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simple mortel

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Aka: a mere mortal

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Christophe est un spécialiste des langues mortes, et plus particulièrement du gaélique ancien. Il travaille à la traduction de textes avec son ami Fabien dans un institut .
Sa petite amie doit partir en séminaire et il se retrouve seul chez lui. Aussi décide-t-il de travailler un peu. Il remarque à peine qu'autour de lui les magnétophones, radios, etc. commencent à émettre des grésillements étranges. Et quand il entend un message qui lui est particulièrement destiné en gaélique, il pense à une blague de Fabien.
Mais la voix se fait insistante et lui dit de ne parler à personne de ce qu'il vit sous peine de grand malheur. Fabien manque d'ailleurs de se faire écraser.
Très vite, Christophe comprend que ce n'est pas un canular, pense qu'il devient fou, puis réalise qu'il est le hochet de "quelque chose" qui se sert de lui pour s'amuser. Il devra exécuter des missions, solutionner des énigmes pour sauver parfois un homme, parfois des dizaines, parfois des milliers...


a mere mortal

Le croisement du cinéma français et du fantastique, s'il se fait de plus en plus couramment aujourd'hui, était assez rare il y a quelques temps. Dans les années 80, quelques réalisateurs comme Jean Pierre Mocky avaient tenté l'expérience, mais les Etats-Unis se sont vite imposés dans ce style, accaparant le genre au point qu'il était peu pensable pour des réalisateurs et des producteurs français de mettre leurs billes dans un film fantastique.
Quelques perles ont tout de même vu le jour, et en 1991 sort "Simple Mortel" de Pierre Jolivet.
Jolivet a l'excellente idée de jouer du fantastique d'une manière différente de celle des américains. Ici tout passe par la narration : pas d'effets spéciaux, pas de maquillage, juste une histoire.
Mieux, puisqu'il ne montrera rien, tout passera par l'auditif : les êtres qui communiquent avec Christophe n'existe que par une voix étrange et légèrement synthétique.


simple mortel

Le film, bien que virant totalement dans le fantastique et l'invraisemblable, a toutes les approches du drame. Christophe est persuadé qu'il devient cinglé, et met du temps à comprendre qu'on lui offre la lourde mission de sauver des dizaines de vies humaines, toujours à condition de résoudre des énigmes plus ou moins vaines.
Le poids de l'enjeu devient de plus en plus lourd à chaque énigme, comment est-ce que Christophe résistera à la pression ?
Le spectateur ne peut que se poser des questions face au désarroi du héros en prise avec sa conscience: et si pour sauver une vie, il fallait vous battre contre un homme, vous feriez quoi ? Et si pour sauver l'humanité toute entière, il fallait en tuer un. Vous... Vous feriez quoi ?
Et aussi: pourquoi lui ? Pourquoi ce rôle tombe sur lui ?


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La réalisation de Pierre Jolivet est assez sobre, seul le son prend une place à part et joue évidement un rôle primordial. On peut d'ailleurs regretter que les sempiternels morceaux de musique qui passent à la radio soient toujours trop mis en avant, laissant parfois présager des missions qui vont échoir à Christophe.
Pourtant chaque grésillement de radio, parfois dû à de simples parasites, provoque systématiquement un frisson, preuve que le procédé fonctionne à merveille.
L'ambiance est volontairement froide, et notons d'ailleurs au passage l'excellente interprétation de Philippe Volter qui porte quasiment seul tout le film (puisqu'il doit réaliser ses missions seul sans en parler à personne, sous peine qu'ils meurent).
Les autres personnages ont des rôles anecdotiques mais sont néanmoins intéressants, comme l'expert cynique des assurances joué par un Roland Giraud irrésistible, et bien sûr l'ami de Christophe interprété par Christophe Bourseiller.


simple mortel

Rythme qui augmente graduellement et scénario rondement mené, interprétation à la hauteur, "Simple Mortel" a tout pour plaire au fan de cinéma fantastique pourvu qu'il n'ait pas peur de n'avoir aucun effets spéciaux à se mettre sous la dent.
Il prouve aussi que le cinéma fantastique, même dans les années 90, n'était pas l'apanage des américains seuls et qu'une bonne idée couplée à un petit budget font toujours mieux qu'un scénario éculé couplé à de gros budgets effets spéciaux.
Un film qui donne à voir, à entendre, et à réfléchir. Et donc à voir absolument pour se réconcilier avec le cinéma français... pour peu qu'on soit fâché avec lui.


maht

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