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keep (the)

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Aka: la forteresse noire

keep (the)

Une garnison de nazis arrivent dans un petit village de Roumanie et prennent d'assaut un village où siège une gigantesque forteresse noire. Il ne rencontre aucune résistance, le villageois étant composés essentiellement de paysans vivotants, effrayés par ce que pourrait renfermer la forteresse. Car nul ne sait pourquoi, depuis quand, etc. ce monument est érigé.
Curieux comme des pies (c'est bien connu, les nazis sont toujours sur les bons coups quand il s'agit de force surnaturelle et de mystères mystérieux), les soldats assiègent le bâtiment, et rencontrent le gardien. Celui-ci leur raconte que, si la forteresse a été élevée si colossale et majestueuse, c'est qu'elle est fait pour empêcher quelque chose de sortir, et non d'entrer. Pour preuve, cent huit croix ornent les murs, comme autant de moyen de contenir le mal.
Oui, mais voilà : les soldats voudraient bien ramener un petit souvenir, et, persuadés que les croix ont de la valeur, ils en arrachent une. Trop tard ! Molasar, La Bête, est libérée.


la forteresse noire

D'emblée, on est frappé par l'esthétique léchée du petit village roumain, de la lumière. Tellement... dans l'image que l'on se fait d'un village roumain sous la seconde guerre mondiale !
Ces premières minutes, où l'on suit la progression des nazis vers la forteresse nous dit en substance : "Attention, je ne suis pas un de ces petits films cheaps et sans envergure de seconde zone. Vous allez assister à un film de Cinéma ! Un vrai, avec un travail sur la lumière, un casting au top, et hey.. vous avez entendu ma musique ?"
Eh bien oui, vous assistez à un des premiers films de Mickael Mann. Ce monsieur est d'ailleurs un relativement bon faiseur, même s'il n'a jamais réussi à imprimer son nom dans mon esprit, restant pour moi et à jamais : "celui-qui-a-fait-"Heat"-comment-c'est-déjà-son-nom" ?


keep (the)

Le casting inclut de fameux seconds couteaux de l'époque, comme Scott Glenn, Gabriel Byrne ou Ian McKellen. La lumière est soignée, les cadres et les plans étudiés, les dialogues... pleins de bonne volonté. Une jolie musique de Tangerine Dream (quoi que résolument encrée dans les années 80) sous-tend cet ensemble qui est, ma foi, fort homogène si on ne prend en compte que la réalisation.
Le scénario, quant à lui, est librement inspiré d'un roman de F. Paul Wilson. Il mélange les mythes du vampires à ceux de la bible, mais surtout le bien (qui est bon, car il est gentil) et le mal (qui est mauvais parce qu'il est méchant ).
Le beau héros éthéré, sorte d'ange semi-divin solitaire aux yeux bleu-ciel, devra donc affronter le mal absolu (en plastique pour l'occasion, mais assez bien réalisé) et éviter les pièges de l'amûuuuuuuur terrestre et de la vanité de l'être humain.


la forteresse noire

On a une vague idée, à la fin du film, de ce que voulait faire Mickael Mann avec "The Keep". Un film idéalement à la croisée des genres, mi conte - mi fable - mi fantastique. Une sorte de "2001 l'odyssée de l'espace" en moins intello, avec des méchants nazis dedans. Parler du mal (les nazis, le monstre Molasar), du bien, de l'homme en général, le tout avec des métaphores filées - avec l'intelligence de la simplicité.
L'idée est incontestablement louable, mais ce genre de film ne tient généralement qu'à peu de chose.
C'est fragile un beau film, un film fin et intelligent. Il n'y a pas de technique, il n'y a pas de recette. C'est comme un équilibriste sur une corde raide, il faut être perpétuellement sur le fil, et surtout ne pas tomber.
Le problème de "The Keep", c'est qu'il se casse la gueule à chaque salto. Et alors qu'on espérerait qu'il se contente de traverser le film avec classe, et bien non : il fait des pirouettes, de l'épate, et se casse la figure à chaque fois.


keep (the)

Les moyens données par la production (même si la légende veut que les rapports furent tendus entre Mann et la Paramount) et le savoir faire de Mann sauve ce qui peut être sauvé.
Et on en arrive au dernier point, qui fait couler beaucoup plus d'encre que sur le film en lui même : le film "La Forteresse Noire" est maudit.
Car "The Keep" aurait pu être un grand film. Imaginez ; une histoire pareille, gâchée par des problèmes de tournage, et ensuite massacrée par un montage de la "Paramount". Quel dommage !!!
Croyez moi : moi qui aurait pu être chercheur (si j'avais fait des études scientifiques et si je n'avais pas eu des 2 en chimie toute ma vie) ce film aurait été formidable ! Par contre, en l'état actuel des choses, il ne l'est pas !
Il faut que je relativise : "The Keep" n'est certainement pas un mauvais film. Il a des qualités, surtout techniques, et des faiblesses, surtout scénaristiques. Il se laisse regarder avec un intérêt poli - guère plus.


maht

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