelques problèmes avec sa famille en ce moment, et notamment sa soeur. Assoupie, elle rêve. Elle rêve qu'elle se trouve dans les temps anciens, et que sa grande soeur vient de mourir, dévorée par un loup.
Elle devient alors la favorite de sa grand mère. Sa grand mère adorée qui lui raconte toutes ces histoires remplies de loup, d'hommes perdus dans la forêt et dont les sourcils se rejoignent, de chemin forestier qu'il ne faut jamais quitter et de pommes qu'il ne faut pas manger.
Sa grand mère préférée qui va lui faire un joli chaperon... Rouge !


la compagnie des loups

Dix ans avant l'adaptation d'"Entretien Avec Un Vampire", Neil Jordan nous avait pondu ce petit ovni, adapté très librement du petit chaperon rouge, mais surtout d'une nouvelle d'Angela Carter. Bien plus que de nous raconter un petit chaperon rouge déjà pas mal connoté, "La Compagnie Des Loups" met en image le rôle symbolique du loup dans les contes : celui qui éloigne les jeunes filles du droit chemin pour les "dévorer".
Le trouble est éclairci dès le début du film: les loups sont tout simplement des hommes dont les sourcils broussailleux se rejoignent. "La Compagnie des Loups" tombe dans le fantastique quand ces hommes deviennent de véritables loups lors de scènes de transformations (assez impressionnantes d'ailleurs).
Le film ne se contente pas d'explorer l'imagerie du méchant loup, et regorge de symboles plus ou moins évidents, bibliques ou païens, poétiques ou mythologiques, qui généralement sont mis en image avec brio.


company of wolves (the)

L'histoire de cette jeune fille, ce petit chaperon rouge, est l'histoire principale, et en filigrane, mère-grand raconte quelques histoires merveilleuses - quelques contes.
Le film passe ainsi d'une histoire à l'autre : de Rosaleen, la jeune fille du XXème siècle dormant et rêvant, à Rosaleen la jeune fille qui n'a plus de soeur et qui est tentée par le loup, en passant par de multiples contes, sans jamais nous perdre ne serait-ce qu'un instant.
Détails amusant, et qui rend le film assez similaire au " Alice" de Jan Svankmajer, l'ensemble du rêve Rosaleen est composé d'objets que l'on peut voir dans sa chambre : un ours en peluche, une voiture blanche où apparaîtra le Diable (d'ailleurs interprété par le magnifique Terence Stamp), une poupée qui ressemble étrangement à la grand-mère, etc...
En parlant du diable : les transformations de loup-garou, bien que rares, sont d'une assez bonne facture, inventive, et oscillent encore une fois entre le fantasque et un gore édulcoré. On sent d'ailleurs une certaine influence tirée d'"An American Werewolf in London", autre film anglais


la compagnie des loups

Côté réalisation, les premières minutes font un peu peur, car on a légèrement l'impression de voir un téléfilm 'oh so british' !
Bref, rien de bien extraordinaire.
Mais dès que l'on entre dans le rêve de Rosaleen, la lumière fait l'essentiel du travail. Tourné essentiellement en studio, le film jouit d'une photographie assez spéciale, suggérant un monde en demi-teinte, mi-sombre mi-joyeux. Parfois sera souligné l'un ou l'autre. Notons l'évidente omniprésence du rouge qui, chaque fois, ressort particulièrement de l'image.
Pour le reste, on nous propose un casting plaisants : Angela Lansbury , célèbre héroïne d'Arabesque campe assez bien la mère-grand grâce à son physique; David Warner, un de ces acteurs dont vous connaissez le visage sans jamais savoir dans quel film il a joué, joue le père de Rosaleen. Enfin l'apparition brève de Terence Stamp dans le rôle du diable fascine.
Côté musique, rien de bien extraordinaire, mais l'ambiance est là, et c'est largement suffisant.


company of wolves (the)

Si un jour, j'avais tenu un vidéo-club, où aurais-je placé "La Compagnie Des Loups" ? On peut légitimement hésiter entre deux catégories. Au prime abord, on penche pour les films d'horreur. Mais c'est être bien réducteur que de le mettre au milieu de slashers sanguinolents.
On pourrait alors le mettre dans la catégorie "Jeunesse", tant au final il est proche d'un conte, avec tout ce que cela sous-entend de macabre et de merveilleux. Oui, mais là, ce sont des cohortes de parents qui viendraient se plaindre de la violence des transformations des loups, qui, définitivement, ne sont pas pour les enfants.
D'un film à la réalisation assez austère, Neil Jordan a réussi à créer une atmosphère, à retranscrire un imaginaire, à développer un univers suffisamment cohérent et attachant pour en faire oublier l'apparente banalité. Mieux, du film on ne retient que le merveilleux, l'enchanteur, mais aussi l'inquiétant.
"La compagnie des Loups" est donc un ovni, un film étrange qu'on pourrait mettre aux côtés d'"Alice", de "Dolls", ou encore de "Santa Sangre".Un joli film qui fourmille de symboles et d'images poétiques, et qui nous offre une vision du conte de fée crue(l).


maht

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