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nude per l'assassino

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Aka: nue pour l'assassin, strip nude for your killer, assassino per fotomodelle

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Que se passe-t-il à l'agence de mannequin milanaise Albatros? Ses employé(e)s et même ses dirigeants se font horriblement assassinés les uns après les autres. D'ailleurs personne ne mène vraiment l'enquête, car tout le monde s'en fiche un peu, occupés qu'ils sont par leurs appétits sexuels. Et la police, quant à elle, comme à son habitude, est parfaitement incapable. Mais, qu'on se rassure, les choses se démêleront tant bien que mal après plusieurs joyeuses victimes, lesquelles, dans un sens, le méritaient bien, étant donné le degré de dépravation qu'elles avaient atteint.


nue pour l'assassin

Le résumé du film que je viens de donner, d'une neutralité et d'une précision exemplaires, peut déjà laisser transparaître quelques éléments du film; j'ai aimé ceux-ci, alors je vais les détailler un peu. Le film est assez connu alors je ne vais pas perdre de temps pour vous dire que les meurtres sont bien fichus, que les actrices (mais aussi l'acteur principal, baiseur patenté) sont terriblement bien foutues, qu'elles sont de vraies femmes (pas du tout des mannequins!) qui respirent le sexe (le vrai) - on en a d'ailleurs pour tous les goûts: sexualité classique, homos, lesbiennes, voyeurs, et même dans le détail on a le droit explicitement à la fellation, la sodomie, etc etc - et surtout Edwige, etc etc.
Je ne vais pas m'attarder sur le fait que le meurtre de Lucia (Femi Benussi) a lieu après qu'on ait vu Icelle, toute nue (pire! avec uniquement des chaussures rouges à talons, la gourgandine!) se promener en long et en large dans un appartement. Je vais encore moins m'étendre dans la basse et vile vulgarité pour vous dire que ce film est un bon mélange parce qu'on a un peu de tripaille sanguinolente, un assassin bien senti, un peu d'érotisme, du sulfureux croustillant (la relations incestueuse suggérée entre je dis pas qui et je dis pas qui pour ne pas ruiner le suspense giallesque à celui qui n'aurait pas vu le film), et même un peu d'humour sympathique pour détendre l'atmosphère.
On a donc, pour le même prix, un photographe baiseur, un cochon impuissant (j'y reviendrai), des jeunes femmes le plus souvent à poils (je crois même, mais je peux me tromper, qu'on ne voit jamais Femi Benussi habillée) et qui sont maltraitées, même verbalement humiliées: " Ça te plaît, hein! Petite salope ", et " Magda, tu pus comme un marin bourré! ", j'y peux rien ce sont les véritables répliques (du moins pour la v.f.).
À présent je vous annonce que je vais décerner (et m'en justifier dans les deux prochains paragraphes) deux mentions spéciales: l'une pour le personnage du gros libidineux et l'autre pour le génial dialoguiste du film.


