* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

boogeyman (the)

boogeyman (the)
Aka: spectre, the boogey man, the bogey man

boogeyman (the)

Par une sombre nuit (hum hum), alors que sont sensés être couchés les enfants, une femme et son amant découvrent les joies de la chair. Pendant ce temps, les enfants de la jeune femme, sans doute désireux d'en apprendre plus sur les mystères de l'amour, regardent éberlués par la fenêtre.
Les deux amoureux décident de remiser les impudents dans leur chambre pour être un peu au calme. L'amant, alors passablement éméché, ligote Willy sur son lit.
Heureusement, Lacey, la cadette, va chercher un couteau pour libérer son frère des liens qui l'entravent.
Willy, furieux et enfin libre, décide de se faire justice tout seul. Il empoigne le poignard de sa soeur, et tue le méchant amant dans le lit de sa mère.
Quelques années plus tard, le jeune Willy est devenu un homme vigoureux mais il a sombré dans un mutisme le plus total.
Lacey, elle, est hantée par la vision du meurtre dont elle a vu les moindres détails via un miroir. Un jour où son mari l'amène dans son ancienne maison, elle détruit ce miroir.
Grossière erreur : le méchant amant le hantait... Et il est maintenant libéré !


spectre

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les nombreux films d'Ulli Lommel (tant à la réalisation qu'à l'écriture) n'ont pas marqué l'histoire du cinéma horrifique. Et pourtant le monsieur fut particulièrement productif !
Surfant généralement sur les succès à la mode, ce réalisateur n'a jamais su se départir de ses maîtres, et il ne reste pour regarder ses films que quelques affamés de l'horreur, des sortes de rapaces dont nous sommes une des espèces.
Et puisque l'on parle de maîtres, notons d'emblée une certaine ressemblance d'ouverture avec le film "Halloween" de sieur John Carpenter, sorti deux ans plus tôt. Sans reprendre le même procédé narratif que celui-ci (la vue à la première personne), la ressemblance est assez frappante puisque nous avons un jeune garçon qui tue à l'arme blanche. L'ambiance est d'ailleurs sensiblement la même, entre joie et terreur.
Alors bien sûr, l'analogie pourrait être vu comme grossière, car des enfants qui tuent, cela est vu et revu.


boogeyman (the)

Mais le film multiplie les références et, les détails s'accumulant, on ne peut que remarquer qu'Ulli Lommel pille allègrement tout ce qui se fait de plus connu en matière d'horreur : la maison ressemble singulièrement à celle d'"Amityville", plusieurs scènes copient "L'Exorciste", etc.
Cette absence de créativité se retrouve dans le scénario, l'histoire du miroir servant de prétexte à plusieurs scénettes, plus particulièrement dans la seconde moitié du film.
Car quelques morceaux du miroir cassé se dissémineront, et les meurtres surnaturels toucheront des personnages... totalement inconnus. De fait, si les meurtres sont amusants, ces personnages qui n'apparaissent que pour mourir dans les minutes suivantes ajoutent à l'aspect "patchwork gigantesque" que donne le film.
Loin de transformer "The Boogeyman" en film à sketches (ce qui aurait pu être une bonne idée), l'impression d'éparpillement s'alourdit.


spectre

Cependant, et malgré tous ces défauts, "The Boogeyman" n'est pas une de ces daubes indigestes sans saveur aucune...
La réalisation, bien que parfois un peu prétentieuse, est relativement correcte, et quelques idées sympathiques viennent égayer la relative monotonie créative du film. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut voir un slasher surnaturel, ou le tueur en série est un fantôme !
Le rythme est plutôt lent, mais les meurtres de la seconde partie sont relativement amusants et l'attention est maintenue, bon an mal an, tout au long du film.
Le final, quant à lui, sombre dans un grand n'importe quoi hilarant, et vaut son pesant d'or.
Ajoutons à cela un casting de joyeux débutants qui mettent du coeur à l'ouvrage, et ça se voit, sans réellement parvenir à convaincre non plus.
Enfin, John Carradine apparaît en psychiatre usé, insignifiant, mais il apparaît quand même.


boogeyman (the)

Bref, "The Boogeyman" a les qualités de ses défauts : sans faire preuve de grandes qualités esthétiques, narratives, ou créatrices, il est relativement efficace pour peu qu'on n'en attende pas trop. L'idée du miroir qui s'éparpille en se collant aux chaussures ou en tombant de-ci de-là est grossière; mais le reflet scintillant rougeâtre dans celui-ci, et la musique qui l'accompagne (signes annonciateurs d'un meurtre prochain) sont toujours amusants.
Les meurtres, tous plus surnaturels les uns que les autres sont assez plaisants, avec une attention particulière aux deux pauvres amoureux qui se retrouveront poignardés dans un baiser... éternel. On n'est pas loin de la fameuse scène de l'empalement des amants de "Reazione A Catena" de Mario Bava.
Bref, "The Boogeyman" est un petit film, et doit être considéré comme tel. Un petit film amusant quand on connaît ses références, avec quelques idées distrayantes au milieu d'un plagiat qui vire au capharnaüm, tant les genres se mélangent.
Les amateurs de ces bonnes vieilles années 70/80 seront ravis de voir ce petit slasher paranormal, les fans de films plus récents et de rythme endiablé devront passer leur chemin.


maht

Affiche(s)

jaquetteposteraffiche