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dead of night

dead of night
Aka: le mort-vivant, soif de sang, deathdream, night walk, the night andy came home, the veteran, whispers

dead of night

Toute la famille Brooks se demande ce qui est arrivé à Andy, parti au Vietnam et qui depuis quelques temps n'a plus donné de nouvelle. Alors qu'ils mangent un soir tous ensemble, le père, la mère et la soeur d'Andy reçoivent une nouvelle dramatique: Andy s'est fait tuer.
La mère n'arrive pas à y croire.
Et elle a raison puisque le soir même, en plein milieu de la nuit, Andy revient. Il réapparaît assez mystérieusement dans la maison, alors que tout le monde croit à un cambriolage.
C'est la joie dans la famille Brooks, et tout le monde essaye de reconstruire là où tout s'était arrêté, quand Andy était encore là.
Mais tout n'est plus comme avant : Andy est assez distant, froid, il passe la majeure partie de son temps dans le noir, assis dans un rocking-chair. Pire : il sort la nuit, et tue.


le mort-vivant

Quand on regarde les premiers pas de Bob Clark dans le cinéma, on tombe sur deux films bien étranges et totalement différents : "Children Shouldn't Play With Dead Things" réalisé deux ans avant "Dead Of Night" et "Black Christmas", sorti la même année.
Un monde sépare ces deux films, aussi peut-on légitimement se poser des questions sur la qualité de "Dead Of Night" avant le visionnage.
Pourtant, sous ses airs de ne pas en toucher, ce petit film regorge de qualités.
Ce qui aurait pu être un drame simple d'une famille déchirée par la guerre vire ici à l'horreur. Car Andy, si mystérieusement revenu dans sa famille pour une raison inexpliquée mais sans doute liée à sa mère, est véritablement mort : il n'a pas juste changé mentalement ! Son corps pourrit littéralement, et pour pouvoir continuer à vivre, il devra tuer pour se faire un fix de sang bien frais !


dead of night

En filigrane, "Dead Of Night" nous parle de la guerre du Vietnam ou plutôt de ces soldats qui en reviennent métamorphosés, comme vidés, perturbés par les horreurs qu'ils ont vues ou commises, parfois accros à la drogue. Et comment ces êtres devenus des personnes différentes peuvent déchirer un tissu familial auparavant solide. L'ancien Andy est mort, c'est maintenant un autre homme, alors pourquoi ne serait-il pas un de ces zombies ? Le choix du mort-vivant en tant que métaphore fonctionne à merveille pour signifier le vide qui hante Andy, son absence de volonté, d'humanité.
Retenons d'ailleurs l'interprétation de Richard Backus qui rend ce personnage particulièrement froid, étranger et inquiétant, ce qui ne doit pas être si facile.
D'ailleurs, l'ensemble de l'interprétation est à la hauteur, et notamment le père qui tombe dans l'alcoolisme, interprété par John Marley : lui qu'on a plutôt l'habitude de voir dans des seconds rôles anonymes comme dans "The Car" ou "It Lives Again".


le mort-vivant

La réalisation est d'assez bonne facture et l'ensemble du film baigne dans une atmosphère assez froide, distanciée. Il règne d'ailleurs une sorte de climat british (jusque dans le choix des acteurs) qui rappelle certains films de Norman J. Warren ou le superbe "Vampyres" de José Ramón Larraz (Ne vous fiez pas à la note de Bloodyjane !). Le film est d'ailleurs une co-production americano-canadienno-anglaise. Est-ce que cela a influencé la réalisation ? Mystère ! En tout cas, on ne peut pas nier qu'un climat assez étrange pèse sur "Dead Of Night".
L'ensemble du film est peu gore, et si on entr'aperçoit un ou deux meurtres, l'ensemble est relativement soft. Pourtant, vers la fin, "Le Mort Vivant" vire totalement dans l'horreur, alors que même les fixs de sang frais ne font plus effet sur Andy.
Les effets spéciaux, consistant uniquement en un maquillage, fonctionnent à merveille, et le zombie est de très bonne facture. Chapeau bas à Tom Savini, le fameux Blades de "Dawn of the Dead" qui a ici réalisé les maquillages, comme c'est le cas dans pas mal d'autres films d'horreur d'ailleurs.


dead of night

Bref, sous un aspect froid et avec un rythme relativement lent, "Dead of Night" marque au but et s'en sort avec les honneurs.
Regardable aussi bien en tant que film d'horreur que comme brûlot anti-militariste sur ce que la guerre change en l'Homme, il serait à classer auprès de ces films d'horreurs qui se servent d'une histoire simple pour raconter pas mal de chose, à l'instar d'un certain "Dawn of The Dead".
Assez rapidement, on est emporté par le film, son message et une réalisation assez réussie couplés à une interprétation véritablement à la hauteur.
Bref, Si Bob Clark n'était pas très convaincant avec "Children Shouldn't Play With Dead Things", il fait ici carton plein. Bravo monsieur Clark.


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