* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

chocolate

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En voyant la bande annonce de "Chocolate" on se dit deux choses : c'est trop beau pour être vrai, donc on va avoir droit soit à une 100ème repompe bancale et anesthésiante de "Ong Bak", ou bien à une petite bombe originale supplémentaire dans le ciel étoilé du cinéma d'action Thaï... Zin (Ammara Siripong), une femme travaillant pour la mafia thaïe tombe amoureuse d'un Yakuza nommé Masahi (Hiroshi Abe). N'appréciant pas vraiment cette histoire d'amour, No8 le boss de Zin décide de renvoyer Masahi au Japon. Quelques temps plus tard Zin tombe enceinte et décide de partir habiter loin de son boss pour des raisons de sécurité. La petite Zen (Yanin Vismistananda) va alors naître, mais très rapidement sa mère va se rendre compte que son enfant souffre d'autisme. Zen, plus que jamais seule et prenant de l'âge, décide par lettre, de mettre au courant Masahi qu'il a une fille. Seulement No8 réussit à mettre la main sur ces lettres de correspondance et finit par aller rendre visite à Zin, en lui faisant, en guise d'avertissement, une blessure au couteau. Zin décide alors de déménager avec Zen dans une maison discrète collée à une école de Muay Thai.


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En raison de son autisme, Zen communique très difficilement avec l'extérieur et reste dans son monde. Et quel monde... elle passe son temps à se goinfrer de cacahuètes enrobées de chocolat en matant des films d'art martiaux, et quand elle sort prendre l'air sur la terrasse, c'est pour observer pendant des heures les garçons qui s'entraînent dans l'école de Muay Thai juste en face de chez elle.
Elle devient alors petit à petit, un véritable prodige des arts martiaux, une machine à combattre aux réflexes et automatismes incroyablement efficaces ! Mais un jour sa mère tombe gravement malade d'un cancer, sa santé se détériore peu à peu et l'argent nécessaire à la soigner commence à manquer. Zen, à moitié dépressive, va alors décider de récupérer par elle-même l'argent des dettes que certain mafieux doivent à sa mère depuis des années...


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"Chocolate" dans ses 15 premières minutes, se présente comme un film d'action banal et donne l'impression d'un air de déjà-vu au niveau du scénario, de l'allure des personnages, des plans... mais très vite lorsque la petite Zen commence à nous faire quelques démonstrations de ses réflexes martiaux, Prachya Pinkaew nous fait comprendre clairement que le film va être prometteur en terme d'action et de rebondissements !
Tout d'abord, au niveau action, Yanin Vismistananda nous offre une performance athlétique qui marquera certainement les esprits. En effet, pour son âge cette actrice hors du commun réussit à crever littéralement l'écran par son style martial implacable et ses cascades qui ne surpassent pas celles de Tony Jaa, mais qui reste dans le même registre. Car Yanin engloutit et accumule les combats de manière magistrale, les uns après les autres.
D'ailleurs, ce qui frappe d'emblée c'est l'originalité des chorégraphies et des techniques d'attaques qui ne vont pas sans rappeler le style martial Thaïlandais : j'ai nommé Muay Thai Chaiya.
En dehors des combats, les cascades sont, elles aussi, appréciables et font froid dans le dos : je pense notamment à la scène où Yanin, pour esquiver une palette en bois qu'un adversaire lui lance, arrive à se glisser à genoux sous une table basse, en se penchant tellement en arrière qu'elle en arrive à frôler le sol avec son dos.


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Enfin, bien que le jeu des acteurs en général n'ait rien d'exceptionnel pour un film du genre, Yanin rattrape largement le tout par l'interprétation brillante de son personnage. Évidemment, son script se résume à 2 ou 3 mots, mais elle arrive à transmettre des émotions diverses, allant de la solitude la plus totale à la peine, en passant par la haine. Les autres acteurs quant à eux, nous offrent une interprétation correcte, sans plus ( je pense notamment à Hiroshi Abe qui, disons le franchement, aurait pu mieux faire) à l'exception peut-être de Ammara Siripong. Car Zin, le personnage qu'elle interprète, nous touche par la chute sociale et psychologique qu'elle endure : cette mafieuse déchue, qui demeure avant tout une mère atteinte par un cancer et seule avec son enfant autiste, résistera et se battra jusque à la fin pour sauver son honneur et celui de sa fille.
A propos de fin, on a droit à une scène dont le décor et les costumes sont largement inspirés par "Kill Bill 1", avec un affrontement splendide et pour le moins original entre Zen et un combattant lui aussi autiste - qui a probablement regardé un peu trop de Break Dance à la télévision.


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Loin de marquer l'histoire du film d'action thaï et loin d'apporter un renouveau réel dans le genre, "Chocolate" possède un grand nombre de points forts et d'originalités qui en font un film d'action à part entière. On appréciera donc le côté bastons-gagnées-d'avance, avec des cascades et des chorégraphies assurées avec brio par la performance artistique de Yanin Visimistananda.
Cela dit, malgré un concept original, on regrettera certainement le manque d'ambition de Prachya Pinkaew au niveau du développement de l'intrigue et du concept, ainsi que quelques maladresses au niveau des prises de vues lors des combats pourtant orchestrés par le grand Panna Rittikrai. Quel dommage, car c'est ce qui aurait pu rendre "Chocolate" cultissime.
Quoi qu'il en soit, il reste de ce film de nombreux points positifs, avec des moments touchants, des situations euphoriques, des combats bien réalisés dans l'ensemble et enfin une fillette autiste fan de cacahuètes enrobées de chocolat, qui à force de trop regarder Bruce Lee à la télé finit par tout casser sur son passage !


benhoa

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