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daimajin gyakushu

daimajin gyakushu
Aka: le retour de majin, le combat final de majin, return of daimajin, majin strikes again, return of majin, the return of the giant majin

daimajin gyakushu

Tous les hommes d'un petit village de bûcherons sont partis dans la montagne pour couper du bois avant que l'hiver ne s'installe. Au village, les enfants, les femmes et les vieux mettent la main à la patte en attendant leur retour.
Mais ne revient qu'un homme, presque mort ! Il a juste le temps d'expliquer qu'ils ont tous été capturés par les hommes de mains du seigneur Arakawa, et meurt. Emmenés de force dans la Vallée de l'Enfer ( un terrain volcanique d'où s'échappe continuellement des vapeurs de souffre), les hommes en sont donc réduis à construire une grande bâtisse - une usine - pour créer de la poudre à canon.
Quatre jeunes garçons décident donc de libérer leurs pères et partent en cachette. Mais l'hiver approchant, ils devront prendre le chemin le plus court et le moins surveillé, mais aussi le plus dangereux : la forêt du Majin.


le retour de majin

Ce troisième et dernier opus de la série des "Majin" nous offre donc de suivre le périple de ces jeunes enfants à travers la forêt. Rappel obligatoire, les trois films "Daimajin" furent tournés en même temps, et leur sortie s'étala sur l'année 1966. Si les réalisateurs sont différents (et on le comprend mécaniquement), on retrouve sensiblement la même patte que dans les précédents films : magnifiques décors, réalisation soignée, histoire mêlant le divin et les outrecuidances humaines. Les trois films sont homogènes, la liaison étant faite par Tetsuro Yoshida, le scénariste. Le Majin, dieu vengeur, n'apparaîtra qu'à la fin, comme dans les films précédents.
Rien de bien nouveau donc, sauf qu'ici, le périple des enfants est au coeur de l'histoire. Hostilité de la forêt, hostilité des adultes, et plus particulièrement des trois gardes partis dans la forêt pour trouver le type s'étant enfui précédemment, seront les mamelles de l'aventure.


daimajin gyakushu

De fait, on se rapproche un peu des films d'aventure américain qui ont fait le bonheur de pas mal d'entre nous dans les années 80.
Vous savez, ces films où les héros sont des enfants embarqués dans des histoires fantastiques et périlleuses, mélangeant habilement aventure et humour.
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : vous ne verrez pas "Goonies", mais pour un film de 1966, on peut dire que l'aventure est trépidante, que la trame et les rebondissements sont nombreux, et que quelques pointes d'humour viennent égayer, de-ci de-là, un tableau relativement sombre. Ces quelques détails scénaristiques rendent le film singulièrement plus moderne que les autres, qui suivent des trames plus classiques du cinéma japonais - entre films de samourai et Kaiju Eiga.


le retour de majin

J'ai dit "tableau sombre" quelques lignes plus haut. C'est vrai que le seigneur Arakawa, ou plutôt ses sbires, sont particulièrement méchants : ils n'hésitent pas à jeter les pauvres bûcherons dans des sources chaudes pleines de sulfure, tout en rigolant pendant que les malheureux se débattent avant de mourir brûlés et noyés. Ils n'hésitent pas non plus à tirer sur les enfants avec leurs fusils, alors que les gamins n'ont rien pour se défendre, si ce n'est un arc à flèches minuscule. Efficace, même si cela reste tout de même cantonné à une caricature du truisme "le méchant est méchant".
Mais là où le film reste résolument inscrit dans la tradition dramatique japonaise, c'est bien lors de la scène suivante (à ne pas lire pour ne pas gâcher le plaisir): un des enfants va mourir pendant l'aventure (je vous avais dit de ne pas lire !). Un comble que jamais le cinéma américain "mainstream" ne se permettra, à moins de le faire revivre à la fin par quelques entourloupes.
Matraqué pendant des années de ficelles américaines, votre serviteur s'est laissé berné, attendant désespérément le retour du gosse par une pirouette scénaristique pas piquée des hannetons. Ben non. Il est mort, réellement et bêtement.


daimajin gyakushu

La série des Daimajin n'est certainement pas un chef d'oeuvre du cinéma japonais, et les amateurs de Kaiju Eiga lui préféreront sûrement la série des "Yokai", plus lourds en effet spéciaux et en monstres.
Pourtant, ce troisième opus se singularise par une certaine modernité qui lui donne un ton particulier.
Le film s'éloigne ainsi du cinéma dramatique japonais traditionnel, et mise plus sur l'aventure, un certain humour, et un dieu qui fait toujours autant de dégâts quand il se réveille - ça, ça fait toujours plaisir !
Le soin apporté à l'ensemble rend le film agréable, un cran au dessus des deux précédents.


maht

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