* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

eaten alive

eaten alive
Aka: le crocodile de la mort, horror hotel, horror hotel massacre, legend of the bayou, murder on the bayou, starlight slaughter, death trap

eaten alive

Dans le bordel de "Mademoiselle", une jeune fille, nouvelle et dotée d'une superbe perruque bouclée, refuse de se plier aux exigences d'un client et donc se fait virer. Elle est purement et simplement jetée dehors avec ses bagages. La bonne, qui a pitié d'elle, lui donne un peu d'argent et lui conseille de se rendre au "Starlight Hotel" non loin de là, pour y passer la nuit.
Arrivée sur les lieux la jeune fille y trouve un hôtel délabré et crasseux, tenu par un certain Judd, ancien vétéran du Vietnam, tout aussi délabré et crasseux que son hôtel. Judd a pour seul compagnon un crocodile, "qui ne fait aucune différence et bouffe tout ce qui est à sa portée".
Lorsqu'ils arrivent dans la chambre, Judd se rend compte que la fille vient de chez "Mademoiselle". Il tente de la violer et entre dans une folie meurtrière. Armée de sa fourche le maître d'hôtel fou la frappe violemment avant de la jeter dans la marre où se tapit le crocodile...


le crocodile de la mort

C'est réellement du Tobe Hooper que nous avons là... On reconnaît bien la patte du sarcastique, crade et violent qui caractérise ce réalisateur.
Tout d'abord dans l'ambiance du film. Et les lieux contribuent largement à donner cette atmosphère poisseuse et dérangeante. L'hôtel se situe dans le Bayou, et les personnages évoluent dans un brouillard constant. La crasse semble présente partout. Si bien qu'on a cette sensation que l'air en ces lieux est irrespirable, et on peut facilement imaginer la puanteur et la moisissure qui y plane...
Ainsi l'endroit est à l'image de son propriétaire dont la personnalité peut changer en un quart de seconde...
Dans l'hôtel même, un vieux crincrin dont le volume est monté à fond diffuse constamment une musique folk, aliénante et contribuant à donner une ambiance glauque. Le fond sonore dans les scènes de poursuites et de folie meurtrière est infernal, il consiste en une suite de sons stridents et cacophonie délirante réalisé également par l'esprit (dérangé ?) de notre réalisateur...


eaten alive

La réalisation a ce grain particulier qui n'épargne rien ni personne... Le film n'est pas réaliste comme avait pu l'être le chef d'oeuvre du maître "Massacre à la Tronçonneuse". Contrairement à ce dernier, ici, on sent bien qu'on est dans une fiction et Tobe Hooper le rappelle dès qu'il le peut... et en joue.
Cependant, le film conserve cet aspect poisseux et nauséeux qui met le spectateur mal à l'aise, ceci malgré les filtres verts ou rouges qui n'adoucissent absolument pas l'image... et notre roi de l'horreur n'hésite pas à faire dans un gore cracra et dérangeant. L'heure n'est plus à la suggestion, comme il a su le faire par le passé, là, il nous montre et le sang et l'horreur des situations. Pas d'intrigue poussée, nous sommes là pour assister à des meurtres à la pelle, ou plutôt, à la faux !
Le réalisateur est habile, considérant les moyens qu'il a, il sait que son montre de plastique n'est pas effrayant. Mais il sait en faire une ombre, jouer du brouillard et de l'ambiance pour rendre sa présence inquiétante. On le voit très peu, mais c'est toujours lui qui termine le boulot, il est présent sans l'être vraiment.


le crocodile de la mort

Les personnages, également, sont tout droit sortis de l'imaginaire d'un Tobe Hooper, aucun doute là dessus.
Le gérant est complètement tyrannique, violent, effrayant de par sa folie imprévisible. Et le réalisateur va loin... pas de quartier ! Notre judd se transforme en ogre infâme, loin, très loin des contes de fée et s'attaque à une enfant, qu'il enferme sous son hôtel afin de pouvoir la traquer.
Tous les personnages sont caractéristiques : les parents de l'enfant sont à moitié tarés, ils s'engueulent alors que la petite vient de subir un traumatisme (son chien a été bouffé sous ses yeux par le crocodile), le père qui fait une bouffée délirante finit par se prendre pour un chien et cherche ses yeux par terre, accusant sa femme de lui avoir arraché...
Et le casting est de qualité ! On est heureux d'y retrouver : Robert Englund (alias "Freddy") dans son rôle de délinquant sorti de prison superbement bien interprété, William Finley (le musicien de "Phantom of the Paradise") qui est admirable dans son rôle de père halluciné et hystérique, la jolie Marilyn Burns (qui a également joué dans "Massacre à la Tronçonneuse")... mais également Morticia Adams... dans le rôle de Mademoiselle (qui a un peu vieilli et beaucoup perdu de son charme d'antan...).
Bref, pour notre plus grand plaisir les acteurs contribuent à nous foutre sacrément mal à l'aise et à donner cette ambiance si particulière que l'on peu retrouver dans certains des films de Tobe Hooper.


eaten alive

Aussi, bien que "La nuit des Crocodiles" ne soit pas le chef d'oeuvre de l'année, il peut tout de même être placé parmi les bon petits films du cinéma bis d'horreur.
Malgré ses longueurs et son intrigue quasi inexistante, c'est un film singulier, dans lequel on reconnaît l'univers du réalisateur.
Et ceci est assez rare pour être souligné.
On adhère ou pas au gore malsain et crade de Tobe Hopper, à la violence gratuite, à ses Rednecks qui hantent certains de ses films, complètement tarés et dégénérés, à cette deviance tyrannique et sexuelle... mais on ne peut que reconnaître que Tobe Hooper est un réalisateur de talent qui a son propre univers et sait nous désarçonner.
"Eaten Alive" est un petit bijou dérangeant et déroutant, à conseiller aux adaptes du gore et de la série B.


bloodyjane

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