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D'un point de vue filmique d'abord, le gros dégueulasse (Franco Diogène qui, soit dit en passant, n'est pas n'importe qui, il suffit de jeter un coup d'oeil à sa filmo) occupe une place importante. En effet il est le double inversé d'un autre personnage de la scène dont je parlais plus haut, c'est-à-dire le meurtre de Lucia après une promenade à poils dans l'appartement. Lui aussi, de façon parallèle se retrouve en slip chez lui, donc nu pour ainsi dire (je crois que c'est le même intérieur que là où Lucia se fait tuer, ce qui n'est pas normal du point de vue de l'histoire, mais génial du point de vue de l'image), en train d'errer pauvrement avant de se faire tuer. On a donc une belle opposition, un beau contraste, quelque chose que je trouve très réjouissant d'un point de vue purement visuel.
Ensuite, il y a la scène durant laquelle notre immonde obèse se prépare à gonfler sa poupée (gonflable, évidemment), après avoir tenté mais en vain de sauter un mannequin. Je trouve l'image vraiment marrante et en même temps d'un pathétique accompli. Et, ce qui va nous rapprocher de la deuxième mention, sa réplique magistrale: " Après maman, tu es la seule femme de ma vie. ", dit-il à sa poupée gonflable. Son rôle de personnage grassement lubrique et impuissant est tout à fait délicieux et d'une plaisante vulgarité. En outre, il faudrait être vraiment aveugle pour croire que ce soit lui l'assassin, vu le physique de ce dernier que l'on devine plutôt mince; mais c'est pas grave, le réalisateur tient quand même à vouloir nous faire croire que c'est quand même peut-être lui, on va pas le taquiner pour si peu. D'ailleurs le film est fait comme ça: on sent très bien que le réalisateur voudrait que l'on croit que c'est tel ou tel personnage qui est l'auteur des meurtres, pour nous perdre. C'est pas grave et cela nous fait perdre de vue l'objet capital de ce paragraphe.


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En ce bas monde, il existe de médiocres dialoguistes, de bons dialoguistes, et de géniaux dialoguistes. Je vous laisse juger par vous-mêmes:
Edwige versus Nino:
-Alors on a fait des folies de son corps cette nuit? (dit-elle)
-Bonjour. (dit-il)
-Tu veux combien de sucres? (dit-elle)
-Une cuillère c'est tout, et un nuage de lait. (dit-il)
-Un nuage de lait? Mais tu as perdu la tête, le lait va tourner dans le café!...Alors tu insistes? (dit-elle)
-Oui j'insiste, je veux un café au lait. (dit-il)
-Froid? (dit-elle)
-Oui froid, très froid. (dit-il)
-Je n'ai plus de lait, (dit-elle en regardant dans son frigo).
-Vu que c'est la première fois, t'es pardonnée chérie, mais la prochaine fois je veux du lait, Magda. Le lait c'est bon pour la santé surtout après une nuit mouvementée.
-Attend une minute! Le livreur est peut-être déjà passé. (dit-elle)
-Vite sinon le café va refroidir. Y'a rien de pire que le café tiède. (dit-il)
...(Nino, nu, fait le poirier pour faire circuler le sang. Je laisse de côté ce qui ne concerne pas directement la joute oratoire concernant le café au lait)...
-Je ne vois pas ce que tu trouves de si délicieux au café au lait, Carlo.
-Mais je l'aime comme ça, c'est une simple question de molécule; c'est une étudiante en physique qui me l'a expliqué...Mais c'est inutile que je t'explique tu n'y comprendrais rien. (dit-il)
-Hummm, il est inutile de faire des études pour savoir si un café est bon ou pas. Le lait dans le café c'est comme l'eau dans le vin, ça gâche tout, c'est tout. (dit-elle d'un ton légèrement péremptoire)
Voilà, un petit matin bien tranquille avec Edwige en ménagère. Les féministes peuvent monter au créneau. Les machos peuvent repasser la scène en boucle. Bref, tout le monde est servi.


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Attention: d'aucuns diront que ce film, et cet auteur, une pauvre traîne-guenille, n'est rien, comparé à un "Six femmes pour l'assassin" de Mario Bava, idem comparé à un Argento, et patati et patata. Et bien, qu'on me traite de pauvre ignorant aveugle qui ne comprend que la vulgarité gratuite, mais je trouve qu'il tient tout à fait le choc, étant donné d'autre part que le film ne se prend pas complètement au sérieux, qu'il est un brin excessif mais certainement tout à fait volontairement. Et puis quoi, Edwige! que diable! Et Nino que l'on voit nu, à l'envers et de dos, ça vous suffit pas?
Pour finir, on peut dire que la scène originelle du film (" l'incipit ", si on préfère) est cradingue comme on les aime et ne fait vraiment sens qu'à la fin du film, bravo!


orribile rene

Affiche(s)

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