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alice in acidland

alice in acidland
Aka: alice goes to acidland

alice in acidland

Alice est une jeune fille de bonne morale, tout à fait commune, qui se fait un jour inviter par Frida à une petite 'sauterie' au bord de la piscine.
Là, elle découvre quelques charmants garçons ainsi que les méfaits de l'alcool. Ivre après quelques verres, Frida lui propose de venir prendre un bain, et la jeune fille abusée par les vapeurs éthyliques, se laisse aller à des débordements homosexuels.
C'est le début de la spirale irrémédiable qui amènera Alice à devenir une hippie insubordonnée, amatrice de drogues de plus en plus dures et du culte de Sappho.


alice goes to acidland

S'il est une effigie que j'apprécie particulièrement dans le cinéma, c'est bien le hippie. Particulièrement quand cet être affable et amateur d'agriculture bio est détourné en monstre sanguinaire, accro au LSD et autres drogues aux noms exotiques.
On retrouve ce personnage attachant dans quelques films d'horreur des années 70, parmi lesquels je ne saurais que vous conseiller "I Drink Your Blood".
Mais il fut aussi le sujet de bons nombres de films à la fin des années 60, détaillants par le menu les ravages de la drogue sur nos chères têtes blondes. Dans un but préventif, bien sûr !
Ce type de films, souvent plus ou moins institutionnels, était sensé vous éloigner de la marie-jane, de la mescaline et autres amphétamines.


alice in acidland

Quoi qu'il en soit, s'il y eu bon nombre de "Drug Scare Films" insipides et sans intérêt, quelques réalisateurs en firent une exploitation sinueuse où le discours moral s'écroule sous les coups de boutoirs d'une scénographie pour le moins évocatrice.
"Alice In Acidland" fait parti de ceux là. Sous prétexte de dénoncer la drogue par un discours assez manichéen, les images, elles, donnent plutôt envie de s'adonner aux plaisirs exotiques.
Car, mesdames et messieurs, la drogue fait rire ! Et permet de faire des rencontres charnelles agréables aux bord de piscines où quelques frêles naïades batifolent et s'ébrouent.
"Alice In Acidland" est donc un pur film d'exploitation, naviguant entre un érotisme softcore assez plaisant, et un drug movie. Plus Alice prendra de drogue (commençant par l'alcool, la cigarette puis la marijuana et enfin le LSD), plus elle s'enfoncera dans des relations impies avec plusieurs partenaire, souvent de même sexe d'ailleurs. Tout ça pour aboutir à un bad trip psychédélique sous LSD, où elle assouvira ses fantasmes homosexuels avant de sombrer dans la folie.


alice goes to acidland

Le film est assez court: à peine une heure. D'ailleurs avec un scénario pareil, dur de faire plus long. D'autant que la totalité du film est narré par une voix off ( le "Père La Morale" sans doute) qui nous explique comment Alice est passé d'ange à Succube. De-ci, de là, Alice nous explique son ressenti (en voix off également).
Niveau réalisation, dur de faire plus amateur. Le montage est coupé à la hache, le cadrage est soporifique, et les plans longuets. Tant et si bien que les quelques scènes que composent le film semblent à chaque fois s'éterniser. La musique, elle, est agréable sans être révolutionnaire, et semble être de la musique au kilomètre.
Du point de vue des acteurs, c'est encore pire : Alice a l'air d'être un peu paumée devant la caméra, les autres personnages sont relativement peu existant et tout cela fleure bon l'amateurisme.


alice in acidland

Pourtant, malgré toute cette approximation, on ressort relativement ravi d'"Alice In Acidland". D'abord par la candeur toute particulière qui en émane, un petit supplément d'âme indescriptible.
Ainsi, les scènes de sexe sont joyeuses, assez loin de l'érotisme et de la pornographie actuelle, si sérieuse, minutée, chronométrée, huilée. Là, tout le monde s'amuse; ici un bourrelet; là un sein diaphane; et là encore un baiser chaste entre deux femmes.
Bref, on en voit moins que dans n'importe quel film actuel. Les corps s'enlacent, et on assiste, mine de rien, à des scènes qui finalement attirent l'oeil.
Ensuite, parce que les vingt dernières minutes laissent place à un délire psychédélique en couleur (alors que le reste du film est en noir et blanc) sur fond de free jazz. Effet de lumière, corps nus, images stroboscopiques... sans être révolutionnaire, le bad trip d'Alice est plaisant à regarder. Parallèlement, le drame s'installe, replongeant le "Alice in Acidland" dans le "drug scare film" : eh oui, la drogue peut tuer, les enfants !
Pourtant, il faudra réserver "Alice in Acidland" aux vrais amateurs de cinéma bis, qui sauront déterrer le charme vieillot parmi les longues minutes de scènes d'embrassades goulues où n'apparaissent majoritairement que des tétons et très peu de poils. Mais cela reste finalement amusant !


maht

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