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patrick vive ancora

patrick vive ancora
Aka: patrick is still alive

patrick vive ancora

Patrick Herschell sombre dans le coma suite à un accident ballot. Son père, le distingué professeur Herschell, décide d'inviter dans sa clinique un petit groupe de personnes qui vont devenir les victimes de la froide vengeance de Patrick. Comment Patrick, dans le coma, peut-il se venger? A l'aide
d'un pouvoir psychokinésique puissant qu'il a pu développer grâce à son papa. Patrick veut se venger, certes. Mais il veut aussi, d'une certaine manière, profiter de la vie.


patrick is still alive

Il faut bien dire que la première demi-heure du film se réduit à une suite de scènes sans réel intérêt. Pour dire les choses franchement, l'accident de Patrick est ridicule, la présentation de la clinique style manoir est ennuyeuse. On peut aussi regretter la scène (si on peut appeler cela une scène) durant laquelle on fait connaissance avec les deux chiens du domaine. Ils sont censés représenter " les bêtes les plus féroces qui existent ", alors qu'il ne s'agit que de deux Bergers allemands bonasses et parfaitement toilettés. Mais de toute façon c'est pas très grave puisqu'on l'on enchaîne sur une séquence légère autour d'une piscine, avec les habituels petits maillots de bain, des éclats de rire idiots, les plongeons sportifs poilus, les verres d'alcool pour détendre l'atmosphère, etc. Malheureusement, on se dit rapidement que le réalisateur confond film érotique et scène avec des filles à poils pour remplir.
Mais, mais, ouf!, vers la 35ème minute, on réalise enfin ce que peut nous apporter cette version de Patrick: il apparaît que notre héros est carrément vicieux et qu'il veut s'amuser un peu, malgré son état. Étant donné en outre l'apparence physique de celle qui lui a tapé dans l'oeil, on se dit que l'on va peut-être s'amuser un peu. Et si d'autre part notre comateux réveille son imagination revancharde, alors avec un peu de patience les choses peuvent se bien passer.
Mais autre chose d'assez mal fichu peut provoquer le désir de se moquer du film: il y avait certainement une promo alléchante sur les ampoules diffusant une lumière verte dans la supérette proche du lieu de tournage...


patrick vive ancora

Mais, avant d'entrer dans le film, il faut garder à l'esprit qu'il est une séquelle d'un film passionnant, le fameux "Patrick" (1978) de Richard Franklin. "Patrick Vive Ancora" prend souvent le même argument que Patrick, mais lui donne un autre développement. Pour preuve citons au hasard l'usage de la machine à écrire actionnée par le seul pouvoir psychique de Patrick. Dans l'original, cet élément, unique moyen qui reste à Patrick pour pouvoir communiquer réellement avec l'élue de son coeur, est finement utilisé. Dans notre film, cet élément est vite expédié et méprisé. Mario Landi tient à nous proposer un Patrick qui n'a rien à dire, son seul souci est l'action négative à distance. En outre, il ne tombe amoureux de personne, l'élue du coeur devient la cible d'une libido libidineuse. Voilà sans aucun doute une grande preuve d'intelligence dans la façon d'aborder le comateux Patrick.
Mais la grande différence par rapport à l'ouvrage de Franklin est sans doute l'absence totale de sentiments chez Patrick. Il tue brutalement et force celle qui lui plaît à se frotter lascivement aux barreaux de son lit et à se masturber devant lui, sorte d'ersatz d'acte sexuel à distance. Assouvir ses pulsions dominatrices est donc son seul souci. Il use pour cela de son pouvoir de la façon la plus brutale. Pas de sentiment d'amour ni aucune jalousie. Cette dernière passion était au contraire un ressort dramatique chez Franklin. Cependant, afin de nuancer mon propos, dans la version de Franklin il serait quand même faux de dire que Patrick n'a qu'une vue platonique sur l'élue de son coeur.
Il était possible, par ailleurs, de s'attacher et d'éprouver une certaine pitié pour la pauvre condition impuissante du Patrick de Franklin, or avec celui de Mario Landi, cela est impossible: Patrick apparaît largement monstrueux et semble en fin de compte se satisfaire de sa condition, même s'il veut se venger de ceux qui ont été la cause de son coma paradoxal. Dans le même ordre d'idée, aucune tentative en vue de nous faire réfléchir sur les sens n'a lieu, comme c'était le cas dans l'original où l'on comprenait que Patrick avait développé par lui-même un nouveau sens du seul fait de sa condition morbide. On a donc un film tout à fait sans esprit, une simple exposition de meurtres et de scènes dénudées rendue possible à partir d'un prétexte qui devient parfois, il faut le dire, un moyen de facilité chez Mario Landi. Il faut reconnaître pourtant que, pour les âmes basses et viles comme la mienne, on a ce que Franklin refusait de nous donner.


