* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

white dog

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Aka: dressé pour tuer

white dog

Une nuit, alors qu'elle rentrait chez elle, Julie Sawyer renverse un animal. Lorsqu'elle descend de la voiture, elle aperçoit un gros chien blanc étendu sur le sol, encore en vie.
Elle décide alors de l'emmener chez le vétérinaire. Celui-ci le soigne, lui fait payer la note, et lui fait comprendre que si elle le met au refuge, il sera euthanasié rapidement. Elle décide donc de laisser sa chance à l'animal. Elle placarde des affiches avec la photo du chien un peu partout et compte garder le chien jusqu'à ce que son maître vienne le chercher.
Finalement, Julie a bien eu raison de garder le toutou chez elle, car un soir, un brigand rentre chez elle et tente de la violer. Lorsque le chien se rend compte qu'on agresse sa nouvelle maîtresse, il réagit et se jette sur l'agresseur.
Julie, reconnaissante, se dit que finalement elle pourrait garder ce nouveau compagnon, d'autant qu'elle commence à l'apprécier...
Elle est loin de s'imaginer que celui ci n'est pas un animal comme les autres, qu'elle possède une arme des plus redoutable : un chien dressé pour tuer, un chien particulier élevé par des êtres infâmes et sans valeur dans un but bien précis...


dressé pour tuer

Le sujet est intéressant. Le traitement l'est un peu moins.
Et bien oui, évoquer plusieurs questions philosophiques, comme le racisme, l'espoir d'éradiquer définitivement le mal au travers d'un animal est pour le moins original.
Ce chien, blanc, couleur de pureté est en fait le reflet de la méchanceté de l'être humain. Le dresseur que rencontre Julie cherche à rééduquer l'animal, à lui désapprendre les valeurs inculquées dans son enfance...
Le film soulève des questions que l'homme se pose depuis des lustres, peut on changer le cours des choses ? L'être qui a été élevé dans la haine peut il être rééduqué ? Est-ce une utopie de changer le cours des choses ? De penser pouvoir éradiquer le racisme ? De faire disparaître le mal de cette planète ?
De telles questions, inspirées par la littérature, trouvent difficilement leurs places dans une production cinématographique d'une heure trente. Il faut un sacré génie pour ne pas tomber dans le mélodrame.


white dog

Outre le fait de soulever ces questions existentielles et quelque peu déterministes, le film surfe également sur les bons sentiments. En gros : quand cessera-t-on de se servir de ces pauvres animaux pour laisser libre cours à nos plus bas instincts ? Qui de l'homme ou de l'animal est le plus bestial ?
Et c'est là où le bas blesse... ce traitement larmoyant, certes, en touche plus d'un, mais il est tellement "facile"...
La fin (et ses rebondissements quelque peu excessifs) est donc très décevante à mon goût. Elle scelle définitivement le caractère pleurnichard et grotesque de l'histoire .
Et même le thème musical récurrent, composé par Ennio Morricone (celui-ci nous a habitué à mieux), ne rattrape pas le tout. Au contraire, il revient en leitmotif à chaque "séquence émotion" et finit par rendre l'ensemble pathétique et agaçant.
Ainsi le parti pris de s'attendrir sur ce pauvre animal, et je dirais même le parti pris 'tout court', dessert la réalisation. L'engagement excessif ainsi que le tartinage de bons sentiments laissent un arrière goût de superficiel.
Je déteste me faire accompagner de la sorte, d'être pris par la main pour me montrer le "bon chemin" ou la "bonne pensée".
D'autant plus que cette bonne pensée est, après réflexion, un peu déplacée : n'oublions pas qu'afin de tenter de rééduquer le chien, le dresseur (qui est dans le camp des bons) laisse un cadavre étendu derrière lui et emmène le chien comme si de rien n'était... se faisant complice.
Bref, tout ceci est quelque peu manichéen.


dressé pour tuer

Ceci dit, si on met de côté l'aspect "intellectuel" du film, "White dog" se regarde facilement et reste somme toute agréable.
On se régale devant la qualité des scènes d'attaques, qui sont tout simplement exceptionnelles de par la qualité du dressage du chien acteur.
Ce "tueur" agressif, impressionnant, les crocs relevés et la bave aux babines, est criant de vérité.
Le rythme est assez soutenu pour ne pas laisser l'ennui s'installer, les acteurs jouent plutôt bien, et l'ensemble est correctement réalisé, même si le film a un peu vieilli et respire encore les années 80.
Quelques scènes "tirées par les cheveux" viennent ça et là égayer l'humeur du spectateur, nous montrant comment le toutou à sa mèmère est un chien intelligent. En effet, il comprend les conversations des humains et évite ainsi de passer le grillage en se faisant électrocuter. Il est aussi doté de sentiments humains, et va jusqu'à lever le museau sur une icône religieuse représentant le bon Noé et ses animaux après avoir tué un homme dans l'église.
Mais quel peut bien être son sentiment à cet instant ? Mépris ? Ou culpabilité ?


white dog

Ainsi, je suis un peu partagée après avoir visionné "Dressé Pour Tuer".
Certes, le sujet est plutôt original et difficile à traiter d'un point de vue cinématographique, mais le réalisateur s'est, à mon sens, perdu dans le 'pathos'.
"White Dog" manque cruellement de réflexion, et malgré la qualité des acteurs (le chien compris), la présence sonore d'Ennio Morricone, le budget conséquent et la volonté de bien faire de l'équipe, il reste sans profondeur et d'une qualité moindre.
Le film n'est pas à la hauteur de ses aspirations.
Ceci dit, "Dressé Pour Tuer" par certains côtés peut tout à fait vous faire passer un moment sympathique, si vous n'êtes pas trop exigent et si vous n'attendez pas trop de lui.


bloodyjane

Affiche(s)

jaquette