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vanishing point

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Aka: point limite zéro

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Kowalski, ancien pilote de course, s'est donné pour mission de livrer une Dodge Challenger RT à San Francisco en un temps plus que record d'une demi journée. Son pote dealer, incrédule quand à la réalisation de ce challenge, ouvre les paris. Après s'être ingurgité quelques extas, Kowalski part de Denvers, il a donc 1500 km à parcourir à vive allure s'il veut gagner son pari.
Rapidement, il se retrouve coursé par les flics pour excès de vitesse. Mais rien n'arrêtera sa folle expédition à travers les états de l'Amérique, soutenu dans sa course par "Super Soul", l'animateur de Radio Branché, noir et aveugle... Mais jusqu'où notre héros de la route repoussera-t-il les limites ?


point limite zéro

Attention, ce road movie décoiffe. Quel bel objet nous a concocté là Richard C. Sarafian ! Un Road Movie tout à fait intéressant et comme on n'en fait plus.
La force de "Vanishing Point" est issue de son rythme effréné : l'intrigue minimaliste tient en quelques lignes et pourtant le réalisateur réussit à nous tenir en haleine du début à la fin, créant des moments de suspense, quelques instants magiques et des surprises tout à fait attrayantes...
De plus, ce qui n'est pas pour nous déplaire, la réalisation est singulière et superbement réussie. La photographie est impeccable et nous suivons Kowalski à travers les fabuleux paysages américains.
Bref, Richard C. Sarafian sait parfaitement s'approprier ces décors féeriques de façon à nous faire rêver...


vanishing point

Ainsi, parmi ces grands espaces poussiéreux qui donnent toute leurs forces à l'image, le spectateur voit filer notre héros.
En parlant de héros, voici aussi un traitement singulier de la part du réalisateur... Kowalski doté de grosses pattes typique année 70, n'est pas plus charmant ni impressionnant qu'un autre. Au travers des différents flash-back, il nous est même présenté comme un mec banal, qui n'a pas réussi grand chose dans sa vie.
Mais il devient, au fil des minutes, de plus en plus charismatique, de part sa volonté d'aller jusqu'au bout quoiqu'il arrive. Bref, l'ensemble le fait devenir un vrai héros, attachant et touchant. De looser qu'il était, ancien flic et pilote de course peu remarqué, il devient le symbole d'une Amérique qui se retrouve captivée par sa course.
Il devient aussi l'idole de "Super Soul" cet animateur de Radio qui non seulement commente la course, mais devient son "guide" par radio interposée. En effet, Super Soul capte la fréquence radio de la police et peut donc, avertir Kowalski des pièges qu'on lui pose...
Cette relation insolite qui s'installe au fil des kilomètres entre le conducteur et l'animateur de radio ajoute une touche particulière à l'ensemble. Super Soul l'amène à devenir le symbole du dernier américain libre et indomptable mais qui reste somme toute un homme avec ses failles et ses défauts.


point limite zéro

Ainsi, Richard C. Sarafian fait passer quelques messages à travers "Vanishing Point". Il nous montre une police qui finit par courser Kowalski sans trop savoir pourquoi... il nous rappelle, à travers une scène poignante où Super Soul est corrigé par un flic une certaine Amérique raciste et conservatrice.
Bref, il décrit une Amérique malade, un peuple qui se cherche comme ce groupe d'illuminés qui chantent Jésus à tue tête, armés de tambourins clinquants, que Kowalski rencontre dans le désert. Ou ces deux homosexuels aigris et haineux qu'il aide et qui le remercient en tentant de lui planter un couteau dans la gorge...
Mais il sait aussi nous faire découvrir une Amérique fabuleuse, peuplée de personnages riches et atypiques. Comme ce vieil homme du désert, chasseur de serpents venimeux, ou ce couple de bikers hippies anti-conformistes, dont la jeune fille vit nue.
Bref une Amérique typique des années 70, perdue, avec ses utopies, ses rêves et ses haines.


vanishing point

Ainsi "Vanishing Point" sait nous faire rêver et tape dans le mille : il mêle de façon admirable courses et rythme effrénés à des arrêts sur des images somptueuses et insolites... Une construction originale où le temps cinématographique se décompose en flash-back, ellipses, en instants futurs et présents.
Tout ceci sur une bande originale omniprésente qui est totalement indissociable du film et qui participe, bien sûr, à cette atmosphère fabuleuse et hypnotisante. Une musique Soul agréable et admirablement bien choisie par notre guide radiophonique : Super Soul !
Aussi, "Vanishing Point" est un beau film, de par sa photographie. La réalisation est parfaite, les mouvements de caméra s'adaptent parfaitement à cet espace immense qu'offre l'Amérique.
On lui pardonnera aisément l'unique flash-back raté du film, niais à souhait, qui montre les ébats amoureux de Kowalski...
"Vanishing Point" est un petit film ingénieux, original et surprenant. Un film beau dans l'ensemble,emprunt des années 70.
Je vous suggère donc de monter à bord de la superbe Dodge Challenger de Kowalski pour effectuer un agréable voyage dans l'Amérique de 1971 !


bloodyjane

Affiche(s)

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