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paroxismus

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paroxismus

Jimmy logan est un trompettiste jouant dans des bars ou des soirées privées. Un jour, il aperçoit une jeune femme magnifique, Wanda, et tombe immédiatement amoureux. Mais celle-ci quitte aussitôt la soirée avec deux hommes et une femme. Elle se fait ensuite violer, frapper, fouetter par les trois individus. Jimmy voit la scène mais n'intervient pas, se disant que cela ne le regarde pas.
Plus tard, il se réveille dans son bungalow, au bord de la plage. Il ne se souvient pas comment il est arrivé là, il ne sait plus si la soirée avec Wanda était hier, il y a une semaine ou un mois. Il court vers la plage et déterre sa trompette, alors qu'il ne se souvenait pas l'avoir enterrée.
C'est alors qu'il aperçoit un corps flotter sur l'écume. Le corps de Wanda.
Il part alors pour Rio, tente d'oublier Wanda auprès de Rita, une chanteuse de jazz noire. Mais voilà : un jour, alors qu'il joue, il revoit Wanda toute habillée de fourrure, entrer dans le club de jazz.


venus in furs

Le moins que l'on puisse dire avec les films de Franco, c'est qu'ils sont hétéroclites. Dur de définir de véritables périodes dans la filmographie colossale du monsieur, mais on peut cependant considérer que les films des années 80 sont moins travaillés que ceux des années 70, et que ceux des années 70 sont moins travaillés que ceux des années 60 : nous avons d'ailleurs déjà critiqué le très bon "Miss Muerte", légèrement antérieur à "Venus In Furs".
Dès le début du film, le ton est donné : jazz, voix off, plans soignés, bonnes idées de réalisation, nous avons à faire à un très bon Franco.
Un excellent Franco même et je pèse mes mots, puisqu'on a carrément parfois la singulière impression d'être devant une sorte de "Lost Highway", surtout à cause de ce jazz omniprésent, de l'onirisme lancinant, de la lumière et des décors tirant constamment sur un rouge chaud et sale.


paroxismus

Franco explique qu'il voulait à l'origine raconter l'histoire d'un jazzman noir couchant avec une femme blanche, et c'est tout ! L'inversion du couple due à la bonne morale américaine de l'époque, ne gâche en rien l'histoire, d'autant que s'y sont ajoutés des motifs fantastiques.
Pour le reste, l'essentiel de la trame est familière à Franco (comme par exemple "She Killed in Exctasy") : une jeune femme se venge en tuant et en faisant l'amour à ces anciens tyrans. Rien d'extraordinaire de ce côté là.
On trouvera aussi ce qui fait la patte de Jess Franco, à savoir un érotisme saillant et chic quoi qu'un poil vulgaire, moult jeux de miroir et autres effets de zoom.
Pourtant, ce que l'on retient véritablement de "Paroxismus" et qui tranche assez fortement avec les autres films de Franco que j'ai pu voir, c'est l'ambiance véritablement homogène, et le soin apporté à l'ensemble de l'univers créé pour le film.
Seul point noir : une certaine tendance aux effets de type solarisation, flou et autres ralentis. Ces effets, gratuits, coupent un peu avec la puissance du film qui s'en serait bien passé. En plus d'être assez cheap, ils ne rajoutent pas grand chose et ne font qu'agacer. Jess Franco s'en explique d'ailleurs, soulignant que son montage a été retouché et que ces effets ont été rajoutés. Que ce soit vrai ou pas, on ne lui en tiendra pas trop rigueur, car "Venus in Furs" fonctionne à merveille.


venus in furs

La musique omniprésente (composée par le groupe Manfred Mann et au passage excellente) est entêtante, et tombe parfois dans une sorte de free jazz qui colle parfaitement avec l'ambiance "bouge des bas quartiers" des décors. Elle constitue un des motifs essentiel du film.
Les décors sont eux soutenus par une lumière très contrastée, souvent sombre, et par quelques bonnes idées de réalisation : je pense notamment à la scène de souvenir au début du film où les personnages principaux sont les seuls à bouger. Les gens autour d'eux font partis du décor, ne sont que des meubles qui ne se meuvent pas, ce qui donne un décalage assez intéressant avec la réalité.
Les scènes dans les soirées jazz sont aussi un leitmotiv parfois montée avec un ralenti assez gênant, et apparaissent comme un motif récurant où ne changent véritablement que la coupe de cheveux de Wanda. Celle-ci passe de brune à blonde, d'une chevelure flamboyante à un carré à la garçonne.


paroxismus

Bref, "Venus In Furs", considéré par certains comme le chef d'oeuvre de Jesus Franco, vaut le coup d'oeil.
Suivant son petit bonhomme de chemin, le film s'insinue lentement dans votre esprit pour le hanter, et ce qui pourrait ressembler à un petit film est en fait un excellent long métrage.
L'univers est soigné, et la répétition de divers motifs (musique, personnages, décors, etc.) tout au long du film donne une singulière impression de rêve, ou de cauchemar. Ajouter à cela un casting impressionnant, de Klaus Kinsky à Maria Rohm, et le film a tout pour devenir culte.
Dans "Venus in Furs", on retrouve ce qui fait le charme de Franco (y compris ses défauts), ce réalisateur atypique capable du pire comme du meilleur. S'il ne fallait en voir qu'un, je vous conseillerais donc celui-ci.
Enfin ! Tout le savoir faire de Franco apparaît à l'écran en une seule fois.
Ah Jess, que ne nous as-tu pas pondu autant de chefs d'oeuvre !


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