patrick is still alive

Soit. Il reste que le film ne laisse pas complètement indifférent même s'il est facile de repérer les plans médiocres qui parcourent tout le film. On peut aussi regretter la présence de certains montages complètement ratés. Je pense par exemple au moment où un personnage découvre un lapin éventré dans le frigo. Bizarrement, alors que d'autre part le film ne semble pas vouloir nous ménager, dans cette séquence on entend d'abord crier la femme, puis on a le plan sur l'intérieur du frigo. Il eût mieux valu que l'on vît d'abord le lapin et que l'on entendît dans le même temps (ou bien juste après un petit décalage temporel) le cri horrifié de l'actrice. Alors que là, l'effet de surprise passe complètement à la trappe et on a le temps de se faire la réflexion que le lapin à la moutarde peut être excellent quand il est bien préparé (je ne parle même pas du pâté de lapin à l'orange, un pur régal! Si cela tente quelqu'un, je connais une adresse).
Pour autant, il ne faut pas s'imaginer que les meurtres sont tous pauvres visuellement. Au contraire, la plupart sonnent juste et frappent dur. La forte scène au cours de laquelle une victime se fait littéralement embrocher du sexe jusqu'à la bouche est réellement épouvantable. À ce propos, je note que, par-ci par-là, on lit que la femme est tuée par un tisonnier, c'est faux. Il faut être précis car il y a plus qu'une nuance quand on décide de faire mourir son personnage à l'aide d'une broche à méchoui plutôt qu'à l'aide d'un classique tisonnier.
Une autre terrible action à distance de Patrick que je trouve plaisante: celle de la femme qui se fait couper la tête par une vitre électrique d'automobile. D'autant que les prises de vue sont assez intelligentes pour éviter que les faiblesses des effets spéciaux n'apparaissent trop fortement.
Enfin, il vaut la peine de noter le meurtre du puits durant lequel un méchant crochet, lequel se balance et semble caresser le cou avant de le percer violemment, peut faire son petit effet.


patrick vive ancora

Je vous rassure, le sexe est très présent dans le film. Cependant, on peut être étonné d'une chose. Il semble que le film a délibérément voulu qu'aucun personnage ne puisse atteindre un rapport sexuel normal, c'est-à-dire un coït ou quelque chose d'approchant. Tous les personnages sont comme à l'écart les uns des autres, le contact physique n'est donc pas interdit uniquement à Patrick. La frustration est donc de mise et tous les personnages du film ont l'air d'être paralysés ou impuissants chacun à sa manière. La seule pénétration filmée...est celle du meurtre sauvage par embrochement. D'ailleurs, cette malheureuse victime incarnait une femme en quête désespérée d'un rapport sexuel, elle a fini par obtenir une pénétration punitive et définitive.
Le film reste cependant étonnement inégal au point que l'on peut se demander si cela ne cache pas quelque chose, mais quoi? Ça je ne sais pas. La fin de l'ouvrage ne trouve pas de véritable conclusion alors il s'arrête, tout bonnement.


orribile rene

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